ACTE Ih SCÈNE VL
Vous présentenl en vain leur exemple odieux!
Oui, ïïion fils, c'est vous seul sur qui je me repose, 6i5
Vous seul qu'aux grands desseins que mon cœur se propose
J'ai choisi dès longtemps pour digne compagnon,
L'héritier de mon sceptre, et surtout de mon nom.
Pharnace, en ce moment, et ma flamme offensée
Ne peuvent pas tout seuls occuper ma pensée. 620
D'un voyage important les soins et les apprêts,
Mes vaisseaux qu'à partir il faut tenir tout prêts,
Mes soldats dont je veux tenter la complaisance,
Dans ce même moment demandent ma présence.
Vous cependant ici veillez pour mon repos ; 626
D'un rival insolent arrêtez les complots.
Ne quittez point la Reine; et s'il se peut, vous-même.
Rendez-la moins contraire aux vœux d'un roi qui l'aime.
Détournez-la, mon fils, d'un choix injurieux
Juge sans intérêt, vous la convaincrez mieux, 63o
En un mot, c'est assez éprouver ma foiblesse :
Qu'elle ne pousse point cette même tendresse,
Que sais-je? à des fureurs dont mon cœur outragé
Ne se repentiroît qu'après s'être vengé 2.