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— xxvu.
On peut même voir par Tordre de succession des chapitres , réglés d'après Saint Matthieu , que les deux autres Évangélistes n*ont point suivi dans leurs relations la série dea événements dans le même ordre chronologique; rap»
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portant ainsi souvent le métne fait à des temps et k des circonstances différentes , ce qui prouve encore que leurs narrations ne sont point de véritables histoires diB la vie de Jésus-Christ, mais de simples actions rassemblées du hasard.
Quant k Saint Jean , son Évdngilé diffère au contraire notablement de ceux des trois autres Évangéllstes, tant par les faits qu'il rapporte que par la rédaction; ce t[ui prouve qu'il ne les a non-seulement pas copiés, mais que SaInt Marc et Saint Luc n'ont pas non plus plïisé chez lui. Il raconte , par exemple , k peu près comme eux , le miracle de la multiplication des cinq pains et des deux poissons dont Jésus-Christ a nourri plus de cinq mille personnes, mais il ne se sert pas des niêiiiëd termes ; et i\m\ presque partout ailleurs où il parle des mêmes événements; se trouvant souvent même formellement en contradiction avec eux; ce qui prouve encore que les Évangiles ne Sauraient être considérés avec raison comme des ouvrages inspirés, par la Divinité^ ainsi que l'admettent les chrétiens orthodoxes.
Cette différence entre TEvangile de Saint Jean et ceux de Saint Matthieu, de Saint Marc et de Saint Luc, s'exj)lique du re^te par cela qu'il a été écrit aprèd les leurs ; c'est du moins l'opinion de plusieurs théologiens, et entre autres àe Bossuei.
Il est non-seulement évident que Saint Marc fei Saint Luc ont en grande partie copié Saint Matthieu, mais on voit, en comparant leurs écrits, que souvent mêibe ilsToiîtitiâl copié en altérant ce qu'il rapporte, soit en supprimant une foule de passages sans qu'on puisse en entrevoir les raisons , soit en y ajoutant beaucoup, sans doute d'après d'autres documents qu'ils se sont procurés ailleurs ; reproches qiiî peuvent même être adressés k Saint Matthieu et b Saint Jean, l'un a l'égard de l'autre, l'ènchaînenifent des événements n'étant ^pas le même dails ces deux ÉVàngéliste^ oHgiriauî. Ces différences entre ces deux historiographes de Îëéùs-Chrîst semblent indiquer que les Évangiles qu'on leur attribue
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ne sont peat*être pas même d*eux ^ mats éerits après sou» leurs noms, par des compilateurs qui , recueillant tout ce qu'ils ont pu trouver , ont souvent été induits en erreur par Taltération que le récit des événements a éprouvée jusqu'à etix par la tradition. Or cela est d'autant plus probable, que les Évangiles ont été écrits en grec et non en hébreu ou en syriaque, langues ,que parlaient les Apôtres. En citant ici quelques-unes de ces contradictions qui existent entre les Evangiles, on pourra facilement juger de la vérité de ce que j'avance d'une manière générale.
J'ai déjà fait remarquer plus haut la grande diiTérence qui existait entre la généalogie de Jésus-Christ suivant Saint Matthieu, et celle que donne Saint Luc, où les deux ÉvanT gélistes ne s'accordent pas même sur le nom du père de Saint Joseph, ce qui semble prouver que du temps ou les deux Évangiles ont été écrits, on ne savait déjà plus au justn comment s était appelé le grand-père de Jésus-Christ, qu'on voulait toutefois faire descendre de David , afin quq la soidisaùt prophétie d'Iéscfaaïa fût accomplie , qui dit que le Messie naîtrait dans la famille de ce roi si vénéré par les Juifs.
