PRÉFACE
Animé de It plut vive admiration pour la belle eft si savante composition du corps des Êtres orga^ nisés dont j'étudiais la structure , et le cœur pénétré du sentiment du plus respectueux amour pour l'auteur tout^puissant d'un aussi merveilleux ou* ▼rage y j'ai formé le projet ^ il y a déjà de longues années^ de clore un jour ma carrière scientifique par la publication des faits les plus remarquables d'histoire naturelle venus à ma connaissance^ et qui pourraient'servir à la démonstration matérielle de cette vérité fondamentale de toute chose , que non-4eulmient les Êtres vivants^ mais l'univers entier^ ne sont que l'oravre d'une Intelligence toute-puissante qui les a tirés du néant; Intelli^ gence dont on n'a guère admis l'existence jusqu'à présent que sur le simple témoignage d'une voix intérieure instinctive qui commande à la plupart
VU] nUBFACK.
des hommes de croire en cet Être suprême. Or comme les personnes qui n'éprouvent pas ce sentiment ne sauraient avoir celle conviction, elles restent dans un bien malheureux doute à ce sujet, si toutefois elles ne tombent pas dans l'athéisme, plus déplorable encore.
Mais pourquoi chercher dans de simples indications incertaines la démonstration de celte importante vérité , quand on peut la trouver de la manière la plus évidente , écrite de la main même de rÉternel dans les sublimes organismes des Êtres vivants; véritables hiéroglyphes symboliques, dont chacun renferme , dans son admirable complication, la doctrine tout entière de la vraie théologie, fondée ainsi à la fois sur l'observation des faits et le rationalisme le plus certain qui en découle; preuves qui ne sauraient permettre la plus légère hésitation au sceptique le plus incertain, ni laisser le moindre refuge à la mauvaise foi?
Cependant , quoique celte source de preuves soit inépuisable et coule à pleins flots partout autour de nous, personne encore n'y a porté son attention pour t&cher d'y puiser les vrais principes de la religion, chacun s'efforçant de vouloir les trouver dans les sentiments du cœur, ou les élucubrations de l'esprit.
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Les Naturalistes eux-mêmes^ tout en s' occupant plus ou moins exclusivement de l'étude des Êtres organisés^ se bornent d'ordinaire tantôt à recueillir simplement ce que ces objets peuvent offrir de remarquable y soit sous le rapport du nombre de leurs espèces et des analogies qu'elles ont entre elles^ soit sous celui de la composition de leur corps et des fonctions que chaque organe y remplit ; mais assez généralement sans se demander quelles ont été les causes auxquelles sont dues les formes , les dispositions et les usages que ces diverses parties présentent. Or ce n'est précisément qu'en s' élevant à ces considérations générales qu'on reconnaît les principes fondamentaux de l'organisme des plantes et des animaux^ organismes où se dévoilent les preuves irréfragables de l'existence de la Divinité^ aussi bien que celles de ses attributs de Toute-puissance y de Sagesse , de Toute-science et de Bonté.
Bien que je me sois entièrement voué^ depuis mon enfance^ à celtQ étude si attachante de l'organisation des Êtres vivants , science à laquelle je dois les plus heureuses impressions de ma vie^ le temps s'est si rapidement écoulé que je n'ai pu faire que quelques faibles pas dans l'immensité que j'avais devant moi. Forcé enfin ^ par l'affaiblissement de ma vue , de renoncer à l'étude des faits qui de-
s PtÉTACt.
Viieat servir de baae à cette théologie exclusivement fondée sur l'observation de la Nature , j'ai cru devoir me hâter de réunir le peu que j'avais appris à ce sujets et d'entreprendre le plus tôt possible cet ouvrage^ quelque imparfait qu'il pût étre^ dans la crainte de perdre le fruit le plus précieux pour moi^ d'un travail assidu de plus de quarante années de ma vie y afin d'apporter mes faibles matériaux à l'édification d'un monument que d'autres plus savants et plus habiles que moi pourront un jour élever à la gloire de l'Éternel ; monument dont j'avais à cœur d'offrir la première ébauche telle que j'ai pu la concevoir.
Ma première intention fut de réunir simplement en peu de pages ce que je pouvais avoir appris de plus essentiel sur cet objet d'une aussi haute im^ portance non-seulement pour les sciences naturelles en elles-mêmes , mais surtout quant à l'effet que ce genre d'étude peut avoir sur la conscience religieuse des hommes y ainsi que sur la morale et les devoirs que chacun a à remplir. Mais déjà en cherchant à former le plan de cet ouvrage^ je vis bientôt que je ne pourrais pas me borner à un simple exposé des faits; qu'il fallait encore faire remarquer les conditions d'existence qui déterminent ces derniers, les dépendances réciproques
qui les eDcbaiûent^ les analogies qu'ils ont entre eux^ r admirable hannonie qui existe partout entre les organes pour les faire mieux concourir au bot final que chaque animal doit atteindre^ les «le vants moyens employés en vue des résultats qui doivent être obtenus ^ et enfin Je devais faire ressortir les conséquences qui découlent nécessaire^ ment de tous ces faits.
On voit^ d'après ce plan, que malgré le cercle étroit dans lequel j'ai voulu me renfermer, cet ou«vrage devait prendre cependant une asseï grande extension , et devenir en ouke un véritable préda d'Anatomie et de Physiologie contemfdatives y qui bien qu'il ne pût être que fort incomplet, peut toutefois suffire pour donner ime idée de l'admi*rable composition du corps des Animaux , si étoifr* namment variée dans leurs innombrables espèces.
Quoique les principes auxquels je suis arrivé dans cet ouvrage soient précisément ceux qui constituent la base fondamentale de toutes les doctrines religieuses, je ne dois pas me dissimuler qu'il est impossible que, sous bien des rapports, je je ne me trouve pas en opposition d'opinion avec beaucoup de personnes quant aux dogmes secondaires propres à chaque culte en particulier, et que peut-être on cherchera à réfuter la justesse des