Et il leur dit : Vous me direz sans doute ce proverbe
GHAPITKS XV. 81
Médecin , guéri&-i(n tai-mime ; fais aussi ici , dam ta patrie , tout ce que nom avons oui dire que tu as fait à Capharnaûm. j»
24. « Mais il leur dit : Je vous dis en vérité , que nul prophète n'est reçu dans sa patrie. »
25. < Je vous dis en vérité , qu'il y avait plusieurs veuves en Israël au temps d'Êlie , lorsque le ciel fut fermé trois ans et six mois , tellement qu'il y eut une grande famine par tout le pays. »
26. t Néanmoins Êlie ne fut envoyé chez aucune d'elles; mais il fut envoyé chez une femme veuve de Sarepta , dans le pays de Sldon, »
27.. « /ly avait aussi plusieurs lépreux en Israël au temps d'Elisée le prophète; toutefois aucun d'eux ne fut guéri; le seul Naaman , qui était Syrien^ le fut. »
28. c Et tous ceux qui étaient dans la Synagogue furent remplis de colère , en entendant ces choses. »
29. « Et s'étant levés , ils le mirent hors de la ville , et le menèrent jusqu'au sommet de la montagne sur laquelle leur ville est bâtie ^ pour le précipiter. »
30. « Mais il passa par le milieu d'eux , et s'en alla. » Enfin Saint Jean, l'Apôtre, dit lui-même, Chap. VII, 8,
qv>e même les propres frères de Jésus -^Christ ne croyaient pas en lui; malgré les miracles quil faisait^ disant :
Verset 1 . < Jésus se tenait en Galilée , car il ne voulait
pas demeurer dans la Judée ^ parce que les Juifs cherchaient à le faire mourir. »
2. ^Or^ la fête des Juifs , appelée des Tabernacles ^ approchait. )»
3. <iEt ses frères lui dirent : Pars d'ici, et t'en vas en Judée^ afin que tes disciples voient aussiles œuvres que tu fais. »
4. « Car personne ne fait rien en cachette , quand il veut a^ir franchement. Puisque tu fais ces choses^ montre-toi toimême au monde. »
5. « Car ses frères mêmes ne croyaient pas en lui. » D'après tout ce que je viens de rapporter ici , selon le
si TIflioLOGii DE LA I^ATUIIB.
teitë déâ quatre Évângëlistëà biii-thênies , I6)5tiittlënt |iettt-ii être {)bssible qu*un ange ait àppHs h Sainte Marie Iqti'elle éteit ellëeînieparla vertu du Saint-Esprit, et qu'elle Retirait au monde le Sauveur, depuis silongtetkipâ attendu des JiiiiTsf
Ëii effet , SI Sainte MSirie eût su qu'elle était enceinte par le Saint-Esprit, elle n'eût certes pas mafaquë de le dit'e à Joseph, dès qu'elle fut demandé eii niariage , et ne TiBÛt pas laissé dans l'ignorance d'un fait d'une aussi haute importaniee , tandis quelle lui laissa au contraire croire Qu'elle avait, avant lui, déjà connu d'autres hommes; errebr d'où il fût tiré, non par elle , mais par un simple songe , qui lé décida , soit à épouser cependant Marie, sôîl k la garder, si déjà elle était sa femme; ce qui prouve encore que Sainte Marie ellemême ne croyait point au miracle doht elle était, dit-oii, l'objet ; miracle qu'on ne peut admettre qnSé eoninie nue histoire imaginée après, pour donner k Jésus-Christ une origine divine , tandis qu'il était en réalité le Bis légitime , premier-né de Joseph ; et dans ce sens qu*il àVait été conçu par une vierge.
