‹ Théologie morale à l'usage des curés et des confesseurs (volume 3)Chapitre 30 sur 112 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Des Effets du sacrement de Confirmation.

137. Comme tous les autres sacrements, la Confirmation produit la grâce sanctifiante; c'est une grâce d'accroissement et de perfection^ une grâce qui augmente en nous la grâce du Baptême, qui nous fortifie contre les ennemis du salut et nous rend parfaits chrétiens. Par le Baptême, nous recevons la vie spirituelle; par la Confirmation, nous en recevons le développement. Cependant, suivant le sentiment le plus commun, le sacrement de Confirmation confère quelquefois la première grâce sanctifiante, qui efface le péché mortel : « Aliquando prima gratia sanctificans per hoc sacramen- « tum confertur, » comme l'enseigne saint Alphonse de Liguori(3). « Si quis adultus, dit saint Thomas, in peccato existens, cujus « conscientiam non habet, vel si etiam non perfecte contritus

(1) Voyez, ci-dessus, le n® 130.— Voyez aussi S. Thomas, S. Alphonse de Liguori , Billuart, etc. — (2) Voyez , ci-dessus, le n° 12. — (3) Lib. vi. n» 169.

« accédât ^ad Confirmationem), dummodo non fictus accédât, per « gratiara collatam inhocsacramento consequitur remissioncm pec- « catorum (1). »

138. Un autre effet, qui est particulier à la Confirmation, est de nous donner la plénitude du Saint-Esprit, et de renouveler dans nos âmes les merveilleux effets qu'il opéra lorsqu'il descendit sur les Apôtres. A la vérité, le Saint-Esprit ne nous communique pas, comme à eux, le don des langues, celui des miracles , et les autres grâces extérieures nécessaires alors au progrès et à l'affermissement de l'Évangile; mais il répand dans nos âmes les mêmes grâces intérieures dont il sanctifia et fortifia les Apôtres, et particulièrement les sept dons qui lui sont attribués. Ces dons sont certaines dispositions ou habitudes surnaturelles qui ornent notre âme, nous font agir suivant les inspirations et les mouvements de la grâce qui nous est donnée à tous en temps opportun, in tcmpore opporfMUOy et nous facilitent l'accomplissement de la loi de Dieu, surtout dans les circonstances difficiles.

139. Les dons du Saint-Esprit sont : le don de sagesse y le don à" entendement , le don de conseil j le don ^t force, le don de science, le don depiétéy le don de crainte de Dieu. 1° Le don de sagesse, qui nous fait aimer les biens éternels, nous détache des biens de ce monde, et nous éloigne de tout ce qui peut être contraire à notre fin dernière ; 2° le don d'entendement, qui nous fait concevoir les vérités de la religion, autant que cela nous est nécessaire, eu égard aux desseins particuliers que Dieu a sur chacun de nous; 3° le don de conseil, qui nous fait choisir à propos ce qui contribue davantage à la gloire de Dieu et à notre salut; 4^ le don de force, qui nous donne le courage de professer la religion, de fouler aux pieds le respect humain, de surmonter les tentations, de résister, même au péril de la vie, aux fureurs de la persécution ; 5" le don de science, qui nous fait connaître la volonté de Dieu en ce qui concerne le salut, et nous découvre les dangers que nous devons éviter; G" le don de piété, qui nous unit à Dieu d'une manière plus particulière, et nous fait embrasser a\ec joie tout ce qui est du service divin; 7" enfin, le don de crainte^ qui nous inspire un souverain respect pour Dieu, et nous fait éviter tout ce qui est contraire à sa sainte volonté.

140. La (Confirmation produit encore un autre effet qui lui est commun avec le Haptême et le sacrement de l'Ordre. Elle imprime

(0 Sura. paît. 3. qua^st. 72. art. 7.

82 D£ LA CONFIBMATION.

un caractère ineffaçable qui est le signe, la marque des soldats de Jésus-Christ ; aussi ce sacrement ne peut être réitéré. Cependant, dans le doute si un adulte a reçu la Confirmation, on peut le confirmer conditionnellcment, sans qu'il soit nécessaire d'exprimer la condition. Mais, toutes choses égales, on doit être, à cet égard, plus réservé pour ce qui regarde le sacrement de Confirmation, qui n'est pas indispensableraent nécessaire au salut, que pour ce qui regarde le sacrement de Baptême, qui est nécessaire de nécessité de moyen.

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