‹ Théologie de la nature (volume 4)Chapitre 15 sur 136 · II · texte numérisé non relu

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50 TH^LOGll DB LA MATURI.

Lr quaatilé d'tiioieDts que la eavité digeatîve peut conlt^ nir devant être naturellement proportionnée k la masse du corps qui doit y puiser ses particules nutritives , et en outre en rapport avec la qualité plus ou moins nutritive de ces mêmes aliments , on conçoit que , lorsque le corps est long et grêle, il suffit que le canal intestinal aille en ligne droite de la bouche k Tanus quand les aliments contiennent beaucoup de parties assimilables ; tandis que si ces substances en ren* ferment peu, il faut que, d'une part, le canal alimentaire forme des dilatations telles qu'un Eslomac, ou Gésier^ ou un Jakot , capables de recevoir k la fois une grande masse de nourriture; et que d'autre part, le restant du tube digestif fasse de nombreuses circonvolutions pour présenter dans un petit espace une grande surface absorbant le cbyle ; condition surtout nécessaire lorsque le corps est gros. Celte loi , par* faitement confirmée chez les Animaux articulés , s'applique d'ailleurs à tout le Râgne amimal , et en conséquence aussi aux Vertébrés.

Dans les premiers Annélides, dont le corps est cylindrique, le tube digestif devient un canal généralement étroit, sans renflements notables; tandis qu'il forme des dilatations plus ou moins grandes dans les espèces k corps court et gros. Il offre les mêmes conditions chez les Myriapodes, dont le corps est également fort allongé, en y for^ mant toutefois déjk quelque inflexion, et en outre un petit Gèêier où les aliments sont plus particulièrement triturés.

Chez les Insectes, au contraire, dont le corps est généra** lement court, et dont la partie antérieure ou le Tronc, est plus spécialement destinée k renfermer les muscles moteurs des pattes et des ailes, et ne saurait en conséquence contenir aussi une grande portion de l'appareil digestif, celui-ci a été placé, plus particulièrement, dans l'abdomen qui lui est principalement destiné ; et Ik , pour atteindre sa capacité nécessaire, il forme, d'une part, des dilatations plus ou moins

CHAnTRS lY. 81

fortes, et de Tautre diverses cireonvolutions proportionnées

À LA QUALITÉ NUTRITIVE DES ALIMENTS ; et C'est déjh h CCtle

disposition qu*OD peut reconnaître si ces animaux se nourrissent de chair ou de végétaux; tant sont précises les

CONSÉQUENCES D* APRÈS LESQUELLES LE ToUT-PuiSSANT A CRÉÉ

CHAQUE ÊTRE ; ct il cu cst de même pour les Crustacés et les Arachnides.

D* autres indications plus spécialement caractéristiques de Ift nature des aliments dont se nourrissent les Animaux articulés, se trouvent ensuite , dans la conformation et la disposition des organes buccaux , mieux encore en harmonie avec ces subsiances que chez les Vertébrés , surtout dans les espèces les plus élevées dans leur organisation ; et cela est d'autant plus remarquable que partout les organes buccaux suivent une échelle de gradation plus uniforme que dans le premier Embranchement.

Nous avons vu que les premiers Annélides , les espèces les plus simples de tous les Animaux articulés, n*avaient aucun organe de mastication , leur Bouche n'étant qu'un simple orifice du tube digestif, par lequel ils reçoivent les aliments pour les avaler tels qu'ils sont. C'est ainsi que le Lombric ou Ver de terre, avale simplement le terreau dans lequel il vit, en absorbe les particules nutritives, et expulse le reste; souvent aussi il arrache, lorsqu'il le peut, quelques parcelles des plantes placées h sa portée.

Chez les Sangsues , qui viennent bientôt après dans réchelle de classification, espèces où il n'existe point encore de véritable tête distincte ; le premier segment de leur corps, dont 1 intérieur forme la cavité buccale, fait nonseulement rofiice de ventouse pour attirer le sang dont ces animaux se nourrissent, mais cette cavité renferme aussi un appareil fort remarquable de mastication servant k entamer les téguments des animaux dont ces vers doivent sucer le sang; ce qui nous offre encore un nouvel exemple de l'adhirarle harmonie qui règne partout jusque dans les

où THÉOLOGIE DE LA NATURE.

