III. G
81 TH^LOGIS Dfl lA IIATVllB.
lextie des qtMtt ÉVAngétiêtes enx-<nidmeii , cemment prat-il être possible qu'an ange ait appris k Sainte Marie qu'elle était énoeinte par la vertu ^u SaintrEsprit , et qu'elle meUpait au monde le Sauveur, depuis si longtemps attendu des Juifs ?
En effet , si Sainte Marie eût su qu'elle était enceinte par le Saint-Esprit, elle n'eût certes pas manqué de le dire k Jt>seph , dès qu'dle fut demandé en mariage , et ne l'eût pas laissé dans l'ignorance d'un fait d'une aussi haute importance, tandis quelle lui laissa au contraire croire qu'elle avait, avant lui, déjà connu d'autres hommes; erreur d'où il fbt tiré, non par elle , mais par un simple songe , qui le décida , soit à épouser cependant Marie, soit k la garder, $i déjà elle était sa femme; ce qui prouve encore que Sainte Marie ellemême ne croyait point au miracle dont elle était, dit-on, l'objet; miracle qu'on ne peut admettre que comme une histoire imaginée après, pour donner k Jésus-Christ une origine divine , tandii^ qu'il était en réalité le fils légitime , premier-né de Joseph ; et dans ce sens qu^il avait été conçu par une vierge.
En effet , si dans la famille de Jésus-Christ on eût su quMl était le Messie et le Fih réel de IHeu , sa mère, son père adoptM" et ses frères auraient non-seulement cru en lui , mais il l'eussent suivi partout dans ses prédications ; et ses propres frères seraient devenus ses premiers disciples; tandis qu^iis ie laissèrent aller seul avée des étrangers , et ne crurent pas en lui , ainsi que le dit formellenient Saint Jean, l'évangéliste. Ilr Tabandonnèrent même teileAient que tes trois premiers Évangélistes ne parlent jamais de sa famille que pour citer un fait peu amical de la part de Jésus-Christ envers sa mère et ses ft'ères , qui vinrent un jour k la maison où il était, en demandant k le voir (Saint Matthieu XII, 47) : « Et (pielqu'un lui dit : Voilà , ta mête et tes frères sont là dehors^ qui demandent à te parler. »
48. c( Mais il réponâit à celui qui lui avait dit cela : Qui est ma mère et qui sont mes frères ? »
48, « Mt iknd^fU «a tnai» mr Mi^ékeipks , il âiê: V&ici ma mèr$ et nies frires. »
SO. « Car quiconque fera la vokmté de mon Pire qui est aux cieuiiû , cest celui-là qui esl mon frère^ et ma sœur et md fiMre- »
• Fait rapporté aussi k peu près dans les mêmes termes parSAUtT Marc, Chap. Ill, 31; et la réponse de Jésus-*Christ semble indiquer que sa mère et ses frères , ne faisant pas k son avis la volonté de sou Père céleste , il ne les considé^ rait ps^ comme étant ses parents; et en effet, aucun des trois premiers ÉvangélistfiS ne dit même que quelqu'un de sa famille ait été k Jénisalem lors de 1« mort de Jésus-* Christ.
Saint Matthibu dit settiemeat (Chap. XXVII) en parlant du crucifiement :
Verset 55. « ii y amit aussi là plusieurs femmes qui regardaient de loin , et qui awiei»! ^m Jésus depuis la Gali-* lée^enle servarU; »
56. ^ Entre ksqudles étaienl Marie- Magdslaine, et Marier mère de Jacques et de Joses , el la mère des fils de Zébédée. »
Mais quoique Jésus-'CbrisI eût deux frères nommés Jacques et JosES , il n'est pas certam que la femme désignée ici par rÉvangéliste sws le nom de Marie, mère de Jacques et de Joses , fût Sainte Marie, car il ait non^^enlement été plus convenable de la nommer la mère de Jé^us^Cbrist, maisen-^ coreles deux disdples^nqmmés Jacques {.étaient l'un fils de Zébédée, l'autre fils d*Alphée, et n^n de Josepb ( Voyee SjUNt Matthieu, Chap. X, 3).
