‹ Théologie pastorale (volume 2)Chapitre 99 sur 172 · VI. LA BÉNÉDICTION d'uN HOMME CRAIGNANT DIEU · texte numérisé non relu

VI. LA BÉNÉDICTION d'uN HOMME CRAIGNANT DIEU

Siméon bénit Marie et Joseph. La bénédiction d'un respectable vieillard suffit à elle seule pour faire impression, à plus

forte raison quand elle vient d'un saint vieillard, d'un homme enflammé de l'esprit de Dieu, et au moment le plus important de la vie.

Or, toutes ces circonstances se trouvaient réunies dans Siméon. C'était un vieillard, un homme craignant Dieu, un prophète, et sa bénédiction venait au moment suprême de sa vie. Qui serait assez indifférent, assez malheureux pour repousser la bénédiction d'un tel homme ? Rendez-vous toujours digne des bénédictions des gens de bien.

VII. Siméon, continuant à prophétiser sur Jésus, ajoute : a Voici que celui-ci a été posé pour la ruine et la résurrection de plusieurs en Israël, et pour être un signe auquel on contredira. »

Ces paroles nous font envisager à son véritable point de vue l'histoire de Jésus-Christ pendant son séjour sur la terre. 11 fut véritablement établi pour la résurrection de plusieurs. Tous ceux qui crurent en lui et acceptèrent ses secours, trouvèrent en lui un Sauveur et un Rédempteur; mais il fut aussi pour plusieurs une cause de ruine. Une foule de grands-prêtres, de docteurs de la loi, de pharisiens allèrent se heurter contre sa personne et sa doctrine, tombèrent de plus en plus profondément, et comblèrent la mesure de leurs iniquités, il fut un signe auquel on contredit. Il fut contredit par le parti des pharisiens et des sadducéens, par celui des zélateurs de la loi, par celui des créatures d'Hérode.

Cet exemple nous apprend à apprécier l'histoire de la religion, celle du monde, de la science et des sectes. Jusqu'à cette heureci, Jésus-Christ a été posé pour la résurrection de plusieurs : les âmes pieuses se sont attachées à lui et on4 soutenu sa doctrine. Jusqu'à cette heure-ci il a été posé pour la ruine de plusieurs : de tout temps, les partisans du siècle, de la chair, les adorateurs de leur propre sagesse se sont scandalisés en lui. Jusqu'à cette heure-ci il a été un signe auquel on a contredit : aujourd'hui encore les prétendus sages l'insultent et le conspuent, sans parler, hélas ! de tant de soi-disant chrétiens.

D'où nous pouvons nous former sur Tavenir une présomption tout à fait vraisemblable : c'est que Jésus-Christ restera jusqu'à la fin du monde un signe de contradiction. 0 mes amis^ ne nous mettons jamais du parti de ceux qui contredisent !

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