MOINDRES PARTIES DE L*0RGàN1SME ANIMAL POUR LES FAIRE CONTRIBUER À LA CAUSE FINALE.

Cet Appareil de masticatioD consiste en trois petites scies arquées, rayonnant vers Tintérieur do tube intestinal. Dans ces petits organes, extrêmement jolis par leur conformation ,

ON REMARQUE DÉJÀ DANS LA FORME ET LA STRUCTURE , COmmC

d*ailleurs dans toute autre chose, cette haute Sagesse du Créateur, dont les soins se manifestent jusque dans les plus minutieux détails de tout objet destiné à remplir une fonction, pour atteindre le but auquel l'ensemble de l'appareil doit arriver. En effet, si chacune de ces trois petites scies avait ses dents disposées en ligne droite , leur action eût été fort inefficace , vu que ces organes eussent été très-gênés dans leurs mouvements de va-et-vient ; la scie ne pouvant pas se déplacer assez pour cela. Il était de là bien plus rationnel et plus conforme aux principes de la mécanique de donner k ces scies une forme arquée , comme elles Tout en effet, par laquelle elles n*ont qu*k se mouvoir sur ellesmêmes pour agir avec le plus d'efficacité. A cet effet, les petites dents cornées dont elles se composent sont portées sur la crête en arc de cercle d*un mamelon charnu, comprimé , se mouvant sur le centre de Tare. Mais cela n*était pas assez, il fallait aussi que chaque dent fût solidement fixée, afin de pouvoir agir efficacement contre la résistance que lui oppose la dureté des téguments qu'elle doit entamer. Pour cela, chaque petite dent est formée de trois branches , dont deux appliquées à plat sur les deux faces latérales du mamelon charnu, en se confondant avec ses téguments dont elles font partie , et la troisième , libre , forme la dent de la scie.

Dans d'autres Annélides déjk plus composés dans leur organisation, l'appareil masticatoire prend successivement plus de complication.

Dans les Polynoës^ dont j'ai déjà parlé un peu plus haut, les mâchoires sont placées dans l'état ordinaire au fond d*un large œsophage, dans un emplacement occupé par le Gésier

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chez les autres Animaux articulés , où se trouve V Appareil de rumination propre à ces animaux , appareil dont les mâchoires des Polynoës constituent la première apparition ; et f orifice antérieur du canal alimentaire ou la Bouche^ n*est qu'une simple ouverture dépourvue de tout organe de mastication . Mais lorsque l'animal veut saisir et mâcher Tobjet dont il doit se nourrir, il produit ses mâchoires gastriques au dehors , en renversant l'œsophage en forme de trompe , et le fait ensuite rentrer de nouveau avec les organes masticateurs. Chez les Néréides , placées vers les degrés supérieurs de la classe des Annélides , animaux qui ont déjà une tête bien distincte, formée de plusieurs segments réunis, la bouche renferme plusieurs paires de mâchoires latérales fort robustes, avec lesquelles ces animaux entament des corps même fort consistants.

Les Myriapodes ont déjà une Bouche composée des mêmes parties que les Insectes qui leur font suite, consistant , chez les Scolopendres , d'abord en un Labre ou lèvre supérieure, en forme de petit lobule écailleux fermant la bouche en dessus.

Immédiatement sous cette lèvre supérieure se trouve une paire de Mandibules^ organes cornés fort durs, formés d'une seule pièce , articulés avec la partie supérieure de la cavité buccale , et garnis de plusieurs dentelures k leur extrémité libre incisive ; caractère indiquant généralement que l'espèce se nourrit de substances animales ; tandis que les insectes vivant de végétaux ont le bord incisif des Mandibules non denté.

Sous les Mandibules se trouve chez les Scolopendres , une seconde paire d'organes masticateurs latéraux, nommées plus particulièrement les Mâchoires^ et formées par des pattes transformées; tandis que, par analogie de rapport, ces organes sont plutôt les analogues de la Lèvre inférieure des Insectes qui ferme leur bouche en dessous ; et dans la Scolopendre, au contraire cette cavité est close en bas par une trèsgrande paire d'organes latéraux cornés , formées également

M THEOLOGIS DS LÀ MATURF.

par des pattes transformées, et qu'on appelle la Lèvre inférieure; mais qui est plus particulièrement le représentant des Mâchoires des Insectes, dont elle remplit en effet les fonctions, étant armée ^ Textrémité d*un crochet aigu fort vi^ gourcux avec lequel les Scolopetidres déchirent les corps des Insectes dont elles se nourrissent.