Saint Marc ( Chap. XV, 40 ) cite également ces noms et à peu près dans les mêmes termes ; et Saint Luc (Chap . XXI V\ 10) indique aussi les mêmes femmes comme ayant suivi JésttS'Cbrist.
Quant à Saint JEAN,il est piusformel, disantauCuAP. XÎX) 25 : 9.0rj lamàre-deJésuSj et la sœur de sa mère, Marie^ femme de Ciéopcw, et ttarie-Méidelaine^ se tenaient près de sa croix, »
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36. « Jésus donc vx>yant sa mère , et prés d^elle te disciple qu'il aimaitj dit à sa mère: Femme , voilà ton fUs. »
27. « Puis il dit au disciple : VoUà ta mère. Et dés cette heure^là ce disciple la prit chez lui. »
Et cette recommandation montre surtout que Jésus-Chriêt n'avait pas de confiance dans Vassistance que ses frères et ses sœurs pourraient donner à leur mère.
Ce silence des Évangélistes sur l'intérêt que prirent les parents de Jésus à ses prédications, prouve déjk qu'ils ne croyaient pas a sa mission divine ; ce que Saint Jean exprime d'ailleurs formellement dans le chapitre VU, cité plus haat, page 81 ; d'où l'on voit que non-seulement ils ne le regardaient pas comme étant le Fils du Dieu créateur , dans l'acception ordinaire qu'on attache au mot filSj mais qu'ils ne ne le considéraient pas même comme étant le Messie.
Enfin, il ressort de tout ce que le Sauveur a dit luimême pendant tout le temps de ses prédications , que jamais il n'a prétendu attacher cette idée à ce terme, quand il lui arrivait de se nommer, vers la fin de sa vie, le Fils de Dieu^ ou de parler de l'Être Suprême , comme étant son Père ; tandis qu'au commencement, il se nommait toujours le Fils de V Homme; terme déjk employé avant, dans l'Ancien Testament, pour indiquer simplement l'Être humain. Et si Jésus-Christ se nommait le Fils de Dieu , ce n'était jamais pour se distinguer par Ik , en essence des autres hommes , mais uniquement pour exprimer qu'il était uni a Dieu par sa foi et par son amour , comme les enfants d'une même famille sont unis k leur père ; condition dans laquelle tous les hommes devraient se trouver , pour être dignes de la bonté paternelle du Créateur, et mériter d'être nommés ses enfants. Cette idée , il l'a très-souvent exprimée dans ses exhortations k ses disciples, qu'il nomma dans ce sens également les enfants de Dieu , ainsi qu'on le trouve déjà dans la sublime prière de Y Oraison dominicale ^ et quand il dit k ses disciples ( Saint Matthieu , Yl, 7): « Or^ quand vous
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priez, n'usez pcLS de vaines redites ^ comme lespàiens; car ils croient qu* ils- seront exaucés en parlant beaucoup. »
8. ^Ne leur ressemblez donc pas; car votre Père sait de quoi vous avez besoin , avant que vous le lui demandiez. »
9. « Vom donc priez ainsi : Notre père qui es aux deux , ton nom soit sanctifié; etc. »
Ilditainsi formellementqae leshommes doivent appeler Dieu leur PèrCj tout comme il le fait lui-même; opinion exprimée encore un grand nombre de fois ailleurs , dans les Évangiles , par exemple dans Saint Matthieu, Ghap. Y, 44, où il est dit:
« Mais moi je vous dis : Aimez vos ennemis , bénissez ceux qui vous maudissent^ faites du bien à ceux qui vous ha'issent , et priez pour ceux qui vous outragent et qui vous persécutent; »
45. « Afin que vous soyez enfants de votre Père qui est dans les Cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons , et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. »
48. c Soyez donc parfaits , comme votre Père , qui est dans les Cieux , est parfait. »
Chap. VI, 4 : < Prenez garde de ne pas faire votre aumène devant les hommes , afin d'être vus; autrement vous n'en (xoez point de récompense de votre Père qui est aux Cieux. »
4. « Afin q%Ae ton aumône se fctsse en secret; et ton Pèrèj qui te voit dans le secret , te le rendra publiquement. »
6. c Mais toi , quand tu pries , entre dans ton cabinet , et ayant fermé la porte , prie ton Père qui est dans ce lieu secret; et ton Père qui te voit dans le secret ^ te le rendra publiquement. »
18. « Afin qu*il ne paraisse pas aux hommes que tu jeûnes , mais seulement à ton Père qui est en, secret; et ton Père qui le voit dans le secret , te récompensera publiquement. » . Chap. XXUI, 9 : * Et n'ap2)elez persofine sur la terre votre
S6 TmEoLOODs bu la nature.