La difféftence qui etiate entre ces deux Évangéllstes quant à la généalogie île Joseph est d'autant plus inconcevable , si réellement Saint Luc a écrit lui-même son Évangile; qu'il n'avait du moins pour lei ancêtres de Zorob.abel qu'à consntter les efaroniqfaes jutyes; où Leur filiation est indiquée, à une seule exception près y comme dans Saint Matthieu. Je ferai remarquer aussi que d'après. Sàmx Matthieu il n'y a eu que dix-sept générations entre David et Zorobabel , tandis que suivant Saint Luc il y en aurait eu vin^t-deux; et selon lé premier, dix de Zorobabel à Josei^h, ei dix-neuf d'après Saint Luc; c'est-à-dire d'une part vingtr-sept dé David à Joseph, et de l'autre quarante et une. Or en comptant ainsi qu'on le fait généralement, et surtout pour ces temp^là, trois générations p^v siétk, on arrive, d'après Skint Matthieu, à neuf cent trente-trois ans que David aurait vécu
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avant Jësus-€brist , suivant Saint Luc k milte trois cent soixante-six ans; ce qui placerait le règne de David au temps des premiers juges: autre erreur qui donne la mesure de la foi qu'on doit avoir dans TÉvangile de Saint Luc. >
Mais on conçoit que du temps de Joseph , homme tombé, sous te rapport de la fortune , au rang des simples artisans , il devait être h feu près impossible de connaître les noms de ses ancêtres au delà de la troisième génération , ainsi que cela arrive encore de nos jours, même chez les peuples les plus civilisés ; d'où Ton peut conclure que ces deux généalogies de Joseph , -dressées par ces évangélistes , ne peuvent être qu'une simple invention de leur part, où Saint Luc, moins réfléchi que Saint Matthieu, s*est laissé aller jusqu'à Fabsurde.
Au Chap. IV de Saint Matthieu, il est dit comment Jésus- Christ fit connaissance d'une part avec Simon, qu'il nomma PiteRRE , et son frère André^ et de l'autre avec Jacques et Jean, les deux fils de Zébédéerce qui ne s'accorde également pas avec le passage de Saint Luc, relatif aux mêmes faits. Selon le premier, c'était dès le début de ses prédications que Jésus-Christ, après son baptême , et. en se retirant à Capharnaûm, en Galilée^ rencontra ces quatre premiers de ses disciples , disant :
Verset i 7. « Dès lors Jésus commença à prêcher et à dire : Amendez-vous ; car le royaume des deux est proche. »
18. « Et Jésus marchant le long de la mer de Galilée , vit deux frères , Simon, qui fut appelé Pusrbe , et André son frère , qui jetaient leurs filets dans la mer ; car ils étaient pécheurs» »
19. « Ef il leur dit : Suivez-moi^ et je vous ferai pécheurs (f hommes. »
W. « Et eux y laissant incontinent leurs filets, le suivirent. »
21 . ^ De là étant passé plus avant y il vit deux autres frères^ Jacques ^ fils de Zébédée, et Jean sonfrère^ dans
CHAPITRB XV.. a
une barque j avec Zébédée leur père^ qui raccommodaient leurs filets , et il les appela. »
22. « Et euxy laissant incontinent leur barque et leur père, le suivirent. »
Faits rapportés à peu près dans les mêmes-termes par Saint Marc (Chap. 1 , 16-20 ) , mais autrement par Saint LcG { Chap. Y , 1 ), où il est dit : « Comme Jésus était sur le bord du lac dfi Génézareth , il était pressé par la foule qui se je^it sur lui pour entendre la parole de Dieu. »
2. < £t ayant vu deux barques au bord du lac^ dont les pêcheurs étaient descendus et lavaient leurs filets^ il monta dans Cune de ces barques j qui était à &mon ; »
3. « Et il le 'pria de s éloigner un peu du rivage -j et i étant assis j il enseignait le peuple de dessus la barr que. »
4. < £l quant il eut cessé de parler j il dit à Simon: Avancez en pleine eau y et jetez vos filets pour pécher. »
5. « Simon lui répondit: Maitre, nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre; toutefois , sur ta parole j je jetterai le filet. »
6. i< Ce qu ayant fait , ils prirent une si grande quantité de poissons j que leur filet se rompait. »
?. a De sorte qu ils firent sfgne à leurs compagnons^ qui étment dans t autre barque j de venir leur aider; ils y tmtrent, et Us remplirent les 4eux barques, tellement qu'elles s enfonçaient. »
8. « Simon Pierre y ayant vu cela, se jeta aux pieds de Jésus et lui dit : Seigneur , retire-toi de moi; car je suis un homme pécheur. »
9. « Car la frayeur t avait saisi j et tous ceux qui étaient avec /ut, à cause de la pèche des poissons qu'ils avaient faite; de même que Jacques et Jean , fils de Zébédée , qui étaient compagnons de Simon. »
10. « Alors Jésus dit à Simon: N'aie point de pwt; désormais tu seras pêcheur, d hommes vivants, n
ii THÉ0L0G18 DU LA MATURE.