Le Canal alimentaire va presque droit de la Bouche à FAnus, ne formant qu*un léger repli dans lequel se trouve le Gésier; légère dilatation dans laquelle est placé un appareil de rumination corné faible, servant à broyer une seconde fois les aliments qui y passent.

Dans la Classe des Insectes, on retrouve les mêmes organes buccaux que chez les Scolopendres , mais un peu autrement conformés pour mieux remplir chacune sa fonction spéciale, ces animaux étant en toutes choses les plus parfaitement organisés de tout TEmbranghement des Animaux ARTICULÉS.

Chez les espèces des quatre premiers Ordres qui se nourrissent de substances solides, et broyent en conséquence leurs aliments, le Labre ou Lèvre supérieure, est de même que dans les Scolopendres une petite plaque cornée mobile, simple ou divisée en deux lobes latéraux, qui ferment la bouche en dessus en s^articulant sur le bord antérieur de la tête.

Les Mandibules^ placées immédiatement au-dessous, sont intimement articulées avec la partie palatine de la cavité buccale y au moyen d'une petite tête arrondie qui existe seule dans le premier Ordre ; tandis que dans les ordres suivants elles s'articulent aussi avec le bord inférieur de l'orifice buccal par une seconde tête, qui ne fait qu'appuyer dans une petite cavité de ce dernier; ce qui constitue avec la petite tête palatine une articulation en charnière. Cette articulation rend les mouvements de ces mandibules plus réguliers et plus sûrs, en les bornant exclusivement a l'abduetion et à Taddac tion , où les deux organes dirigés en avant hors k tète vont à

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Il rencontre l'un de l'antre, comme les deux branches d'une tenaille. Ces Mandibules, tonjonrs d'une seule pièce, plus ou moins en crochet, présentent toutefois des formes assez différentes ^ SELON LA HATURB DES ALtHEMTS DONT CHAQUE ESPÈCE

SE NOURRIT. Chez les Insectes herbitored ou frugirores le bord incisif est généralement tranchant^ tandis qu'il est denté dans les espèees mam de substances animales; et ces dents sont d'aitant plus longues et plus vigoureuses que l'animal est plus carnassier et vit de proie. C'est àteC ces «rganes que l'iNSEcra saisit et dépèce sa nourriture.

Soos les Mandibules se trouve une paire de Mâchoire^ servant plus spéciatment k broyer et k trttiirer les aliments. Ce sont de même deut organes latéraux^ mais articulés par un senl condyle sur le bord inférieur de roriflce buccal de la tête» d'oJli ils se portent en avant, appliqués sous le$ Mah-^ éibules. Ces nkàchoites sont dans le principe formée» de hi réunion des deùt paii*es de pattes céphaliques dont les àrtf^ des basilaires constituent ht partie triturante dé ces Ofgaues, et les extrémités, qui otnservent encore quelque analogie de lèrÉw aVee les patles du cérps; emfstttuént ce qu'on tiomme le Pvipé et le Galea; deux petits appendices multiarticulé^ , plaeés sur le bord externe en sortant d^ la bouche, et dàti^ lesquels réside ëvideaamenitkn sens dont je parlerai plus tafd.

Le corps de ces ifriicbeires, outfe les deux appendices que )e Tiens d'indiqaery est UfttÊté de plusieurs parties mobiles les unes sur les suites ^ pouf permettre k ces organes de M oM^voir en toiiÈ sens y aââ dé pouvoir mieux broyer Im eorps sonoM h leur ae(î6n^ et faire arriver le bol alimentaire an fond dé ta eivilé boceale, d'où il est poussé dans lé PtarsKus. Ces organes asses tompli<|uéS| et d'atitant ptm dentés k leurs extrémités que ces s^ftinraux sont pTds cartrafs*sîcrs, remplissMt aidsî h la M» , et ^t bien , les fonctions des dents mftehelières des Maotmifères , celles des joueè et même de la IsBgw ; action dans laqn^le ils sont McOtidM par une tëritabls kMigné et ki lèvre inférieure.

