‹ ThéaÌ‚tre choisi de RacineChapitre 42 sur 456 · Sacrifice, offrande · texte numérisé non relu

Sacrifice, offrande

A, Mêmes. Lers poèiéS éà tuti' siècle étaient ouf mettaient à rnême^

ÀC*È lïî, SGÈME V.

Cachoient mes cheveux blancs sous trente diadèmes. io4o

Mais ce temps-là n'est plus. Je régnois, et jô fuis.

Mes ans se sont accrus ; mes honneurs sont détruits ;

Et mon front, dépouillé d'un si noble avantage,

Du terhps, qui l'a flétri, laisse voir tout l'outrage.

D'ailleurs mille desseins partagent mes esprits : io45

D'un camp prêt à partir vous entendez les cris ;

Sortant de mes vaisseaux, il faut que j'y remonte.

Quel temps pour un hymen qu'une fuite si prompte,

Madame ! Et de quel front vous unir à mon sort,

Quand je ne cherche plus que la guerre et la mort? io5o

Cessez pourtant, cesser de prétendre à Pharnace.

Quand je me fais juctice, il faut qu'on se la fasse *.

Je ne souffrirai point que ce fils odieux.

Que je viens pour jamais de bannir de mes yeux,

Possédant une amour qui me fut déniée, io55

Vous fasse des Romains aevenir l'alliée.

Mon trône vou^ est dû. Loin de m'en repentir,

Je vous y place même, avant que de partir.

Pourvu que vous vouliez qu'une main qui m'est chère,

Un fds, le digne objet de* l'amour de son père, 1060

Xipharès, en un mot, devenant votre époux,

Me venge de Pharnace, et m'acquitte envers vous.

selon la commodité du vers ; même chez les prosateurs, l'adverbe même prend souvent Ys. Vaugelas disait à ce sujet dans ses Remarques : « Même et mêmes. Tous deux sont bons et avec et sans s, mais voici comme je voudrais user tantôt de l'un et tantôt de l'autre. Quand il est proche d'un substantif singulier, je voudrais mettre mêmes avec s, et quand il est proche d'un substantif pluriel, je voudrais mettre même sans s, et l'un et l'autre pour éviter Téquivoque et pour empêcher que même, adverbe, ne soit pris pour même., pronom. » Cârn^ille a suivi cette remarque de Vaugelas, ainsi que d'autres écrivains. Racine ne s'y est pas rigoureusement astreint.

1. Les framîpaii'je^ns déclarent ce vers incorrect, parce que /« se rapporte à un nom sans article et indéterminé. Malherbe, Corneille, Pascal, Bossuet, Mme de Sévigné n'ont pas eu plus de scrupule là-^dessus que Racine.

MITHKIDATE.

MONIMË.

Xipharés! lui, Seigneur?

MITHRIDATE

Oui, lui-même. Madame.

D'où peut naître à ce nom le trouble de votre àme? Contre un si juste choix qui peut vous révolter? io65 Est-ce quelque mépris qu'on ne puisse dompter? Je le répète encor : c'est un autre moi-même. Un lils victorieux, qui me chérit, que j'aime. L'ennemi des Romains, l'héritier et l'appui D'un empire et d'un nom qui* va renaître en lui; 1070 Et quoi que votre amour ait osé se promettre. Ce n'est qu'entre ses mains que je puis tous remettre.

MONIME

Que dites-vous? 0 ciel! Pourriez-vous approuver....

Pourquoi, Seigneur, pourquoi voulez-vous m'éprouver?

Cessez de tourmenter une âme infortunée. loyS

Je sais que c'est à vous que je fus destinée;

Je sais qu'en ce moment, pour ce nœud solennel,

La victime. Seigneur, nous attend à l'autel.

Venez.

MITHRIDATE

Je le vois bien : quelque effort que je fasse, Madame, vous voulez vous garder à Pharnace. 1080 Je reconnois toujours vos injustes mépris; [Is ont même passé sur nion malheureux fds.

MONIME

Je le méprise !

MITHRIDATE

Hé bien! n'en parlons plus. Madame.

1. Le relatif qui représente les deux substantifs ; cependant Racine ne le rapporte qu'au dernier et laisse le verbe au singulier.

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