ACTE Y, SCÈÎN'Ë I
Les yeux peuvent-ils pas aisément se méprendre! D'abord, vous le savez, un bruit injurieux Le rangeoit du parti d'un camp séditieux; Maintenant on vous dit que ces mêmes rebelles Ont tourné contre lui leurs armes criminelles. Jugez de l'un par l'autre, et daigner écouter*..*
MONIME
Xipharès ne Vit plus, Il ft'en faut point douter. L'événement n'a point démenti mon attente. Quand je n'en aurois pas la nouvelle sanglante, Il est mort; et j'en ai pour garants trop certains Son courage et sofi nom trop suspects aux Rofflainâ. Ah! que d'un û béaii sang dés longtemps altérée Rome tient maintenant sa victoire assurée! 1480 Quel ennemi son bras leur alloit opposer! Mais sur qui, fflâlheuretise, oses-tu t'excuser? Quoi? tu né veux pas voir que c'est toi qui l'oppriffleS*, Et dans tous ses malheurs reconnoître tes crimes? De combien d'assassins Favois-je enveloppé! i4S5 Gomment à tant de coups seroit-il échappé? Il évitoit en vain les Romains et son frère : Ne le hvrois-je pas aux fureurs de son père? ^ C'est moi qui, les rendant Tun de l'autre jaloux, Vins allumer le feu qui les embrase tous, 1490 Tison de la discorde et fatale furie ^, Que le démon de Rome^ a formée et nourrie. Et je vis? Et j'attends que de leur sang baigné, Pharnace des Romains revienne accompagné?
1. C'est toi qui r opprimes : qui le perds, le fais périr* ; oppHniefé à c6 sens en latin.
2. Ce vers est tout antique de pensée et d'expression: « Juvenem tanquam furiam facemque liujus belli. » (Tite-Live*) t< Ce jeune homme, qui est comme la furie, le flambeau de cette guerre. »
3. Le démon de Rome : le génie de Rome» Corneille e^l Racine Oiit usé î\mm souvent de c© moi*
MITHRIDATE
Qu'il étale à mes yeux sa parricide joie? 1495
La mort au désespoir ouvre plus d'une voie :
Oui, cruelles, en vaui vos injusies secours
Me ferment du tombeau les chemins les plus courts,
Je trouverai la mort jusque dans vos }3ras même.
Et toi, fatal tissu, malheureux diadème», tSoc Instrument et témoin de toutes mes douleurs. Bandeau, que mille fois j'ai trempé de mes pleurs, Au moins, en terminant ma vie et mon supplice, Ne pouvois-tu me rendre un funeste service? A mes tristes regards, va, cesse de t'offrir : i5o5 D'autres armes sans toi sauront me secourir; Et périsse le jour et la main meurtrière Qui jadis sur mon front t'attacha la première!
PH.ED1ME
On vient. Madame, on vient; et j'espère qu'Arcas
Pour bannir vos frayeurs porte vers vous ses pas. i5io