56 THBOLOGIK DE LA MATUKE.

La Langue est, comme chez les Vertébrés, un lobule impair plus ou moins mou, placé entre les mâchoires au-dessus de la lèvre, & laquelle elle adhère, ainsi qu'au bord inférieur de l'orifice buccal de la tète ; et sa tunique supérieure se continue en arrière avec le pharynx.

La Lèvre (inférieure) également formée de la réunion de deux pattes céphaliques qui suivent celle des mâchoires, constitue ensemble dans la pièce basilaire une plaque impaire articulée sur le bord inférieur de Touverture buccale de la tète , d*où elle se porte en avant sous les m&choires , en fermant la bouche en dessous. Sur chaque bord latéral s'articule une Palpe j consistant, comme aux mâchoires, dans la partie terminale de la patte qui constitue la lèvre.

Cette lèvre et la langue qu'elle supporte servent principalement k saisir les petites parties des aliments et k les maintenir, pendant la mostication , entre les mâchoires et les mandibules, en contribuant en outre à la déglutition.

Ces organes varient aussi assez fortement dans leur conformation, selon la nature des aliments.

Les organes buccaux arrivent k leur plus haut degré de développement et de perfection comme organes broyeurs dans TOrdre des Orthoptères et des Névroptères, et spécialement chez les Sauterelles, A partir de Ik, ils subissent graduellement des modifications par lesquelles ils se transforment en organes suceurs; et continuant après k dégrader de plus en plus, ils finissent tous par disparaître complètement, conformément k la loi générale ; et cela dans les derniers genres des Diptères qui n'ont réellement plus de bouche du tout, k fétat dlnsecte parfait ; état oà ces animaux ne vivent que peu de jours : le temps nécessaire pour s'accoupler, pondre et mourir.

Cette transformation des organes buccaux de broyeurs qu'ils sont dans les quatre premiers Ordres dlnsectes, en organes de succion dans les Ordres suivants, est également fort remarquable par les modifications graduelles que chaque

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parde éprouve saccessivement , d'après la nouvelle fonction TOUTE SPÉCULE QU'ELLE A À REMPLIR DANS CHAQUE ES- PÈCE, SELON LA QUALITÉ DU LIQUIDE DONT CELLE-CI DOIT SE

NOURRIR. J'ai déjà fait voir dans un ouvrage antérieur que cette modification commence par les organes les plus inférieurs, et en conséquence d'abord par la lèvre , et que les Mandibules et le labre conservent le plus longtemps leurs formes primitives.

Dans les Hyménoptères (Mouches à scie^ Guêpes^ Àbeiltes, etc.) , animaux intermédiaires comme étant à la fois broyeurs et suceurs, la modification n'atteint dans les premiers genres, tels que les Mouches à sciCy que la lèvre et les mâchoires, qui ne font encore que devenir simplement plus foliacées à leurs extrémités, en conservant au fond la forme primitive qu'elles ont chez les Coléoptères et les Orthoptères ; pendant que les Mandibules ainsi que le labre ne changent en rien : aussi ces animaux sont-ils encore entièrement broyeurs.

Dans les Guipes , ces mêmes parties inférieures de la bouche s^allongent déjà assez fortement en lamelles ; en les comparant toutefois soigneusement k leurs analogues chez les vrais broyeurs , on reconnaît facilement les parties qui se correspondent ; mais les mandibules et le labre restent les mêmes.

Cette modification des mâchoires et de la lèvre devient , au contraire, déjk fort grande dans les Abeilles et les genres voisins , ou ces organes forment ensemble une Trompe au moyen de laquelle ces insectes sucent facilement le miel dont ils se nourrissent. Pour cela , la partie moyenne de la lèvre s'allonge considérablement et se roule latéralement sur elle - même pour former un tube au moyen duquel c^ animaux sucent. Pour consolider cette trompe presque en* tièrement membraneuse , les deux Palpes de la lèvre s'allongent aussi très- fortement , en formant dans leurs premiers articles un canal latéral embrassant la trompe par le

SS THiOLOOHE M LA BATURB.

côté; ei la partie terminale des m&cboires se dëTeloppe en outre en une grande feuille lancéolée concave en dedans, pour s'appliquer par en dehors contre les palpes labiaux que ces feuilles embrassent; et cette tronapek double étui se replie dans le repos sous le corps de Tlnsecte^ de manière k laisser les mandibules parfaitement libres ; lesquelles conservant la forme qu'elles ont cfaez les Insectes des premiers ordres, peuvent agir aisément comme orgaties broyeurs.

