‹ Theologie de la nature (volume 3)Chapitre 6 sur 77 · CHAPITRE XT. iS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XT. iS

rÉvaDgéliste lui-même, et entre autres par Saint Paul, celui-ci disant dans son Êpitre aux Romains iRou. I, 1, « Paul^ serviteur de Jésus-Christ, appelé à être Apôtre^ mis à part pour annoncer V Évangile de Dieu, »

2. « Qu'il avait promis auparavant par ses prophètes, dans les Saintes Écritures, »

3. « Touchant son fils , qui est né de la race de David selon la chair, »

A. « Et qui , selon T Esprit de sainteté , a été déclaré Fils de Dieu avec puissance, par sa résurrection d'entre les morts; savoir, Jésus-Christ Notre Seigneur. »

Ce passage prouve que Saint Paul n*a point appliqué ce mot de Fils dans son sens propre, absolu, mais simplement dans cette acception que tous les hommes sont enfants de Dieu, ainsi qu*il s'exprime au Chap. VIII, 16, de la même Épitre, disant : n C'est ce même Esprit qui rend témoignage à notre esprit , que nous sommes enfants de Dieu. »

Saint Paul dit ainsi formellement que Jésus est né suivant la chair, c'est-à-dire comme homme , dans la famille de David, ou, en d'autres termes, qu'il est fils de Joseph, et qu'il ne fut déclaré fils de Dieu que pour son esprit de sainteté. Ce passage est ensuite d'autant plus remarquable, que Saint Luc , qui seul a parlé dans son Évangile de l'Annonciation de l'Ange Gabriel à la Vierge Marie , qu'elle était enceinte par Teffet du Saint-Esprit, a partout et longtemps voyagé avec Saint Paul, auprès de qui il remplissait les fonctions de secrétaire, sans avoir convaincu ce dernier de la vérité de cet événement d'une aussi haute importance; fait dont l'Apôtre, s'il y avait cru, n'aurait pas manqué de tirer le plus grand parti dans ses instructions apostoliques. Or cette opinion de Saint Paul , au sujet de la nature de Jésus-Christ par sa naissance , se trouve en outre précisée au Chap. IV, où il dit, Verset i : « Quel avantage dirons-nous donc qu* Abraham^ notre père selon la chair, a obtenu? n Cette locution , Père selon la chair, que l'Apôtre emploie ici à

regard de tous les Israélites comme descendanls d'Abraham, et qu'il emploie aussi en parlant de Jésus-Christ comme fils de David , fait voir que, dans son opinion , le Sauveur était descendant de ce roi au même titre que tous les Juifs k l'égard d'Abraham leur ancêtre.

De même aussi les paroles dont se sert Saint Pierre au second Chapitre des Actes des Apôtres, rapportant la prophétie du roi David au sujet de Jésus-Christ, disant Verset 30, en parlant de ce roi : a Mais étant Prophète , et sachant que Dieu lui avait promis avec serment quil ferait naître le Christ de sa postérité selon la chair, pour le faire asseoir sur son trône, » ne laissent aucun doute que , malgré le nom de Fils de Dieu, qu'il avait donné avant par admiration a Jésus*- ChrivSt, il ne l'ait cependant toujours considéré comme descendant de David, et, par conséquent, comme fils de Joseph, passage d'autant plus h remarquer, qu'il se trouve également dans les Actes des Apôtres rédigés par l'Évangéliste Saint Luc.

Cette croyance à l'essence purement humaine de Jésus- Christ est en outre clairement exprimée dans divers autres passages des Actes des Apôtres. C'est ainsi que dans la première ËpUre aux Corinthiens , Saint Paul dit(CHAP. XV, 21 et 22) : « Car^ puisque la mort est venue par un homme , la résurrection des morts est venue aussi par un homme. »

23. <x Car, comme tous meurent par Adam, de même tous revivront par Christ.

Saint Paul dit en outre, dans sa première É pitre à Timo* théCj Chap. II, Verset 5 : « Car il y a un seul Dieu, et un seul Médiateur entre Dieu et les hommes^ Jésus- Christ homme. »

Le même Apôtre dit aussi dans son Êpltre aux Philippiens, Chap. II, 5 : « Ayez les mêmes sentiments que Jésus- Christ aeus, i>

6. « Lequel étant en forme de Dieu, na point regardé comme une usurpation d'être égal à Dieu ; »

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7. « ntaiê-il $^tst ànkmii M-^mifm^ M prenant la forme de serviteur, ^t se. rendant sembkéle a%tx hommes. »

Cette même opiDioo est encore exprimée par Saint Pierre dans les Actes des Apôtres y CnkP. Il, dés ferseis 14 h 30, où il est dU au Verset â9 : « Mes frères y je pnis hien vous dire avec asmraneej touchant l& patriarche David , qu'il est mort, .et qu'il a èt^ enseveli^ et que^son sèpulcire est encore aujourd'^hui parmi nous, ]>

Enfin SkTtn Jexn, r Apôtre, qui prêcha TÉva^igile dans nie de Pathmos , dit (dans Y Apocalypse , XXII , 16) , en rapportant dés pareles de Jésus-Chirist qui lui avait apparu : « Moi y Jésus»ifai envoyé mon Ange pour vous rendre tèmoignàge de ces choses dans les ÊgKses, Je suis le rejeton delà postérité dé Savii^ Vifto^ briUante du matin, » Telle était la croyance de Saint Jean} qvke péut-on vouloir de plus?