- 11. « Et ayant ram^ené leurs barqtœê à bord ^ ils aban^ donnèrent tout et le suivirent. »
Ainsi, suivant Saint lilsitthieu et Saint Marc, Simon et André jetèrent leur filet lorsque Jésus les aborda; et d*après Saint Luc, ils étaient au contraire occupés & laver leur filet ; et après leur' avoir dît dé le suivre, il rencontra seul^nént plus loin les fils de Zébédée qui raccommodaient leur filetv eiil leur dit aussi dé le suivre; tandiai que Saint Luc dit que ce$t Slnion qui les appela à lui, pour lui aider k tirer s()h filet rempli dis poisîW)tis. Enfin Saint Jean (Chap. I) t'apporte à ëbtl tour^ et tout autrement, là manière dont Jésus-Christ fit coûnaîssatibè atfec Pierre et André, disant:
Versets^. « Le tehâshîûi% Jeàh {Éaptiè)te)élaiît encore là (ail iièti dll baptêrilè), ûv\ec Éeu± de ses dt^pieè; *
36. «Et voyant Jésus aui marclmity il dit: Voilà l^A'* gneaïi de Dieu. » ' ' '
37. ^ Et hes deïdc diÉcipl^èi tarant bttï parler dfîul, suivirent féèuÈ. »
38. Jésuè s étant irèïôûrné Ûmymt ^û'Us fe mtmbent\ il leur dit: Que cherchez-vous? Ils lui répondirent: RûbH (c'est-à-dire Maître) , m detiie)ïreè-lii? %
39. <f II leur dit: Veneu et i)d^h%. lÛ ^ hllêrent et vU reht oii H fog'éaiiy et ils demeurèrent rti^efe ini cejourAà, car il était ehviron la dtSùlème tie^fe du jour. »
40 . if JWdté , frère dé Simon Piei'rèy était fun des dmtt qui avaient entendu ce que Jean disait , et qui waii mivi Jésus. »
41: « CelM'Ci trouva le premUsIr Simon sonfirêre, et U lui dit: Nous avons trouvé le Messie ( c'©st*à*dirè le Christ.)»
42 . (( Erf/ raHienà à JéÉus. JésUs fa^aût regardé'^ Iki tUl : Tu eÉ ÎSîfnotïj fils de Jona ; tu seras appelé Céphœs (c'està-dire Pierre). » En Araméëil Képhaei non Céptkis signifie Rocher et non Pierre.
Qui e^t dang le vrai des detiit Étangélistes, Saint Matthieu
titAPlTM IV. 43
on Saint Jean ? Car Saint Marc et Saint Lac ont très-probablement copié le premier. La version de Saint Jean a quelque chose de plus plausible , vu qu* André , étantdéjh disciple de Saint Jean-Baptiste, était plus capable de devenir celui de Jésus-Christ « non-seuletnent parce qu'il avait déj^ un commencement d'instruction, mais par cela même qu'il était de* Yënù le disciple dû premier « il laisse supposer qu^il était i'une intelligence plus relevée que le vulgaire des hommes et avait des dispositions à admirer la sagesse et la vertu ; tàn« dis que Saint Matthieu présente les quatre premiers disciples de Jésus-Christ comme des hommes rencontrés ou basabd.
Je ferai encore ici la remilrQue que , suivant Saint Jean ; Jésus dit à Simon , dès la première entrevue : « Tu es Simon^ tii feras appelé Céphas^ i tandis que, d'après Saint Matthieu, il ne le lui dit que beaucoup plus tard, dans une tout autre eîreoniitanee i lorsqu'il prédit st mort araht sa transfi^uratioii :
Chap. XYI^ 16. « Simon Pierre^ prmtmt ta parole^ dit : Tu es le Clirist , te fils du Dieu vivant. »
i*1. Et Jésus lui répondit : Tu es heureux, Simon , fils de Jona; car ce n^est pas ta chair et le sang qui t'ont révéié cela, mais c^est mon Père qui est dans les deux. »