En effet , si dans la fanillle de Jésus-Christ on eût su qu'il était le Messie et le FiTs féel dé Dieu , sa mère, soA père adoptif et ses frères auraient non-seulement cru en lui, mais il l'eussent suivi partout dans ses prédications ; et ses propres frères seraient devenus ses pï'emî'ers disciples ; tandis qu'ils le laissèrent aller seul avec des étrangers , et he crurent pas en lui , ainsi que le dit formellement Saint Jean, l'évangéliste. Ils l'abandonnèrent même tellement que les trois premiers Évangélistes ne parlent jamais de sa famille que pour citer un fait peu amical de la part de Jésus-Christ envers sa mère et ses frères , qui vinrent un jour k la maison dû ît était, en denîandant à le voir (Saint Mattéieu XII, 47) : « ï!t queïqWun lui dit : Voilà , ta tnère et tes frères sont là dehors^ qui demandent à te parler. »
48. « Mais il répondit à celui qui lui avait dit cela rQui est ma mère et qui sont mss frères ? »
cttAnîRis xt. 83
é9; k Si éMidùHt sa main sur ses disciphs , tt dit: Void ma mère et fhes frères. » '
SO. « Car quiconqijfie fera la volonté de mon Père qui est aux deux y c'est celui-là qui est m^n frère^ et ma sœur et ma mère. »
Fait rapporté aussi h peu 'près dans les mêmes termes par Saint Marc, Ghap. lil, 8t ; et la réponse de Jésus-Christ semble indiquer que sa mèk^ et ses frères , ne faisant pas k son avis la volonté de sou Père béleste , il ne les considérait pas comme étant ses parents; et en effet, aucun des trois premiers Évabgélistes ne dit même que quelqu'un de sa famille -ait été k Jérusalem lors de la mort de Jésus-* Christ.
Saint Matthiei! dit settleWfent (Chap. XXVII) en parlant du crucifiement :
Verset 65. € li^ amit aussi là plusieuH femmes qui regardaient de l&in^ et qui atuient suivi Jésus depuis la Galilée , en h éervant; n^
86. 9i Entre iesqneltes étaient Marie-Magâetaine^ eîMarie^ mère de Jacques et dé Joses , et là mère des fils àe Zébédèe. »
Mais qnoique Jésus-Chi*ist eût deux frères nommés Jacques et JosGS , il n'est pas certain que la femme désignée ici par rÉVangéliste sotts le ttom de Marie, mète dé Jacques et de Joses , fût Sainte Marie, car il eût non-seulement été plus convenable de la nommei* la mère de Jésus-Christ, mais encore les deux disciples ^nomthés Jacques [étaient l'un fils de Zébédée , l'autre fils d' Alphée , et non de Joseph ( Voyez Saint Matthieu, Chap. Î, 3).
Saint Marc (Chap. XV, 40) cite également ces noms eî à peu près dans les mêmes termes ; et Saint Luc (Chap. XXI V, 10) indique aussi les mêmes femmes comme ayant suivi Jésus-Christ.
Quant à Saint Jean, il est plusformel, disantauCHAP. XIX, 25 : (i^Or, lam>ère de Jésus, et la sœur de sa mère, Marie ^ femme de Cléopas^ et Marie-Madelaine^ se tenaient près de sa croix, »
84 THl£OLOGIE DE LA HaTDRB.
36. c Jésus donc voyant sa mère , et près d'elle le disciple qu'il aimait^ dit à sa mère: Femme , voilà ton fils. »
27. « Puis il dit au disciple : Voilà ta mère. Et dès cette kmre-là ce disciple la prit chez lui. »
Et cette recommandation montre surtout que Jèsus^-Christ n'avait pas de confiance dans Vassistance que ses frères et ses sœurs pourraient donner à leur mère.
Ce silence des Évangélistes sur Tintërét que prirent les parents de Jésus à ses prédications , prouve déjk qu'ils ne croyaient pas a sa mission divine ; ce que Saint Jean exprime d'ailleurs formellement dans le chapitre VU, cité plus haut, page 81 ; d'où l'on voit que non -seulement ils ne le regardaient pas comme étant le Fils du Dieu créateur , dans l'acception ordinaire qu'on attache au mot fils , mais qu'ils ne ne le considéraient pas même comme étant le Messie.
