‹ Théologie de l'image de Dieu chez OrigèneChapitre 132 sur 276 · In Rom., v, 1 (P. G. xiv, col. 1009 D), 4 (col. 1029 D · texte numérisé non relu

In Rom., v, 1 (P. G. xiv, col. 1009 D), 4 (col. 1029 D

21. Sel. in Jer., 11, 21 (P. G. x, col. 545 C). Dans Hfér., 11, 1 (G. CS. x, p. 17,

croit à l'existence historique d'Adam, et pas plus dans ce passage que dans la plus grande partie de son œuvre, l’exégèse allégorique ne supprime le sens littéral 22. Mais la préexistence et la chute des esprits semblent pour lui le sens spirituel de ces textes, les mystères qui se cachent sous la lettre 3.

Ailleurs Origène rappelle, à propos des deux créations, l’homme intérieur et l’homme extérieur, que saint Paul distingue en chaque individu 2, «Il me semble qu’il n’aurait pas osé innover sur ce point, mais il l’a dit en pensant plus clairement ce que les Écritures ont exprimé de façon assez obscure #5. » En d’autres termes saint Paul a trouvé sa distinction dans les deux récits de la Genèse. La liberté a le choix entre l’homme intérieur, fait selon l’image, et l’homme extérieur façonné avec la poussière de la terre ?6. La lutte entre la chair et l’esprit se retrouve ainsi à propos des deux créations de l’homme.

Origène distingue aussi souvent d’après Philon les verbes roeiv et mAdrrew 77, Mais quel sens donne-t-il à ces deux termes? A l'inverse de rouwïiv qui s’applique à n’importe quelle action, rAdrreuv ne peut désigner qu’une opération sur la matière. Or seul rouïv est associé à l’image, non rAdrrew : l’image n’est donc pas corporelle. « Ce n’est pas le corps façonné qui contient l’image, et l’homme corporel n’est pas dit fait, mais façonné {plasmatus), comme c’est écrit ensuite. Il est dit en effet : Et Dieu façonna {plasmavit, id est finxit) l’homme avec le limon de la terre. Celui qui a été fait selon l’image, c'est notre homme intérieur, invisible, incorporel, incorrompu et immortel ?8, » Puisque le corps de l’homme est ainsi modelé à partir

1.8 sa.) « l’âme du premier homme n’a pas été seule faite selon l’image, mais celle de tout homme. La phrase : Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance, s’applique à tout homme ».

22. Voir BUERKE, Des Origenes Lehre vom Urstand des Menschen, p. 35. « Adam était aussi, selon Origène, un homme comme tous les autres, homo est autem etiam Adam (In Rom., v, col. 1o11 A), qui est l’ancêtre commun de tous (1bid. 1010 AB) et leur représentant (ibid. 1011 À — 1029 B) » Mgr KYRILLOS s’appuie sur des passages parfaitement traditionnels pour refuser de voir en Origène le mythe de la préexistence (op. cit., II, p. 4 sq.). Sur l’exégèse allégorique et le sens littéral, voir le P. de LuBac, Histoire et Esprit, p. 92 sq.

23. L'interprétation allégorique est toute proche dans un texte de CC vir, 39 (G. C. S. 11, p. 189, 1. 23 sq.) sur les yeux sensibles et les yeux spirituels. Adam et Êve avant la chute voyaient des yeux spirituels la beauté de la création, et ils ne voyaient pas le mal avec leurs yeux charnels. Mais après la chute « leurs yeux sensibles s’ouvrirent, qu’ils tenaient alors justement fermés, pour ne pas gêner par des distractions l'exercice de l’œil de l’âme; et les yeux spirituels, qui jusque-là voyaient et jouissaient de Dieu et de son Paradis, furent, je pense, fermés par le péché ».

24. IT Cor., IV, 16, citation de /n Rom., vi, 4 (P. G. xiv, col. 1110 B).

25. Entr. Hér., 12 (p. 146, 1. 14 sq.). La même affirmation dans 1# Rom., 11, 13 (P. G. xiv, col. 912 D). ÿ

Page 1