Dans I'Ordre des HÊttiPTÈass , la dégradation en organes suceurs atteint d'abord aussi les Mandibules, et plus loin le Labre lui même, qui forme même deux lames superposées ; e'est-à-dire que tous led organes buccaux s'allongent en lamelles pour constituer ensemble une Trompe, plus ou moins longue, au moyen de laquelle ces liisectés ehtament les téguments des végétaux, ou dès animaux, pour en sucer les liquides. Quoique cette transformation du Labre, desMandi* bnles , des M&cboîres et dé la Lèvre soit déjh très-forte , ob reconnaît cependant encore l'analogie que leurs parties ont avec les organes buccaux dés lusectes broyeurs ; et ceto d'autant plus facilement ({«e, dans h sérié, l'espèce qu'oti com-» pare est moins avancée. En thèse générale ^ tous les organeu buccaux supérieurs s'allongent en lames cornées , étroited^ fort roides , fbrmant des lancette^ plus ou moins alguCs servant h piquer. Dans leur assemblage , les latérales ferment d'ordinaire des detni-^ylir^dres creux, emboîtant les iMyennés partes côtés, en formant entre elles un canal par lequel passe le liquide que l'animal suce ; et le tout est enveloppe par la Lèvre inférieure , roulée latératement en éessus pour les embrasser.

Chez les Diptèishs, qui font imînédiatement suite aux Hé- MiPTËnes, la dégradation va progressivement encore plus loin. Dans les premiers genres, ceux des Couêins^ et même chez les Bumbilui, toutes ces parties existent encore, seule^ ment prolongées en de longs filets cornés , s'embottant di^ versetnent les uns les autres ; lé tout recouvert {mr la Lèm,

éÙMùime allonge en longue gaine, tantôt membranenae et laot^^t plus oa moins cornée. Ces fliets servant, d'une (Mrt, à piquer les corps que ces insectes doivent sucer, et de Tautre k aspirer le liquide, en formant par leur assemblage, comme chez les Hémiptères, un canal par lequel ce derni^ arrive dans la bouche*

Dans les espèces placées vers la fin de TOrdre , telles que tes Mouches , les diverses pièces cornées , trop courtes pour atteindre Textrémité de la Lèvre inférieure, et d'ordinaire d^k plus ou moins réduites dans leur nombre , ne pouvant plus servir à piquer les corps , Tanimal ne peut sucer que les liquides naturellement répandus, qu'il hume au moyen de rextrémité de la lèvre ^ formant , dans les Sloitches^ un large emp&tement avec lequel on les voit lécher les liquides, et même les solides capables de se dissoudre dans une humeur saliyaire qu'ils versent dessus.

Rien n*est joli et remarquable comme les diverses formes et groupement des filets buccaux des Hémiptères et Diptères pour foroQer la trompe avec laquelle chaque espèce swte : pièces qui , tout en conservant iïeaueoup d'analogie, offrent cependant les différences les plus grandes, et toujoors dans les comdltlons les plus parfaites pour les ponctiohs qu'elles ont à remplir.

E^fin , dans le genre Œstre , insectes qui ne virent que peu de jours à l'état parfait , il n'existe plus aucun organe buccal , la place que la Bouche dent occuper, n'étant marquée que par un seul point corné contenu dans les Téguments, comme pour indiquer un simple droit d'existence avant de disparaître complètement.

Quoique I'Ordre des Aptères, fo^mé par te seul genre i^tice , soit placé h la fin de la Classe des Insectes comme mauqaant d'ailes, 11 n'est toutefois pas le plus dégradé quant aux organes buccaux , organes qui se rapprochent le plus ^ceux des Diptères placés au milieu de eet Ordre ; quoique ces organes offirent des caractères tout spéciaux, indiquant un

autre mode de composition dans la trompe ou bec avec laquelle ces petits insectes piquent.