Enfin , il ressort de tout ce que le Sauveur a dit luimême pendant tout le temps de ses prédications , que jamais il n'a prétendu attacher cette idée k ce terme, quand il lui arrivait de se nommer, vers la fin de sa vie, le Fils de Dieu, ou de parler de l'Être Suprême , comme étant son Père ; tandis qu'au commencement, il se nommait toujours le Fils de V Homme; terme déjà employé avant, dans l'Ancien Testament, pour indiquer simplement l'Être humain. Et si Jésus-Christ se nommait le Fils de Dieu , ce n'était jamais pour se distinguer par là, en essence des autres hommes, mais uniquement pour exprimer qu'il était uni à Dieu par sa foi et par son amour , comme les enfants d'une même famille sont unis à leur père ; condition dans laquelle tous les hommes devraient se trouver , pour être dignes de la bonté paternelle du Créateur, et mériter d'être nommés ses enfants. Cette idée , il l'a très-souvent exprimée dans ses exhortations à ses disciples, qu*il nomma dans ce sens également les enfants de Dieu , ainsi qu'on le trouve déjà dans la sublime prière de V Oraison dominicale, et quand il dit à ses disciples ( Saint MATTmEu , V[, 7): « Or, quand vous
pries , n'tM«2 pas de vaines redites , comme les païens ; car ils croient qu'ils seront exaucésen parlant beaucvup. »
8. *Ne leur ressemblez donc pas ; car votre Père sait de qwri vous avez besoin , avant que vous le lui demandiez, n
9. « Fous donc priez ainsi : Notre père qui es aux deux , ton nom soit sanctifié ; etc. »
Ilditainsiformellemeiitque les hommes dotven(ai)peIerZ>i«u leur Père, tout comme il le fait lui-même; opioioa eiprimée eocore ud grand nombre de fois ailleurs , dans les Evangiles , par exemple dans Saint Matthieu, Chap. V, 44, où il est dit :
« Mais moi je vous dis : Aimez vos ennemis , bénisses ceux qui vous maudissent , faites du bien à ceux qui vous haïssent , et priez pour ceux qui vous outragent et quivous persécutent; >
43. < Afin que vous soyez enfants de votre Père qui est dans les deux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. »
48. « Soyez donc parfaits , comme votre Père, qui est dans les deux, est parfait. »
Chap. VI, 1 : « Prenez garde de ne pas faire votre aumône devant les hommef , afin d'être vus ; autrement vous n'en avez point de récompense de votre Père qui est aux Cieux. »
4. ( Afin que ton aumône se fasse en secret; et ton Père, qui te voit dans le secret , te le f »
6. « 3fais toi, quand tu pria nnet, et ayant fermé la porte , prie Ion lieu secret; et ton Père qui te voit dans i publiquement. >
18. « Afin qu'il ne paraisse pas aux hommes que tu jeûnes, mais seulement à ton Père qui est en secret; et ton Père qui te voit dans le secret , le récompensera publiquemsnt. b
Chap. XXIII ,9: i Et n'appelez personne sur la terre votre
86 ' THÉOLOGIS DB hH NATURE.
Père y car vous n'avez qu'un sévi Père y savoir^ celui qui est
dans les deux» »
Dans Saint Luc, Chap. XII, 29, on trouve également
que Jésus- Christ dit à ses disciples : « Ne vous mettez donc
point en peine de ce que vous mangerez ^ ou de ce que vous
boirez, et n'ayez point V esprit inquiet. »
30. c Car ce sont les nations du monde qui recJiierckent toutes ces choses; mais votre Père sait que voms en avez besoin, i»
31. « Mais cherchez plutôt le icoyaume de Dieu, et toutes ces choses vous seront données par-dessus. »
32 . « Ne crains point , petit troupeau ; car il a plu à votre Père de vous donner le royaume. »
Et surtout dans Saint Jpan, Chap. ]^, où il parle de l'apparition de Jésus à Marie-Madelaine , après sa résurrection, disant :
Verset il. a , . ,.Ne me touche points car je ne suis pas encore monté vers mon Père; mais va vers mes frères , et disleur que je monte vers mon Père et votre Pèr]^ , et vers MON Dieu et votre Dieu. »
Il est vrai que , pendant ses prédications , ses disciples le nommèrent souvent le Messie , ou le Fils ^e Dieu , et cela sans doute par enthousiàisme pour sa sublime verti; ; mais il ne parait pas qu'ils aient attaché k ces titres d'autre idée que celle d'envoyé de Dieu ; signific^tioq qu'a eue en tout temps le mot de Messie ou de béni de Dieu; et cela est si vr^i , que malgré ce qu'il a fait, malgré la sublimité de sa doctrine et les assertions qu'il leur donnait souvent qu'ils étaient par hii sous la protection spéciale de l'Être Suprême , ils ne l'ont jamais compris, ne voyant en lui qu'un libérateqr qui les affranchirait du joug étranger, et monterait çur le trône de David son ancêtre. Cette foi en sa puissance fut toutefois si faible, que tou§ s'enfuirent quand on vint se saisir de lui ; et mênie Saint Pierre , qu'il avait nommé le Pasteur du troupeau de ses disciples , le renia trois fois au moment du plus lé^er danger pour sa propre personne,
CHAPITf^B XV. 87
quoiqu'il fût ayertî depuis la veille p^r Jésps-Christ de ce manque de dévpuepient.
