‹ ThéaÌ‚tre choisi de RacineChapitre 412 sur 456 · ACTE III, SCÊÎSE VIIÎ · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÊÎSE VIIÎ

UNE AUTRE

D'OÙ vient que, pour son Dieu, pleine d'indifférence, ngS Jérusalem se tait en ce pressant danger

D'où vient, mes sœurs, que pour nous protéger Le brave Abner au moins ne rompt pas le silence-

SALOMITH.

Hélas! dans une cour où l'on n'a d'autres lois

Que la force et la violence,

Où les honneurs et les emplois Sont le prix d'une aveugle et basse obéissance,

Ma sœur, pour la triste innocence

Qui voudroit élever sa voix^?

UNE AUTRE

Dans ce péril, dans ce désordre extrême, Pour qui prépare-t-on le sacré diadème?

SALOMITH.

Le Seigneur a daigné parler.

Mais ce qu'à son prophète il vient de révéler, Qui pourra nous le faire entendre S'arme-t-il pour nous défendre? ' S'arme-t-il pour nous accabler?

TOUT LE CHŒUR chante.

0 promesse ! ô menace ! ô ténébreux mystère ! Que de maux, que de biens sont prédits tour à tour! Comment peut-on avec tant de colère

Accorder tant d'amour? l'-^i^

UNE VOIX seule.

Sion ne sera plus. Une flamme cruelle Détruira tous ses ornements.

Page 1