L'Ordre des Lépidoptères ou Papillons présente une conformation plus simple encore dans la trompe. Chez ces charmants Insectes, tous les organes buccaux, k Texception des représentants des Mâchoires et des Palpes ^ ont disparu; et celles-là se prolongeant considérablement en formant chacune un tube conique , composé d*un nombre considérable de petits articles cornés, successifs, parfaitement mobiles les uns sur les autres ; tube renfermant les organes qui y entretiennent la vie et les mouvements; mais chacun de ces deux tuyaux présente le long de sa face interne une gouttière demi-cylindrique, formant avec celle du côté opposé un canal rond lorsque les deux branches sont jointes. C'est par ce canal moyen que passe le miel que ces gracieux Insectes sucent dans les fleurs pour leur nourriture, en plongeant cette longue trompe jusqu'au fond de leur corolle , où se trouvent les organes producteurs de ce liquide. Mais comhe

UNE TROMPE SI LONGUE ET SI GRÊLE , ÉGALANT SOUVENT LA LON- GUEUR DU CORPS ENTIER, BUT ÉTÉ TRÈS -EMBARRASSANTE POUR CES PETITS ANIMAUX , EN GÊNANT LEURS MOUVEMENTS , LA SA- GESSE DIVINE , À OUI AUCUN INCONVÉNIENT n'a PU RESTER IN- CONNU , T A PARÉ , DANS SON INEFFABLE BONTÉ , EN DONNANT NON -SEULEMENT À CES INSECTES LA FACULTÉ DE POUVOIR LA REPLIER À VOLONTÉ POUR LA METTRE À l'aBRI DE TOUTE ATTEINTE EXTÉRIEURE , MAIS ELLE A CONFORMÉ CETTE TROMPE d'une manière FORT REMARQUABLE POUR QU'eLLE SE REPLIE , Ot' PLUTÔT qu'elle SE ROULE d'eLLE-MÊME, EN QUELQUE SORTE , SANS LA VOLONTÉ DE l' ANIMAL.

Pour cela , ces mâchoires filiformes ont été subdivisées , ainsi que je viens de le dire, en un nombre fort considérable de petits articles transversaux consécutifs, afin que ces organes puissent être roulés en spirale dans l'état de repos , et cachés sous la tète. Hais comme dans cet état ces articles se trouvent dans une disposition rayonnée, écartés ^ la cir-

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conférence , ou ils se seraient tiraillés les uns les autres , en occasionnant par là une fatigue que Tanimal n*eût pu supporter longtemps, le Créateur a paré à cet inconvénient

BN PLAÇANT DE DISTANCE EN DISTANCE , ENTRE LES ARTICLES, DE PETITS ARTICLES PARTIELS , REMPLISSANT LES ESPACES QUE CES DERNIERS LAISSENT ENTRE EUX LORSQUE LA TROMPE EST

ROULÉE ; d'où résulte que non-seulement le tiraillement dont il Tient d'être parlé n'a pas lieu dans Tétat de repos de la trompe , mais que par l'effet même de l'interposition de CES articles partiels, la trompe est disposée à se rouler d'elle-même aussitôt que l'action musculaire volontaire QUI LA maintient ÉTENDUE CESSE , et qu'il suflit d'uu léger concours des muscles pour la rouler complètement.

Dans cette branche latérale des Lépidoptères , que forme la Classe des insectes, la trompe arrive aussi en dégradant dans le genre Bombyxy etc. , ^ Tétat final rudimentaire où elle ne remplit plus aucune fonction ; aussi les espèces qui présentent ce caractère d'infériorité ne peuvent prendre aucune nourriture dans leur état d'Insecte parfait, et sont condamné k ne vivre que quelques jours. ,..,

On sait que Y Homme et tous les Vertébrés aériens sucent en attirant les liquides dans la bouche au moyen de l'aspiration pulmonaire, aidée de la langue qui fait l'office de piston. Chez les animauk articulés , cela n'étant plus possible , vu qu'ils ne respirent point par la bouche , l'Intelligence SUPRÊME A DÛ AVISER À d' AUTRES MOYENS POUR PRO- OCJRE LE MÊME RÉSULTAT; ET CEUX QU'ELLE A PARTOUT EMPLOYÉS OFFRENT ÉGALEMENT LES DISPOSITIONS LES PLUS INGÉNIEUSES, EN MÊME TEMPS QU'lLS SONT, COMME TOUJOURS, TRÈS- SIMPLES.

Je me bornerai k n'en indiquer qu'un seul exemple , que présente la Cigale , insecte assez grand pour qu'avec un peu de soin on puisse parvenir k étudier le mécanisme de l'organe servant à la succion.

