‹ ThéaÌ‚tre choisi de RacineChapitre 397 sur 456 · ACTE 111, SCÈNE Ilî · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈNE Ilî

U peur d'un vain remords trouble cette grande âme :

Elle flotte, elle hésite; en un mot, elle est femme.

J'avois tantôt rempli d'amertume et de fiel

Son cœur déjti saisi des menaces du ciel.

.Ile-même, à mes soins contiant sa yengeance,

i'avoit dit d'assembler sa garde en diligence; «^o

Mais soit que cet enfant devant elle amené,

De ses parents, dit-on, rebut infortuné.

Eût d'un songe effrayant diminué l'alarme,

Soit qu'elle eût même en lui yu je ne sais quel charme

J'ai trouvé son courroux chancelant, incertain,

Et déjà remettant sa vengeance à demain.

Tous 'ses projets sembloient l'un l'autre se détruire.

(( Du sort de cet enfant je me suis fait instruire,

Ai-ie dit. On commence à vanter ses aieux ;

Joad de temps en temps le montre aux factieux, «90

Le fait attendre aux Juifs, comme un autre Moïse,

Et d'oracles menteurs s'appuie et s'autorise. ))

Ces mots ont fait monter la rougeur sur son Iront.

Jamais mensonge heureux n'eut un effet si prompt.

(( Est-ce à moi de languir dans cette incertitude l «9^ Sortons, a-t-elle dit, sortons d'inquiétude. Vous-même à Josabet prononcez cet arrêt : Les feux vont s'allumer, et le fer est tout prêt; Rien ne peut de leur temple empêcher le ravage, §ije n'ai de leur foi cet enfant pour otage. )) 9«o

NABAL

Bé bien ? pour un enfant qu'ils ne connoissent pas, Que le hasard peut-être a jeté dans leurs bras. Voudront-ils que leur temple enseveh sous 1 herbe....

MATH AN

EAh \ de tous les mortels connois le plus superbe.

Plutôt que dans mes mains par Joad soit livre 9o5

ATHALIE

Un enfant qu'à son Dieu Joad a consacré, Tu lui verras suJjir la mort la plus terrible. D'ailleurs pour cet enfant leur attache est visible. Si j'ai bien de la Reine entendu le récit. Joad sur sa naissance en sait plus qu'il ne dit. Quel qu'il soit, je prévois qu'ifleur sera funeste. Ils le refuseront. Je prends sur moi le reste ; Et j'espère qu'eniin de ce temple odiçux Et la flamme et le fer vont délivrer mes yeux.

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