Si, vers la fin de sa vie, Jésus-Otirist s'est ddnné lui-même la qualifiùation de HiBssifi, c'es^ qu'il a dû croire, en eflet, qu'il était l'envoyé' de Dieti , ayant mission de régénérer le genre hamaîa , en le ramenant sur la seule voie qui conduit à Dieu el à la félicité de la vie éterâelle. ■' '

Pour ce qui est du nom de Fils de Dieu qu'if pf il souvent aussi lui-même, il ressort de la manièfi^ la plus évidente, des Évangiles , quMl n'attachait 1i cette qualification ^ue la seule idée que tous les hommes étaient les Enfants de leur Père éternel ; titre que méritent du nioins surtout ceux qui , ï l'instar de Jésus Christ, vivent dans la loi en l'Être Su-préme. C'est partout 4ans cette acception de ce nom , qu'il exhortait les hommes \k persévérer dans leur fidélité envers Dieu pour mériter la béatitude éternelle qu'il promettait au nom de son Père li ceux qui suivraient sa doctrine.

Quant aux Miracles de Jésus-Christ, dont parlent les Évân^ gélistes, je.n'ai, de même que pour ceux de Moïses, pas & en discuter la véeMé dans le présent ouvrage ; et fidèle au principe de ne rien croire sans preuves , je ne dois exprimer en conséquence- ici aucune opinion k ce sujet, objet de pure-

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consciefice » entièrement en dehors de la question qui nous occupe. Si Jésus -Christ a réellement eu le pouvoir de faire des miracles^ il ne m'appartient pas de le lui dénier; n'ayant pas les preuves démontrées de leur impossibilité ; preuves sur lesquelles je fonde partout les assertions négatives que j'avance ; et je dois en laisser l'appréciation aux Métaphysiciens et aux Psychologisfes, plus capables que moi d'en juger.

En effet, quand même le Sauveur n'eût fait aucun iniràcle, la morale qu'il a enseignée, ses vertus et sa piété si pure , n'en seraient pas moins sublimes ; et ce sont précisément ces principes religieux qui doivent faire le sujet de notre examen «

Mais anrétons ici cette discussion générale sur ces grands principes de la doctrine du Christ ; l'examen des Évangiles qui suit, où je me permets simplement de comparer les divers faits et assertions qui s'y trouvent consignés > éclaircira parfaitement ces questions de la plus haute importance pour la vraie Religion que Jésus-Christ a enseignée ; religion rigoureusement basée sur les deux dogmes fondamentaux de la croyance en un seul Dieu^ et de Yimmorialité de f Esprit; principes qui, ne pouvant blesser la conscience de personne , sont de Ik seuls capables de réunir tous les hommes dans les mêmes sentiments d'amour pour le Créateur, en n'adorant exclusivement que lui , ii qui ce respectueux hommage est exclusivement dû»

§ I. jÉvamgiles.

On sait que les Évangiles § tels que nous les connaisses, nous ont été transmis en grec et non en hébreu ou en syriaque, langues que parlaient Jésusr-Christ et ses Apôtres^ ainsi que cela est déjà indiqué, d'une part par le nom même de ces écrits , et de l'autre par le mot Christ qui signifie (Hnt^ terme qui est la traduction grecque du mot Messie^ ou plutôt

Misehiàh , qui , en hébreu » a la même signification ; et son» lequel on désignait l'envoyé de Dieu , qui , suivant les Pro^ phètes^ devait venir pour sauver U peuple d'Israël^ et qu'on reconnut dans Jésus.

Or ees Livres , éorita en langue étrangère k leurs auteurs , n'auraient-ils pas été de simples traductions des véritables originaux , et de Ik peut-être déjk altérés , ou bien écrits plus ou moins longtemps après la mort de Jésus^Christ par de simples historiens plus ou moins bien renseignés? Cette opi^ nion devient assez probable, vu qn'on y remarque, d'une part, de nombreuses contradictions entre les quatre Évangélistes ; et| d'autre part, soit tantôt une telle similitude de rédaction lorsqu'ils parlent des mêmes faits , qu'il est impossible qu'ils n'aient pas copié le même document ; soit qu'il existe entre eux des omissions ou des additions, même souvent des interversions dans la série des événements, ce qui prouve qu'ils n'étaient pas tous témoins oculaires des faits qu'ils rapportent. Mais ces nombreuses irrégularités prouvent en outre surtout que les Évangiles n'ont pas été écrits sous rinspiration divine » ainsi qu'on le prétend : Dieu ne pouvaut se contredire dans ce qu'il veut qui soit écrit.