La cavité buccale, placée comme d'ordinaire k la partie la

ëi ' Tluk)LO«tt Bl LA tfATCRl.

plus iiiMrietire de la tète , D*est qu'un petit canal étroit faisant suite k celui de la trompe ; mais elle se dilate bientôt en un bassin ovale, en forme de gouttière cornée, faisant saillie en dessous , et constituant plus particulièrement le Pharynx. La paroi supérieure de ce pharynx est au contraire une membrane assez molle, qui, dans Tétat ordinaire, s'applique contre les parois intérieures de la gouttière cornée, de manière qu'il n'y a point de vide entre les deux lames. Dans la concavité antérieure de cette membrane s'insère le muscle suceur, grosse masse formée de chaque côté d'une vingtaine de lames musculeuses triangulaires superposées , fixées h la membrane par l'un de ses angles , et, par le côté opposé, dans la cavité d'une grosse saillie ovalaire qu'on remarque au front de ces insectes. On conçoit que, lorsque ce gros muscle se contracte successivement dans ses diverses couches, il détache la paroi antérieure molle du pharynx de la postérieure cornée , qui reste en place, et produit entre elles un vide dans lequel se précipite le liquide dans lequel l'extrémité de la trompe plonge; et que, relâchant ensuite successivement les lames du muscle, en commençant par les plus inférieures, la cavité du pharynx s'efface de nouveau graduellement en commençant par le bas , et pousse le liquide que cette cavité renferme dans l'œsophage; procédé qui a beaucoup d'analogie avec celui que nous employons au moyen de la langue.

Dans ce joli petit appareil , les diverses lames du double muscle suceur, sont surtout bien nettement isolées , afln de pouvoir mieux agir chacune séparément et successivement dans leur action sur la membrane à laquelle elles s'insèrent , pour produire l'aspiration.

Le reste du Tube intestinal des Insectes n'offre rien qui mérite d'être signalé: formant un canal plus ou moins cylindrique diversement replié sur lui-même dans l'abdomen; où il présente toujours une partie dilatée plus musculeuse que les autres, constituant le Gésier; dans laquelle on trouve

1# fiu teuTenl on ippipeil de romiBatiM oonië» de forme elde ooapUcaUoo fort différeotes, seioa les espèeet, servam ï faire subir une seconde trituration auK aliments qui y IMMont Un des plus compliqué set a la fois des plus jolis dans sa coniposition, est celui de la SauUrélU verte y formé de plusieurs chaînes de petites pièces articulées entre elles, et disposées fort r^ulièrement tout autour de la cavité du gésier (I).

Les organes accessoires de l'appareil digestif des vertébrés , tels que les diverses glandes qui versent leqr produit daas le oanai intestinal, retrouvent aussi leurs analogues chez les Akimaui articulés. Le Pancréas disparaît déjk chez les Poissons ; mais Ton retrouve encore dans Tembranchement qui BOUS occupe ici, des Glandes salivaires versant leur sécrétion dans la bouche, le représentant du Foie, et diverses cryptes en nombre plus ou moins considérable « couvrant différentes parties du tube digestif. Mais ces organes ne présentent plus, ainsi qu'on peut s'y attendre, ni les mêmes dispositions, ni les mêmes formes que chez les vertébrés;

CES GARACTiRKS DEPENDANT SIf «RANDE PARTIE DU MODE BE CmCULATION DU SANG DAMS CHAQUE CLASSE d'aNHIAUI , MODE SN VUE BUQUEL LA SAGESSE DIVINE A EMPLOYÉ LA FORME LA EIEUX EN HARMONIE AVEC CE GENRE DE CIRCULATION.

En effet, on conçoit que cbe^ les Animaux où le sang eircule, comme chez les Vertébrés, dans un double système de vaisseaux clos , ceux-ci pouvant conduire le fluide nutritif jusqu'au centre des plus gros organes , les glandes séeré* tpires ont pu être très - composées et former des masses plus ou moins volumineuses ; mais cela ne peut plus avoir lieu là on le sang est épanché , ainsi que cola a lieu chei Itt Myriapodes , les Insectes et les Arachnides Holè«

(0 On peat facilement l'obtenir isolé , en faisant macérer le gésier pen- ^t quelques jours dans de l'eau , et en enlevant ensuite avec précaution la pttlit charnue eitérieure de cet organe.

