‹ Théologie pastorale (volume 2)Chapitre 81 sur 172 · SENS DE CE QUI PRÉCÈDE · texte numérisé non relu

SENS DE CE QUI PRÉCÈDE

Grande est l'action que Jésus vient de faire, et profond est le sens de cette action. Saint Jean y a attaché une inscription desnée à nous en révéler la signification : « C'était là le premier signe, et Jésus manifesta sa gloire, et les disciples crurent en lui. »

Révélation de la gloire encore cachée de Jésus-Christ, tels étaient donc le sens et la portée des miracles de Jésus-Christ; la foi à cette gloire qui se manifestait était le miracle intérieur que le miracle extérieur avait pour ob^t d'opérer.

«Le Père m'a envoyé , et envoyé pour le salut du monde. » Tel était le sens de tous les miracles de Jésus-Christ. Dieu en Jésus-Christ, le salut du monde : voilà le sens de son apparition sur la terre. Prolonger pour les époux et les hôtes la joie de la fête était beau au point de vue humain ; mais révéler la gloire cachée en Jésus-Christ, et par cette révélation exciter la foi en Dieu et eu Jésus-Christ était une œuvre divine. La parole puissante qui, à travers tous les siècles, fait descendre sur la terre l'eau des nuages, qui de la terre la conduit à la racine de la vigne, et qui dans la vigne la transforme en vin, cette parole, qui habite en Jésus-Christ, a aussi changé à Cana l'eau en vin. «Dieu est mon père ; ce qu'il fait, je le fais aussi ; croyez en moi , car le Père est en moi.»

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Cette foi en Jésus- Christ se développant peu à peu dans les

disciples devait y opérer de grandes choses, et c'est aussi ce qui

eut lieu ; puisque, le jour de la Pentecôte, où se manifesta la

plénitude des miracles de Dieu, ils furent changés en des

. créatures nouvelles et toutes spirituelles.

Tel est Taspect sous lequel apparaît l'histoire de Cana, qui n'est qu'une parcelle du récit évangélique, quand on l'envisage dans ses rapports avec le tout, avec l'esprit du christianisme. Quel est celui qui, considérant les choses à cette lumière, pourrait ne point trouver dans un tel sujet des enseignements suffisants.

DEUXIÈME EXERCICE (sur saint Luc, xix, 4-46). LA COMMISÉRATION DE JÉSUS-CHRIST.

// vit la ville, et pleura sur elle.

Ces larmes de Jésus-Christ nous montrent sa tendresse et sa grandeur d'âme, en même temps qu'elles nous font connaître l'essence et le langage de la commisération.

La tendresse de Jésus-Christ. Jésus verse des larmes de compassion lorsqu'il aperçoit les tours de Jérusalem. Quelle tendresse de cœur ces larmes ne trahissent-elles pas ? Quand il leva les yeux vers Jérusalem, des larmes coulèrent de ses yeux.

La grandeur d'âme de Jésus-Christ. Jésus n'ignorait pas que les habitants de la ville lui enlèveraient la vie. Mais il ne pleurait pas par ce qu'il allait devenir la victime de leurs péchés. — Ils s'oublie lui-même. Ce qui le préoccupe, c'est que sa ville va devenir victime de ses propres iniquités.

L'essence de la compassion. Jésus-Christ se met à la place de cette ville malheureuse ; il éprouve les mêmes sentiment que s^ils la voyait de ses yeux. 11 lui semble voir déjà les Romains l'entourer de circonvallations; il lui semble entendre les lamentations du peuple, voir les enfants écrasés contre les murailles, les remparts et les édifices renversés de telle sorte qu'il n'y reste plus pierre sur pierre.

Le langage de la compassion, Jésus n'adresse pas à sa ville des reproches amers; il ne désire qu'une chose, c'est qu'elle ne méconnaisse pas les jours favorables qui lui sont encore accordés. Il déplore son ignorance ; il sent sa misère. Oh! si vous saviez ce qui est dans l'ordre de votre salut !

La compassion délicate et généreuse que nous éprouvons pour les misères humaines voilà ce qui fait de nous des hommes véritablement humains.

Mais, outre que les larmes de Jésus- Christ nous montrent en lui l'homme, elles nous y montrent aussi le Messie, le roi de son peuple.

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