SCÈNE IX LE CHŒUR
UîïE DES FILLES DU CHŒUR.
Quel astre à nos yeux vient de. luire ? luel sera quelque jour cet enfant merveilleux 2? Il brave le faste orgueilleux.
Et ne se laisse point séduire ^ A tous ses attraits périlleux. 755
UNE AUTRE
Pendant que du dieu d'Athalie
Chacun court encenser l'autel,
Un enfant courageux publie
Que Dieu lai seul est éternel,
Et parle comme un autre ÉHe 7^^
Devant cette autre Jézabel.
UNE AUTRE
!ui nous révélera ta naissance secrète ^
her enfant? Es-tu fils de quelque saint prophète?
1 Cf. vers 155. Mais la troisième heure, a-t-on fait observer, n'estlle pas passée, puisque l'on voit au commencement de cet acte les Hères commencées et troublées par Athalie? Racine ne s'en est pas visé, ou bien il indique ici un nouveau rendez-vous.
2. Quis, putas.puer isix> erii ? [St Luc, I, 66.) « Quel sera, selon vous, et enfant? » • *
5. Gcneration&m ejus guis enarrabit? (/sftïe, 51, 8.) « Qui racontera a naissance? »
ATHALIE
lOl
UNE AUTRE
Ainsi l'on vit l'aimable Samuel Croître à l'ombre du tabernacle.
11 devint des Hébreux l'espérance et l'oracle. Puisses-tu, comme lui, consoler Israël !
UNE AUTRE cUante.
0 bienheureux mille fois L'enfant que le Seigneur aime, Qui de bonne heure entend sa voix, Et que ce Dieu daigne instruire lui-même ! Loin du monde élevé, de tous les dons des cieux Il est orné dès sa naissance*; Et du méchant l'abord contagieux iS'altère point son innocence.
TOUT LE CHŒUR
Heureuse, heureuse l'enfance Que le Seigneur instruit et prend sous sa défense î
LA MÊME VOIX, seule.
Tel en un secret vallon, Sur le bord d'une onde pure, Croît à l'abri de l'aquilon, Un jeune hs, l'amour de la nature 2.
1. Beatus homo quem iu erudieris, Domine, et de lege tua docue eum. (Ps., 93, 12.) « Heureux l'homme que tu as instruit, Seigneur nourri de ta loi. »