ACTE II, SCÈNE VIII
Dieu, notre Dieu sans doute a versé dans son cœur 725 Cet esprit de douceur*.
LE CHŒUR chante.
Dieu, notre Dieu sans doute a versé dans son cœur Cet esprit de douceur.
LA MÊME ISRAÉLITE chante.
Tel qu'un ruisseau docile Dbéit à la main qui détourne son cours, 780 Et laissant de ses eaux partager le secours,
Va rendre tout un champ fertile, Dieu, de nos volontés arbitre souverain,
Le cœur des rois est ainsi dans ta main*.
ÉLISE
ihl que je crains, mes sœurs, les funestes nuages 735
Qui de ce prince obscurcissent les yeux ! ]omme il est aveuglé du culte de ses Dieux !
UNE DES ISRAÉLITES
[1 n'atteste jamais que leurs noms odieux.
1. Convertitque Deus spiriium Régis in mansuetudinem. {Esther^ XV, il.) Cf. le vers 610 et la note.
2. Cette stance est la paraphrase d'un passage des Proverbes (XXI, i), ;ité plus haut au vers 67. H y a de plus dans la comparaison un jouvenir de Virgile :
J)einde satis fluvium inducit rivosque sequentes^ Et, cum exusius ager morientihus asstuat herbis^ Ecce supercilîo clivosi tramitis undam Elicit : illa cadens raucum per levia murmur Saxa ciet, scntebrisque arentia tempérât arva.
{Géorgiqiies, ï, 106-110.)
« Puis il dérive dans son champ les eaux docîleS de la rivière, et quand es herbes meurent sur la terre embrasée, voici que du haut d'un ^anal incliné il fait jaillir l'eau : elle tombe sur les cailloux polis, a\ea m bruit sonore, et ses cascades rafraîchissent le champ desséchée »
ESTHER
UNE AUTRE
Aux feux inanimés dont se parent les deux
Il rend de profanes hommages. 74<
UNE AUTKE.
Tout son palais est plein de leurs images.
LE CHŒUR chante.
Malheureux! vous quittez le maître des humains Pour adorer l'ouvrage de vos mains*!
UNE israe'lite chante.
Dieu d'Israël, dissipe enfin cette ombre. Des larmes de tes saints quand seras-tu touché? 745
Quand sera le voile arraché* Qui sur tout l'univers jette une nuit si sombre? Dieu d'Israël dissipe enfin cette ombre : Jusqu'à quand seras-tu caché?