‹ Theologie de la nature (volume 3)Chapitre 53 sur 77 · HAP1TR£ XVI · texte numérisé non relu

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sauraient être reaponsables de leurs actes i mais enoore que leur volooté ne serait qu'un mot vide de sens, et que finalement ils n'auraient pas k se régler ni d'après elle, ni d'après aucune pensée qui se présenterait dans leur esprit ; à moins que cette induction ne soit irrésistible comme l'est l'instinct des animaux , signe caractéristique de la volonté du Très- Haut 9 de manière qu'en dernièj^e analyse personne n'aurait à s'occuper en rien de l'avenir, pas même de chercher k se procurer la moindre nourriture ^ que Dieu doit lui offrir s'il ne veut pas.expressément qu'on meure de faim ; en résumé , que tout soin qu'on prend de sortir d'une fâcheuse position devient inutile si l'Être Suprême a en vue qu'on doive y rester.

Or c'est en effet cette prétendue fatalité, due k la vo^ lonté de Dieu dirigeant tout , qu'on nomme la Prédestination; fatalité constituant un principe qui entre encore comme un véritable dogme dans la doctrine de certaine religion , terme dont l'étymologie dit que , c'est la destinée déterminée d* avance; c'est-à-dire qu'on admet par cette croyance que non-seulement tous les actes du moment sont réglés par la Providence, mais quils le sont même dès avant la première origine de chaque Être , et constitue une fatalité Sa laquelle'nul ne saurait échapper.

On ne conçoit pas comment le plus léger examen de cette opinion n'ait pas fait ressortir de suite toute l'énormité de rerreur qu'elle renferme , ainsi que les déplorables conséquences auxquelles elle conduit. En effet , comment peuton se permettre de blâmer, et surtout de punir, un acte aie quel celui qui l'a commis a été irrésistiblement forcé par la toute-pvissftnee de Dieu , et cela déjà par une malheureuse prédestination k laquelle il a été condamné déjà avant sa nais^nce? Cette inconcevable croyance ne renferme-t-elle pas implicitement non pas le droit au pardon et à la miséricorde divine, mais réellement la rationnelle excuse de toute faute qu'on puisse commettre?

Enfin que deviennent en présence de cette croyance à la

prédestination la morale des hommes et la règle de leur conduite par rapport à la responsabilité des actes de toute leur vie devant leur juge suprême , où ils auront un jour à en rendre compte , ainsi que cela ressort de la toute-science et de l'immuable justice de TÉternel? Ce prétendu article de foi n'est-il pas en contradiction manifeste avec ces derniers? d'où il est évident que l'un ou l'autre doit être erroné. Or €omme le dogme de la miséricorde divine est fondé sur ceux de la bonté et de l'immuable justice de TËtre Suprême, c'est celui de la prédestination qui doit être rejeté , sauf k concevoir comment il peut s'accorder avec le principe de l'omniscience de l'Être Suprême. Or ces deux dogmes me paraissent pouvoir parfaitement s'accorder.

En effet, quoique Dieu soit par lui-même réellement omniscient, c' est-à-dite que dans le principe rien ne peut lui rester caché, il peut toutefois y mettre des bornes volontaires selon qu'il le juge convenable dans la haute sagesse de ses vues, sans limiter pour cela ce pouvoir lui-même, pouvant toujours revenir sur cet acte de sa volonté , lui seul étant maître absolu en toute chose. C'est un chef qui abandonne temporairement ses inférieurs k leur liberté d'action , sauf k les soumettre de nouveau^ soit tous, soit chacun individuellement, k sa puissance, quand il le juge k propos , en leur demandant compte de remploi de leur temps et de leurs actes. C'est de même aussi, et seulement de même qu'on peut admettre cet autre dogme de la religion chrétienne , cor(rftorre du premier, que les hommes libres , pendant leur existence sur la terre , auront k rendre compte nn jour devant leur juge suprême, de l'usage qu'ils ont fait de la faculté qu'iUeur a accordée de se déterminer librement en chaque chose, selon qu'ils le trouvent convenable; le Créateur ayant, k cet effet, mis dans leur coeur le sentiment instinctif du bien et du mal , du juste et de l'injuste, comme une vive lumière , dont la clarté peut les guider dans le sentier accidenté de k vie , où les instructions morales de

