‹ Theologie de la nature (volume 3)Chapitre 22 sur 77 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

voilà Jésus qui vier^t au-devant (telles , et qui leur dit : Je vous salue. Et elles s'approchèrent , et lui embrassèrent le^ pieds , et l'adorèrent. »

10. « Alors Jésus leur dit : Ne craignez point n aUç^ et dites à mes frères de se rend^ç en GfilUée , et (jue c'ç§{ /^ quils me verrçnt. »

11. « Quant elles furent parties j quel(fues-uns de ceux. de la garde vinrer^^ à la ville et rapportèrent aux princi-^ paux sacrificateurs tout ce au} était arrivé. »

12. t Alors ils s assemblèrent avec les sénateurs^ et après quils eurent délibéré^ ils domèrçiit yaie bonne soum}e (forgent aux soldats , »

1 S. fi Et ils leur dirent : Dites , ses disciples sont ^er^y^s^ la nuit y et ont dérobé son corps pendant que tjlous dormions. »

14. fi Et si ceci vier^t à la connaissance du gouverneur ^ nous l'apaiserons , et nous vous tirerons de peine. »

15. fL Et les soldats ayant p^is (argent^ firent comvae ils avaient été instruits; et ce bruit a été divulgué parmi les, juifs , jusquà aujourd'hui. »

16. a Mais lesonzç disciples s'en altèrent en Galiléç sur la montagne où Jçsus leux avait ordonné d'aller. »

17. c( Et quand ils le virent y ils l'qclorèrent^même, ceux qui avaient doutç. »

18. a Et Jésus s approchant y leur par/c? et leur dit: Toute puissance m'est donnée dans le ciel et sur la terre; »

19. c( Allez donc et ii\struisez; toutes les nations^ les baptisant au nom du Père^ dtu Fils et du Saint-Esprit ; »

20. « Et leur apprenant à garder tout ce que je vous ai commandé; et voici ^ je suis toujours avec vousjusqifq, la fin du monde. Amen ! )}

Saint Marc, eu parlant ^u crucifiement et de la résurrection de Jésus-Christ , rapporte h peu près les ipémeç faits, et quelquefois dans les mêines^ termes ; ce c|ui laisse égaleipen^ croire qu'il a puisé à la même source que Saint Matthieu, en offrant toutefois des différences si grandes, quil est impos-

sible que Tun ou l'autre n'altère pas la vérité , en omettant de parler de circonstances dont ils devraient faire mention , s'ils avaient été témoins oculaires de ces événements, ainsi qu'on doit le supposer, du moins, pour Saint Matthieu , si cet évangélistea été présent h Jérusalem.

Mais ce qui laisse penser que l'Évangile de Saint Matthieu même a été écrit longtemps après les événements , c'est que l'auteur dit au Verset 15 du Chap. XXVIII, rapporté un peu plus haut, que le bruit de l'enlèvement du corps de Jésus dn sépulcre a couru parmi les Juifs jusquà aujourd'hui ( Verset 13); termes qu'on n'emploie guère que pour indiquer un temps considérable passé depuis l'événement.

Afin de pouvoir mieux comparer les textes , je citerai également ici les principaux passages dés deux derniers chapitres de l'Évangile de Saint Marc, où il parle du crucifiement et de Ja résurrection de Jésus.

Suivant cet Évangéliste, Chap. XV, 25, Jésus -Christ fut crucifié à la troisième heure du jour, c'est-à-dire à neuf heures du matin , selon notre manière de compter le temps , et il expira k la neuvième heure ou à trois heures de l'après-midi, ainsi que le dit aussi Saint Matthieu; tandis que Saint Jean dit , comme on le verra plus bas, que Pilate ne le condamna qu'a la sixième heure du jour; et Saint Marc ajoute au Chap. XV, Verset 40. « // y avait aussi des femmes qui regardaient de loiuj entre lesquelles étaient Marie Madelaine et Marie, mère de Jacques lepetitetdeJoses, et Salomé-, y>

41 . (c Lesquelles le suivaient et le servaient lorsquHl était en Galilée, et plusieurs autres qui étaient montées avec lui à Jérusalem, »

42. « Comme il était déjà torrf(l), et que c'était le jour de la préparation, c'est-à-dire la veille du Sabbat j »

43. « Joseph dUArimathée, qui était un sénateur de consi-^ délation, et qui attendait au^si le règne de Dieu, vint avec

(]} Le Sabbat commence le vendredi k la nuit tombante.