Père , car vous n'avez qu'un seul Père , savoir^ celui qui est
dans les deux. »
Dans Saint Luc, Chap. XII, 29, od «trouve également
que Jésus- Christ dit a »es disciples : « Ne vous mettez donc
point en peine de ce que vous mangerez ^ ou de ce que vous
boirez y et n'ayez point l'esprit inquiet. »
30. c Car ce sont les nations du monde qui recherchent toutes ces choses; mais votre Père scdt que vous en avez besoin. »
31 . « Mais cherchez plutôt le royaume de Dieu , et toutes ces choses vous seront données par-dessus. »
32. « Ne crains points petit troupeau; car il a plu à votre Père de vous donner le royaume. »
Et surtout dans Saint Jeam, Ghap. XX, où il parle de Tapparition de Jésus à Marie-Madelaine , après sa résurrec* tion, disait :
Verset 17. < . . . • iVe fn« touche points car je ne suis pas encore monté vers mon Père; mais va vers mes frères , et dis leur que je monte vers mon Père et votre Père , et vers MON Dieu et votre Dieu. »
Il est vrai que , pendant ses prédications , ses disciples le nommèrent souvent le Messie^ ou le FUs de Dieu^ et cela sacs doute par enthousiasme pour sa sublime vertu ; mais il ne parait pas qu'ils aient attaché k ces titres d'autre idée que celle d'envoyé de Dieu ; signification qu'a eue en tout temps le mot de Messie ou de béni de Dieu ; et cela est si vrai , que malgré ce qu'il a fait, malgré la sublimité de $a doctrine et les assertions qu'il l^ur donnait souvent qu'ils étaient par lui sous la protection spéciale de l'Être Suprême , ils ne l'ont jamais compris, ne voyant en lui qu'Ain libérateur qui les affranchirait du joug étranger, et monterait sur le trône de David son ancêtre. Cette foi en sa puissance fut toutefois si faible, que tous s'enfuirent quand on vint se saisir jje lui; et même Saint Pierre, qu'il avait nommé le Pasteur du troupeau de ses disciples ^ le renia trois fois au moment; du plus léger danger pour sa propre personne.
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quoiqu'il fût averti depuis la vâlle par Msus-Gbriet de ee manque de dévoueuieiit.
