CHAPITRE PREMIER. DIEU UN CHRÉTIEN
les positions légitimes de l'homme et des choses dans la société , Ton détruisit la particularité , la distinction de la famille et de l'individu dans la tribu des familles ou société ; on tua par là la liberté individuelle et celle des vocations , et l'on posa le principe d'un code de multitude , qui devint plus tard une loi de despotisme qui fit l'éducation du despote et lui donna de plus cette hauteur, celte roideur, cet orgueil qui caractérisent les dynasties de la monarchie éclectique en Europe.
La pensée chrétienne qui présente l'existence de l'existence ou celui qui est, Dieu , sans l'acte intelligent , sans la création , sans la production mesurée , ne rend nullement compte de cet être qui est un , mais qui est aussi vivant et trois. Une erreur aussi grande a considérablement contribué à conduire, dès le temps de Socrate, dans l'abîme des ténèbres où le monde a été plongé pendant tout le moyen âge , et à produire par l'anarchie qui règne sans discontinuation dans les esprits et les âmes à cette époque et depuis, tantôt le règne d'une foule aveugle, tantôt celui de partis ou de factions , tantôt et bien plus souvent le règne de la violence armée des influences sociales , biens, richesses et positions, c'est-à-dire une immense disproportion anormale et arbitraire dansle bien-être physique etmoraldosindividus.Toutes les souverainetés en Occident, depuis plus de quinze siècles, ne sont pas autre chose, en effet, que la souveraineté de l'injustice ou le chaos dans le monde humain.
Si Ton ne part pas de plus haut dans les principes que de la donnée chrétienne, il est tout à fait impossible de tirer ou de faire sortir une lumière, une règle de conduite quelconque de tous ces faits humains des nations de l'Europe, qui sont arrivés depuis quinze cents ans. On ne voit en effet depuis cette époque que des peuples se roulant sur des peuples, des populations' contre leurs gouvernements , des partis contre des classes , des classes contre le reste de la population . des accords de rois avec des gouvernements contre leurs peuples. On ne voit que des prêtres contre les fidèles , des populations contre les sacerdotss et l'Eglise, des villes ou une ville déterminée contre les campagnes , des lettrés théoriques contre les populations pratiques et actives; l'industrie et le commerce opprimant et spoliant l'agriculture et les populations rurales ; on ne voit que des tyrans et des factions contre tout ce qui n'est pas eux, etc., etc.Tqut cela, c'est le spectacle que présente le monde depuis la chute de l'empire romain. Or, une lumière pouvait-elle et peut-elle sortir
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de ]à? Non assurément! En examinant les faits passés, l'homme très supérieur pouvait et peut sans doute en saisir les causes , mais Thistorien chrétien en est incapable. Pour lui , il en a été et il en est réduit à faire ce que l'on voit faire au plus grand nombre des écrivains qui ont entrepris jus> qu'ici de traiter de l'histoire, à enrtf^wircr, enregistrer ^ entasser des faits t sans pouvoir leur donner de causes , ou leur en donnant qui ne furent pas celles qui produisirent ces faits et les événements, parce que la nature humaine tyrannisée ou opprimée dans ses directions normales , par Terreur de la conception religieuse et rétablissement social bâti sur elle, déviait et dévie à côté, et produisait et produit des phénomènes artificiels que ces écrivains prenaient et viennent prendre pour des faits normaux et conséquents , tandis que ces faits n'avaient aucune valeur, à moins que de montrer les ressources de l'esprit humain qui , rencontrant un obstacle, vire à droite ou à gauche et évite la difficulté.