‹ ThéaÌ‚tre choisi de RacineChapitre 295 sur 456 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

ESTIIER, MARDOGIÏÉE, ÉLISE, le Chœur.

el profane en ce lieu s'o^e avancer vers nous? i55 le vois-je? Mardochée*? 0 mon père, est-ce vous? ange du Seigneur, sous son aile sacrée, ionc conduit vos pas et caché votre entrée? is d'où vient cet air sombre, et ce cilice affreux, cette cendre enfin ^ qui couvre vos cheveux? i6(. e nous annoncez-vous?

. L'étonnement d'Estlier dispense le spectateur de s'étonner, f ve adroitement l'invraiseinhlance en la signalant. . Quœ cum audisset Mnrdochxjis, scidit uestiTtielita sua, et indutr sacco. apargens cinerem capiti. {Estki'ï\ IV, 1.) « Ayant entend a, Mardochée déchira ses vêtements, e se revêtit d'un sac, répandar la cendre sur sa tête. Mais, dans la Bible, Alardoclice ne pénètj i jusqu'à Esther : Non enim erat licilum indutam sacco auLam Heg rare.. Et vestern inisii (Esther), ut ah Lato sacco induerent eum^ quat ipere noluU... {Lbid.^ iV, 2, 4.) « On ne pouvait entrer dans le paiai

m ËStHER.

MARDOCHÉE

0 Reine infortunée!

0 d'un peuple innocent barbare destinée ! Lisez, lisez l'arrêt détestable, cruel.

Nous sommes tous perdus, et c'est fait d'Israël.

ESTHER

Juste ciell tout mon sarlg dans mes veines se glace *1 it

MARDOCHÉE

On doit de tous ks Juifs exterminer la race.

Au sanguinaire Aman nous sommes tous livrés.

Les glaives, les couteaux sont déjà préparés.

Toute la nation à la fois est proscrite.

Aman, l'impie Aman, race d'Amalécite 2, r

A pour ce coup funeste armé tout son crédit ;

Et le Roi, trop crédule, a signé cet édit.

Prévenu contre nous par cette bouche impure.

Il nous croit en horreur à toute la naturel

vêtu d'un sac... Esther lui envoya une robe pour qu'il ôtât le sac s'en revêtît : il ne voulut pas la revêtir. « Esther et Mardochee co muniquent par Teunuque Athach. - Racine a reculé devant le sac, et remplacé par le cilice, qu'on lui a reproché comme un anachronistr

1 Ce vers se trouve déjà dans Phèdre, acte I, se. m, vers 2/0.

2 Race d'Amalécite, fils, enfant, qui est du sang de, comme le la vroles Corneille et Malherbe ont employé le mot comme Racme. Aman était-il Amalécite, comme le dit Josèphe? ou Macedonie comme traduisent les Septante? ou Médo-Perse, comme le pense M. C pert9 Cela importe peu pour la tragédie. Le Livre d'Esther dit • filii Amadathi, qui erat de stirpe Agag, « fils d'Amadath, de la ra d'A^ag » {Esther, 111, 1). Or Agag était le nom du roi des Amaleci qui° tomba vivant aux mains de Saùl et que celui-ci épargna corlt l'ordre de Dieu. Cela suffît, avec Josèphe, pour justifier Racme.

3. A toute la nature. La lettre du roi envoyée par Aman aux gouvç neurs des provinces porte : Videntes unam gentem rebeMm ùdvers Qtnne hominum genus perversis uti legibus. {Esther, XIII, 5.) « voya une seule nation rebelle s'opposer à tout le genre humain et suiv des iois criminelles, v

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