CHAFITHS XV. 57

hardiesse vers Pilote , et lui demanda le corps de Jésus. »

44. « Pilâtes' étonna quil fût déjà mort; et ayant appelé le centenier^ il lui demanda s il y avait longtemps quil était mort. »

45. « Et l'ayant appris du centenier^ il donna le corps à Joseph, »

46. (( £^ Joseph ayant acheté un linceul^ le descendit de la croix, C enveloppa dans ce linceul, et le mit dans un sépulcre qui était taillé dans le roc; et il roula une pierre à Centrée du sépulcre. »

47. a Et Marie-Madelaine et Marie , mère de Joseph regardaient oii on le mettait. »

Chap. XVI, 1 . « Après que le Sabbat fut passé ^ Marie- Madelaine, Marie , mère de Jacques, et Salomé, achetèrent des drogues aromatiques, pour venir embaumer le corps de

Jésus. »

2. « £t elles vinrent au sépulcre de grand matin ^ le premier jour de la semaine, comme le soleil venait de se lever. »

3. (( Elles disaient entre elles : Qui nous âtera la pierre qui ferme Centrée du sépulcre? »

4. « Et ayant regardé, elles virent que la pierre avait été ôlée; or, elle était fort grande. »

5. (( Puis étant entrées dans le sépulcre, elles virent un jeune homme assis du côté droit, vêtu d^une robe blanche; et elles en furent épouvantées, d

6. u Mais il leur dit : Ne vous effrayez point; vous cherchez Jésus de Nazareth qui a été crucifié; il est ressuscité, Un' est plus ici; voici le lieu où on C avait mis. »

7. « Mais allez, dites à ses disciples et à Pierre qu'il s en vu devant vous en Galilée; vous le verrez là, comme il vous l'a dit. »

8. c( Elles sortirent aussitôt du sépulcre, et elles s'enfuirent ; car elles étaient saisies de crainte et d'étonnement. Et elles n'en dirent rien à personne, tant elles étaient effrayées. »

9. « Or, Jé$u$ étant ressuscité le rhalin^ le premier jour de la semaine^ apparut premièrement à Marie-Madelainej de laquelle il avQÎt chassé sept démons, »

iO. a Et elle s'en alla, et f annonça à ceux qui avaient ét^ avec lui y et qui étaient dans le de^^il et d^n^ les larmes. »

11 . « Mais eux, lui ayant entendu dire quil était vivant^ et qu'elle Cqvaityu, nç le crurent point* »

12. (( Après cela il sç montra sous une aut^re forme à deux d'entre eux. qyâ çtaient en chemin pour qllçr à (d campagne. »

13. « Et ceux-ci s'en nUçx^^ '^ d.irç nu^ autres disciples; mais ils ne le crurent pas not\plyifi, »

14. (( ^nfin i{ se v^^çn^ra^^ q^ço çi^zç apôtres, fomy^ie ^Is étaient à table, et ii leur xçjfXOcha leiix incrédulité et (a di^-^ reté de leux cœur^ paxc$, (^y^m ^l'avq^em pas cru ceux qui l'avaient vu ressuscité. »

15. (( E( il leur dj^t : A{l,^^VQUs-e}t pqr tout U mondée, et prêchez r Evangile fl (P?(^, çjçéattjixe humaine, »

16. « Cçlùi quf croira et qi/A ^çkq, bçiptisé ^ sç^u sa^uvp ; mais celui qui ne croira poiif,i ^era cQî]tdamné^ »

17. a Et VQiçi les miv<icles qui accompagneront ceu^ ^ui auront cru : Ils chasseront Içs ^r^gns er^mot^ noni^ ilsi pqrleroxit de nouvelles langytçs,} )>

18. c{ Ils chasseront l^ sierpei^tsi; quan^ ils auron^ bu quelque breuvage mortel, i{ ne le^r fera point de xna{f \ts imposi^ront les rnains au^ mjf{{ades^ et \ls seront guéris, v

19. (( l,e Seigneur Jé^us, (j^rèsjeur avoir ainsiparlé, fut enlevé au ciel, ^t il s\ssit q. Iq, (jixoite de l)içH. »

20. « fit eux, éfçint partii ^ prêchèrent partoff^t; le Seigneur opérçint çiveç çux , çt çonfirmq^nt Ut parçl^ pqr Ifis miracles qui l'accompagnaient. »

En comparant le tçxte ^ç ces dçu)f chs^pitres ^yf c celui des deux derniers de Salai Matthieu, on remarquei^a, çomqie dans beaucoup çl'autres lieijx , ^'une part , une telle sixni- Jitude d'expressions qu'il est évident que l'un de§ aii^t^ur^

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a emprunté ^l'autre; et 4'autre part, des différences qui établissent des cootradictioi^s également manifestes.