Cette vérité que les Apôtres mêmes ue Tout pas com* pris pendaDt tout le temps de ses prédications , est d'ailleurs formeHemeut eisprimée^ d'abord par Jésus^Cbrist luî-méine, et en outre plusieurs fois dans le récit des Évangélistea» C'est ainsi que le Sauteur dit a ses disciples qui ne purent guérir un lunatique que son père avait présenté k cet effet k ces derniers (Saint MAtTHiEH) XVII^ 17) :« O raee incrédule et perverse , jusqu'à qumid seraiit avec wmsl Jusqu'à quand vous supportetai-iB? Amenen^le-moiici. »
19. c( Alors les dtseiples infirma en partisulier à Jésus ^ èi lui dirent : Pourquoi n'avons-ifums pu ehasser ce démon? »
80. « Et Jésus leur répondit ; C^t à cause de votre incréâuHii; car je <^<mâ dis en vértU que èi veus aviez de la foi ^ aussi gros qu'un grain de moutarde , vous diriez à cette mon^ ta§ne : Transporte^toi d'id Jd, et êUe s'y tronspor/eratt, et Hen né vous serait Impossible. »
On trouve de même dans Saint Jean, Chap. XYI, qm Jésus dit il ses disdpleft :
l^rset 16. « iktns pm de^ tennis vous ne me verrez plus ; tt un peu de temps après , vous me reverrez ^ parce que je m'en mis à mon Pire. %
il, € Et quelquet*mis dé êês iisdples se dirent les uns an» aiutrès : Qu'ést^e qu'il MMtè veut dire : Dams peu de temps vous ne me terres pUi$s et i Un peu de temps ^pfès ^ tkiàê mM reverrêzt et : P«rcé quèj0 fA'ên v(U$ à im^n Père? »
i9. « Ils disaimt doné :- Qu'ést-oê ^'il teui dire : Da/às peu àe tempe? Nans M Mi^dn» ce qvfil veu4 dire, »
SiiMt Ltfo etpriflia ta même chose, aaCÉAP. XXIV, eb parlant de l'apparition de JéSus^Gbmpt- après sa mort k deux de ses diseipléi sur le cbemiti d- E^îimaus « disant que ees derniers er^retu toojèi»^^ qu^'it 4iéK'9rerait le peuple d'Israël , oà Von troiifis, M fers^ 17, <faè Jésus apparaissant k ces
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deux hommes sous la forme d'un voyageur, il leur demaudav: <( De quoi vous entretenez-vous dans le chemin , et pourquoi êtes'VOus si tristes? »
18. c( Vun d'eux^ nommé Cléophas^ lui répondit : Es-4u seul si étranger à Jérusalem , que tu ne saches pas les choses qui s'y sont passées ces jours ci? »
19. c Et il leur dit : Et quoi? Ils lui répondirent : Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth , qui était un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple; »
30. i Et comment les principaux sacrificateurs nos magistrats Vont livré pour être condamné àmort^ et Vont crucifié. » . 21 . c Or^ nous espérions que ce serait lui qui délivrerait Israël ^ et cependant , vote» déjà le troisième jour que ces choses sont arrivées. »
22 « Il est vrai que quelqtAcs femmes , de celles qui étaient avec nous , nous ont fort étonnés ; car ayant été de grand matin au sépulcre , »
23. < Et n'y ayant pas trouvé son corps , elles sont venues dire que des anges leur ont apparu et leur ont dit qu'il est vt«tant, » ' .
24. «c Et quelques-uns des nôtres sont àllésyau sépulcre^ et ont trouvé les choses comme les femmes V avaient dit; mais ils ne Vont point vu. »
25. <K Alors il leur dit : gens sans intelligence et d'un cmur tardif à croire tout ce que les prophètes ont ditl »
C^est de même aussi que Zacharia le Prophète, père de Saint Jean**Baptiste , qui prédit, suivant Saint Luc, l'arrivée de Jésus , Tannonça également comme un Sauveur^ qui devait délivrer le peuple d'Israël de la main des étrangers.
Enfin Saint Luc , aux Actes des Apôtres , Chap. I, dit au Ver^t 6, que Jésus-Christ ayant recommandé à ses disciples de rester à Jérusalem pour y attendre la promesse du Père, dont il leur avait parlé, ils lui demandèrent : « Seigneur, serorce en ce temps que tu rétabliras le royoïume d'Israël? »
Quant à Topiman généralement admise par la plupart