‹ ThéaÌ‚tre choisi de RacineChapitre 405 sur 456 · ACTE ÏU, SCENE Vi · texte numérisé non relu

ACTE ÏU, SCENE Vi

JOSABET.

J'ai fait ce que }'ai pu pour m'en rendre maîtresse.

Cependant, croyez-moi, Seigneur, le péril presse.

Réservons cet enfant pour un temps plus heureux.

Tandis que ies méchants déhbèrent entre eux,

Avant qu'on l'environne, avant qu'on nous l'arrache, io55

Une seconde fois souffrez que je le cache.

Les portes, les chemins lui sont encore ouverts.

Faut-il le transporter aux plus affreux déserts?

Je suis prête. Je sais une secrète issue

Par où, sans qu'on le voie, et sans être aperçue, 1060

De Cédron avec lui traversant le torrent*.

J'irai dans le désert, où jadis en pleurant,

Et cherchant comme nous son salut dans la fuite,

David d'un fils rebelle évita la poursuite.

Je craindrai moins pour lui les lions et les ours.... io65

Mais pourquoi de Jéhu refuser le secours?

Je vous ouvre peut-être un avis salutaire.

Faisons de ce trésor Jéhu dépositaire.

On peut dans ses États le conduire aujourd'hui,

Elle chemin est court qui mène jusqu'à lui. 1070

Jéhu n'a point un cœur farouche, inexorable;

De David à ses yeux le nom est favorable ^

Hélas ! est-il un roi si dur et si cruel,

A moins qu'il n'eût pour mère une autre Jézabel,

Qui d'un tel supphant ne plaignit l'infortune? 1076

Sa cause à tous les rois n'est-elle pas commune?

JOAD

Quels timides conseils m'osez-vous suggérer? En l'appui de Jéhu pourriez-vous espérer?

1. Le torrent de Cédron, coulant dans une profonde vallée à l'est de Jérusalem, se jetait dans la mer Morte. David l'avait traversé, fuyant devant Àbsalon, pour se réfugier au désert d'Engaddi.

2. Favorable : latinisme, qui procure la faveur^ qui concilie.»»

ATHALIK.

JOSABET.

Dieu defend-il tout soin et toute prévoyance? Ne lotrense-t-on point par trop de confiance? A ses desseins sacrés employant Jes humains, iN a-t-il pas de Je!m lui-même armé les mains?

JOAU.

Jéhu, qu'avoit choisi sa sagesse profonde,

iîîî'rhr'', 'ï"' ^^P^i"- fonde,

D un oubh trop mgrat a payé ses bienfaits. Jehu laisse d'Achab l'affreuse fille en paix,

n!î v^n '"°''/'/.r^' les profanes exemples. Du vil Dieu de l'Egypte a conservé les temples» Jehu, sur les hauts lieux enfin osant offrir Un téméraire encens que Dieu ne peut souffrir* N a pour servir sa cause et venger ses injures Je cœur assez droit ni les mains assez pures.

ïoïlrons ^1?'' " ''f 1"'" """^ attacher. Montrons Ehacin; et loin de le cacher.

Que du bandeau royal sa tête soit ornée. ,„o5

Je veux même avancer l'heure déterminée

Avant que de Mathan le complot soit formé.

io85

logo

Page 1