Par exemple , Saint Matthieu dit que les gardes qui se trouvaient au crucifiement présentèrent ^ Jésus up breuvage composé de vinaigre et de fiel , qu'il refusa de boir^ ; t^ndi^ que ^ 4'^pr^s ^^^9T U4.W , c'était du TÎn mêlé avec de 1^ myrrhe.

Suivant le pipemîer, l'aiige qui parla aux femmes ^tait a^i§ en debqrs du sépulcre sur la pierre qui l'avait fermé ; et suivant le second » C6t ^nge se trouvait à droite dans l'intérieuf du caveau» d'oii il est évident qu'au moins l'un ^es deux Éyangélistes est dans l'erreur.

Suivant Saint M^'^thieu, le ipéme ange djt ^ ces feoi^nie^ que Jésus allait devant ses di^iples en Galilée , et qu'ils lo verraient Ik ; un ins^a^it après , ^e Sauveur lui-rpêp^e ap-: parut k ces femmes , et leur dit ^ale|[nent qu'il s'ep al^if devant ses disciples ep Galilée , qu'ils devaient s'y rendi^e de leur côté et que c'est Ik qu'^s le verraient ; ce qui fut en effet, suivant c^t Évangéliste» qui ne parle aucuuen^epf de l'apparition de Jésus à aucun de» disciples à Jérusaleof) P9 daps les environs; et ce qui est pluç remarqua|4^ encor^, c'est qu'il ne h\\ p^s 1^ pioindre mention dç %op Ascension, événement cependant ^/upe telle ip^çrtanice , qu'il est impossible qu'il en ait eu cpnQ^ii^sance s;tn$ ^ parler.

D'après Saint Mahg, au contraire, T^nge dit aussi à cei; femmes de dire aux disciples qu'ils devaient se repdre en Galilée, où ils verraient le Sauveur; et uu peu plus loin, l'Évangélistç parle cepepdant aussi de l'apparitiop de Jésus^ mais à Marie-Madel2\ine seulement, ne nommant pas ses compagnes. Mais malgré l'assurance de l'ange que Jésus allais devant ses disciples en Galilée, l'Évangéliste ajoute que le Christ apparut d'abord à deux de ses disciples à U campagne , et peu après à tous les Apôti;eç réunis ^ et d^ qu'il 9'éleva immédiateipen^ s^p^^s ai^ ciel, où il ^'assit à 1^

droite de Dieu; c'est-a-dire qu'il ne s'en alla pas du tout en Galilée ; double contradiction dans laquelle TÉvangéliste se trouve ainsi avec lui-même; et d'après ce qu'il dit, Jésus- Christ serait, en conséquence, monté au ciel k Jérusalem même.

Quant h Saint Luc, il entre dans des détails plus circonstanciés en contredisant à la fois Saint Matthieu et Saint Marc, disant : Chap. XXIII, 33. « Et quand ils furent au lieu appelé Calvaire, ils le crucifièrent /à, et les malfaiteurs, Vun à sa droite , et Vautre à sa gau^che. »

L'Évangéliste emploie ici le mot Calvaire , en latin Calvaria (crâne), traduction du mot hébreu Golgotha qui a la même signification , nom que portait la montagne sur laquelle Jésus-Christ fut crucifié. L'emploi de ce terme latin dont se sert aussi Saint Jean laisse penser que Saint Luc a écrit en latin, et non en grec comme les autres Évangélistcs , ou bien en hébreu ainsi qu'il eût été plus naturel pour des Juifs; mais comme on sait que Saint Luc a également écrit en grec , il est plus probable encore qu'il a en cela copié simplement Saint Jean.

Verset 44. « Il était environ la sixième heure, et il se fit des ténèbres sur toute la terre jusqu'à la neuvième heure. ■

45. « Le $oleil s'obscurcit , et le voile du Temple se dé" chira par le milieu. »

46. « Alors Jésus, criant à haute voix, dit : Mon Père, JE REMETS mon ESPRIT ENTRE TES MAINS. Et ayant dit ccla , il expira. »

Ces paroles , les dernières qu'auraient prononcées Jésus avant d'expirer, ne s'accordent pas non plus avec celles rapportées par Saint MATTmEU et Saint Marc. Or ici, on est disposé à croire plutôt k la version de Saint Luc; car l'exclamation : Mon Dieu, mon Dieu, m'aurais-tu abandonné? que rapportent ces derniers évangélistes, exprimant un doute dans l'assistance continue de Dieu , n'est pas dans l'esprit de la fol pure et inaltérable du Sauveur; tandis que la phrase

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