64 THBOLOCIB DE LA NÀTURB.

THES , OÙ le sang baigne partout , simplement les organes , en ne pénétrant dans leur intérieur que par inhibition. Or c'est en vue de cette circonstance que le Créateur a ,

DANS SA sagesse, SUIVI UN TOUT AUTRE PLAN DANS l'oRGA-

NiSATiON DE CES ANIMAUX, soit eu isolaut chaquo glande simple , soit en leur donnant la forme de longs filets trèsgrêles, ])longeant dans une grande masse de sang qui peut facilement les pénétrer ; et ce sont en effet ces deux caractères que les organes sécrétoires offrent partout dans les animaux que je viens de nommer.

C'est ainsi que le représentant du Fote, celui qu'on regarde du moins comme tel , a partout , dans les Myriapodes et les Insectes , la forme de longs vaisseaux grêles, repliés plus ou moins sur eux-mêmes, et s'insérant finalement sur le tube digestif; mais variant du reste beaucoup pour leur forme spéciale. Tantôt ce ne sont que deux vaisseaux très-longs, formant une paire ; d'autres fois quatre, ou bien six, et souvent beaucoup plus , s'ouvrant sur un même point dans le canal alimentaire ; et d'autres fois tous ceux d'un même côté, s'unissant préalablement sur un canal excréteur commun.

C'est également la forme de vaisseaux que prennent les organes sécrétoires de Y Urine ^ humeur purement excrémentitielle, épurative du sang, qui, n'ayant aucun usage à remplir, est versée dans la partie terminale du tube digestif, d'où elle est rejetée avec les excréments.

Dans la Classe des Crustacés, placée k côté de celle des Myriapodes et des Insectes, l'appareil digestif présente des caractères qui ont les plus grandes analogies avec le leur, en offrant toutefois aussi des conditions spéciales qui lui sont propres. J'ai fait remarquer plus haut, en parlant de la composition de la tête de ces animaux, que cette partie du corps existant dans les deux premiers Ordres de cette Classe, disparaissait pour être remplacée par une autre formée par les segments suivants du corps ; et que cette première tête paraissait avoir elle-même déjk remplacé celle

CHAFITRB IV. 65

Aes Ânnëlides rentrés dans le corps , où ces organes masticateurs constituent un appareil de rumination placé dans le gésier. Ce fait, si extraordinaire qu*il puisse paraître, déjà prouvé par la faculté qu*ont les Polynoës de faire rentrer k volonté leurs organes masticateurs jusqu'au fond de leur canal intestinal , est encore appuyé par la disposition que présente le gésier des Crustacés , et spécialement par celui des Êcrevisses et des Crabes. Cette poche, servant de premier entrepôt aux aliments, est placée dans la partie du corps répondant à la tète de remplacement, en communiquant avec la bouche par un œsophage fort court et assez étroit. Dans Tintérieur de ce gésier se trouve un appareil de rumination formé de plusieurs pièces cornées fort vigoureuses, armées de dents plus ou moins saillantes , et souvent trèsgrosses , au moyen desquelles ces pièces , en agissant les unes contre les autres, produisent une véritable seconde mastication sur les aliments forcés de passer entre elles ; et pour cela , ces pièces cornées sont mises en mouvement par de vigoureux muscles ayant tous les caractères de ceux soumis à la volonté de Tanimal , et dont la plupart sont en effet, comme ceux-ci, fixés k leur autre extrémité aux parois avoisinantes du têt; ce qui prouve leur très-prochaine analogie avec les muscles des organes masticateurs extérieurs : caractère que n*a pas Tappareil de rumination des Insectes , dont les muscles qui le meuvent sont exclusivement contenus dans les parois du gésier. On retrouve les mêmes dispositions dans les Arachnides supérieurs , telles que les Araignées , qui font suite aux Crustacés décapodes, ces animaux ayant le gésier également muni de muscles vigoureux de la vie volontaire , fixés aux parois du têt ; tandis que ces muscles n'existent plus dans les Limulus placés beaucoup plus loin ; quoiqu'ils aient encore un certain appareil de rumination dans leur gésier.

Les Crustacés formant dans la série animale une seconde branche rattachée aux Annélides, conservent encore de grands rapports avec ces derniers quant aux modes de respi-

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