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quelques boinmos plus réfléchis peuvent indiquer les écucits quils doivent s'efforcer d'éviter. '

En effet, tous les moralistes et les théologiens qui ont écrit sur les conditions du devoir dans lesquelles les hommes se trouvent à Tégard de l'Être Suprême, ont toujours admis cette liberté d'agir de Thommc, sous le nom de libre arbilre. Or ce mot àe liberté indique par lui-même Tindépendance envers quelqu'un; et ici ce ne peut être qu'a l'égard de Dieu même;. indépendance qui exclut toute idée de Prédeslimtiony et en conséquence de Prescience de la part de Dieu des actes des hommes; vu qu'a Tinstani où l'Être Suprême sait que tel homme produira tel acte , cet homme n'est plus libre, ne pouvant pas donner de démenti i la Prescience de Dieu etmoiqs encore à la Prédestination par lui; ce qui est au fond la même chose; car soit que l'Être Suprême sache que tel homme fera tel acte avant qu'il en ait formé le projet, soit qu'il le force h le faire , c'est de chaque façon lui enlever toute liberté de se déterminer suivant sa volonté, OQ, coname on dit, d'après son libre arbitre.

Cette indépendance de l'homme dans les actes de sa vie ne renferme pas toutefois implicitement, ainsi que je viens de le dire, l'idée d'une liberté absolue, et l'impossibilité dans laquelle serait TÊtre Suprême de savoir ce qu'il pourra faire; x^ette andépendance n'étant qu'accordée et révocable k tout mcHonent k l'égard de chaque individu , et, en quelque sorte, pour chacun des actes qu'il peut ou doit produire; absolument comme dans l'exemple cité un peu plus haut. C'est au contraire précisément sur cette possibilité même que la Divinité peut intervenir dans nos affaires terrestres qu'est fondé Tespoir que dans sa miséricorde elle voudra bien nous guider sur le chemin de la vertu , lorsque dans le vif désir de lui complaire , nous nous sentons hors d*état de nous diriger nous-mêmes, nous lui demandons d'un cœur contrit et sincère, de bien vouloir nous indiquer la voie que nous devons suivre pour arriver k ce but si ardemment désiré, m. 1 1

Dans co cas , le mérite que nous pouvons avoir aux yeux de rËtre Suprême ne réside que dans ce même désir de bien faire par amour pour lui; et nous pouvons espérer de Ih qu'il nous assistera dans l'objet de notre prière, en nous donnant entre autres la force de surmonter les obstacles que nous pouvons rencontrer.

La seule prière qu'on puisse, en outre, dignement adresser à l'Éternel , est celle où Ton implore sa grâce dans les circonstances les plus importantes de la vie , circonstances parfaitement pures de tout intérêt contraire à la justice et k la loyauté la plus rigoureuse; et cela encore en l'accompagnant de la condition restrictive de n'accorder U bienfait demandé qu autant qu*on pourrait Vavoir mérité par un sincère amour pour lui et une conduite irréprochable envers le prochain ; dispositions qui peuvent seules rendre l'homme digne de la bienveillance divine, convaincu qu'on doit être que, sans cela, la justice du Très-Haut restera inflexible. Ce n'est que par ces ferventes prières d'un cœur profondément ému du désir de voir son juste vœu exaucé, et pénétré de la plus sincère contrition , qu'on peut espérer que l'Esprit viveaient affecté puisse s'élever jusqu'au Tout*Puissant avec l'espoir de quelque succès par la miséricorde divine.

Hors ces deux cas, adorez Dieu mais ne le priez janaais. Adorer rÉternel, c'est s'humilier devant sa majesté suprême, qui dans sa toute-puissance a tiré l'univers du néant, par l'unique effet de sa volonté; c'est rendre un respectueux hommage k sa sublime sagesse par laquelle il a tout ordonné pour le maintien de ta plus parfaite harmonie dans la Nature, afin de rendre ce qu'il a faitk tout jamais possible; c est lui exprimer du fond du cœur notre reconnaissance pour l'ineffable bonté avec laquelle sa paternelle sollicitude a doué chacune de ses innombrables créatures de tout ce qu'il lui faut pour son bien->étre : c'est lui exprimer l'admiration que nous inspirent ses œuvres , dont la moindre dépassant infiniment toute intelligence humaine, ne peut qu'exciter en

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