J'ai déjk fait remarquer que Saint MAtTUiEU et Saint Jean sont les seuls des quatre Évangélistes qui aient été Apôtres, tandis que Saint Marc et Saint Luc ne l'ont pas été; et d'après ce que dit ce dernier lui-même (Chm>. 1, 1 ), il n'a pas même été disciple de Jésus ^ et en conséquence pas té* moin de ses miracles et de ses raseignements^ et ne rapporte que ce qu'il a appris par d'autres ; disant au lieu cité :

i . < Plusieurs ayant entrepris d'écrire ïhistoire des choses dmt la vérité a été connue p<xrmi mms avec une entière cerli^ tude; »

2. c Selon que nous les ont apprises ceucs qui les ont crues ëUx-mêmes dès 1$ commencement , et qui ont été les ministres de la paroh ; »

3. a J'ai cru aussi^ très*e3SceUmt Théophile^ que je devais te

âO THEOLOGIE DE LA NATURE.

les écrire par ordre j après m'en être exactement informé dés leur origine ; »

4. ^Afin que tu c(mna%sses la certitude des choses dont tu as été instruit. »

Saint Luc n'a donc, bien évidemment, pas écrit sous l'inspiration divine, comme on le prétend , disant lui-même que son récit est formé d'après les renseignements qu'il a pu se procurer , et de là , sans doute , d'après les écrits des autres évangélistes ; et en effet, une foule de passages sont copiés mot à mot de Saint Matthieu ou de Saint Marc ; et ce dernier qui , lui aussi , n'a pas été apôtre , a , très-vraisemblablement , lui-même copié Saint Matthieu ; et d'autres fois Saint Luc est en contradiction formelle avec eux. Cet Évangéliste est , comme je Tai déjk dit, également auteur de la partie du Nouveau Testament nommée les Actes des Apôtres , ainsi que cela ressort du nom de Théophile, donné à la personne k laquelle il adresse ces deux écrits , et en outre du Verset 1 du Chap. I de. ce dernier ouvrage, où il dit : « J'ai parlé dans mon premier Livre , 6 Théophile , de toutes les choses que Jésus a faites et a enseignées. »

2. < Jusqu'au jour qu'il fut élevé dans le ciel, après avoir donné ses ordres , par le Saint-Esprit , aux apôtres qu*il avait choisis. i>

D'après ces mêmes Actes des Apôtres, Saint Luc a accompagné Saint Paul dans ses différents voyages apostoliques , vu que dans la narration de ces voyages , il parle non-seulement k la première personne du pluriel , comme par exemple au Chap. XVI , 10 , mais Saint Paul le nomme plusieurs fois dans ses Épitres comme étant son compagnon et son collaborateur. (Voyez ÊpUre aux Colossiens^Vi ^ \i\ IL JSpître à Timothèe^ IV , 11 , et Êpïtre à Philémon, verset 24.)

Quant k Saint Marc , il n'est également nulle part fait mention de lui dans les Évangiles, mais bien dans les Épitres de Saint Paul, comme étant un de ses compagnons apostoliques ; si toutefois il désigne sous ce nom la même

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personne qui a écrit l'Évangile. ( Voyez Êpitre aux Colossiens, IV, 10. ) Saint Pierre, nomme également un Marc qu'il appelle son fils ( probablement son disciple )• ( Voyez première Êpître de Saint Pierre y V, 15.)

Lorsque plusieurs hommes écrivent l'histoire de leur temps et rapportent des faits dont ils ont une parfaite connaissance, ils s'accorderont bien quant à Fenchainement des événements et au sens précis des divers faits dont ils rendent compte ; mais il est impossible qu'ils puissent s'accorder , k la virgule près, sans avoir puisé à la même source. Or on pourra juger par les citations ci-après de plusieurs passages des quatre Évangiles, si leurs auteurs se sont purement et simplement copiés, ou non :

Saint Matthieu , Chap, III , 3 , dit : « Car cest celui dont léscham le prophète a parlé , en disant : La voix de ce^ lui qui crie dans le désert , dit : Préparez le chemin du Seigneur^ dressez ses sentiers* »

4. a Or ce Jean avait un tiabit de poil de chameau y et une ceinture de cuir autour des ses reins , et sa nourriture était des sauterelles et du miel sauvage. »

5. « Alors ceux de Jérusalem ^ et de toute la Judée ^ et de tout le pays des environs du Jourdain venaient à /tit; »

6. a Et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain ^ confessant leurs péchés* »

7. « Lut donc voyant plusieurs des Pharisiens et des Saducéens venir à son baptême , leur dit : Race de vipères^ qui donc a appris à fuir la colère à venir ?

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