Cette vérité que les Apôtres ipéme? ue Tout pas coqipris pendant tout le teipps de ses prédications , est d'ailleurs formellemeqt espriiq^e, d'g)>prd par Jésus-£)iri^t lui-mâm(t, et en outre plusieurs fois dans le récit d^s EvaQgélistf;^. C'est ainsi que le Sauveur dit ï ses disciple^ qui pe purent guérir un lunatique que son père avait présenté à cet effet à ces derniers (SÂiNf Matthii^u, XVII, 17) : « Qrace incrédule et fiçrvene ^ jusqu' à quand serai-je avec wus^ Jusqu'à quand
vqy,^ supportexQi-j^'i Àm^ne^'k'mQi ici. v
1 9. (( Alors le9^ 4i^ciples vinrent m particulier à Jèms , et lui dirent : Pourquoi n' avons-nous pu cha$içr ce démon? »
90. « ^< Jé^s leur xépondU : Cest à cf^^se ^e voire incré^ 4ulit^; car je vo^^ di^ ^n vérité fftH ^^ Vou% aviez de la foi ^ aussi gros qu'un grain de moutarde , vous diriez à cette motitmw ' Tran^porte-iqi 4iQi U« fl ^H^ $*y transpoxterait ^ et rien ne vous serait i^^po^illf^. j^
On trouve de même dans Saint Jean , Chap. XV^ , q\^ Jésus dit k ses di^iple» :
Verset 16. « Dai^^ PAW4^ i^nips vous m Vl^ verrez plus ; e^ un peu de temps après , vou^ me reverrez , p^rce que je m'^n VQis à mon Pèr^. v
il: € Et quelque^'UWi 4< ^^ disciples se dirent les uns au>x ikutres : Qu-e^t-^ qu'il n^% v^t dire : Dan^ peu de temps V0U9 »e me verres^ plms rt i Po P^ d^ lemps aptes , WV« »»« r^erres^; et : Parce qu^jé w^^n vais à mon Père? ».
18. « Jls disaîe»! donc : Q¥,*tshce quil ^feut din^ : D^^^ peu de temps? iVoifi f^ SWQM. ce qu'il veul élir^. »
Saiht Luc e^iprîma l* mm^ chose , a^ Ciap. xpv, ep parlant de l'apparition de Jésus-Cbrisi après sa mort à deu:|^ de ses discipl^^ sur 1^ chemin d'Emmaûs, disant que c^ derniers crurent tQiû^Hrs qu'il d^vr^rait le peuple d'Israël , où Vou trouve, tu Y^rset 17» qu^ Jésus apparaissant ^ ces
deax hommes sous la forme d'un voyageur, il leur demanda : «i .... De qtioi vous entretenez-vous dans le chemin , et pourquoi êtes-vous si tristes? »
1 8 . Cl Vun d'eux , nommé Cléophas . lui répondit : Es-tu seul si étranger à Jérusalem , que tu ne saches pas les choses qui s'y sont passées ces jours ct7 »
19. c Et il leur dit : Et quoi? Ils lui répondirent : Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth , qui était un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple; »
20. i Et comment les principaux sacrificateurs nos magistrats Vont livré pour être condamné àmortyCt Vont crucifié: »
31 . c Or^ nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël , et cependant , voici déjà le troisième jour que ces choses sont arrivées. »
22 « /{ est vrai que quelques femmes , de celles qui étaient avec nous , nous ont fort étonnés ; car ayant été de grand matin au sépulcre^ y>
25. ^ Et n'y ayant pas trouvé son corps y elles sont venues dire que des anges leur ont apparu et leur ont dit qu'il est vivant. »
24. « £/ quelques-uns des nôtres sont allés au sépulcre ^ et ont trouvé les choses comme les femmes V avaient dit; mais ils ne Vont point vu. »
25. « Alors il leur dit : gens sans intelligence et d'un cœur tardif à croire tout ce que les prophètes ont dttr »
C'est de même aussi que Zacharia le Prophète, père de Saint Jean-Baptiste , qui prédit, suivant Saint Luc , l'arrivée de Jésus , Tannonça également comme un Sauveur , qui devait délivrer le peuple dlsraël de la main des étrangers*
Enfin Saint Luc , aux Actes des Apôtres ^ Chap. I, dit au Verset 6, que Jésus-Christ ayant recommandé à ses disciples de rester h Jérusalem pour y attendre la promesse du Père» dont il leur avait parlé, ils lui demandèrent: t Seigneur, sera-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume d'Israël? »
Quant ë Topinion généralement admise par la plupart