‹ Théophile GautierChapitre 46 sur 64 · Portrait de MHe Rivoire, mine de plomb · texte numérisé non relu

Portrait de MHe Rivoire, mine de plomb

70. Copie d'une Léda de Ziégler, qui était dans la collection de Théophile Gautier, à Neuilly. (Voir catalogue de la vente Th. Gautier, n° 101.) Cette copie, commencée par une de ses fdles et achevée par lui, avait été offerte par Gautier à Mmc Bénard, maîtresse de piano (1809).

80. Portrait de Théophile Gautier (1870). C'est une esquisse blonde d'aspect et très-peu poussée. M. Auguste de Châtillon ayant entrepris de recommencer, trente et in ans après sa première et heureuse tentative, de saisir la ressemblance du

maître, celui-ci voulut rivaliser avec son peintre. Mais cette fantaisie n'eut qu'une heure et qu'une séance. Cette ébauche de portrait autographe appartient à Mllcs Gautier.

81. Ophélie, étude à l'huile (1872). — Collection de M. Emile Bergerat.

Parmi les personnes qui, à ma connaissance, possèdent quelques dessins ou croquis de Théophile Gautier, je nommerai MM. Poulet-Malassis, le peintre Chaplin, et le musicien Laffitte. Mais parmi celles qui doivent en posséder, j'énumère, selon toute probabilité, Mme la princesse Mathilde, M. Arsène Houssaye, M. Paul Dalloz, M. Emile de Girardin, M. Maxime Du Camp, M. de Gourjault, et en général tous les amis du poëte.

Dans le principe , cette première réunion de lu correspondance de Théophile Gautier comprend!

— outre les lettres que le lecteur a sous les yeux

— un certain nombre d'autres lettres adressées à Mm* Carlotta Grisi. J'ai dû les supprimer au dernier moment-, voici pourquoi.

M"" Carlotta Grisi m'avait d'abord autorisé à publier ces lettres, dont je possède encore une copie faite par moi, sous ses yeux, èi Genève. L'autorisation, d'ailleurs, était purement verbale, je le reconnais sans peine, et je n'ai d'autre preuve à fournir du fait que cette copie même dont je parle et que je conserve précieusement. Par des circonstances indépendantes de ma volonté, il s'est trouvé que les sentiments de Mme Carlotta Grisi pour le poète se sont modifiés. A cela je n'ai rien à dire. Mais il en résulte que Mme Carlotta Grisi m'a repris sa parole et qu'elle me refuse aujourd'hui ce qu'elle m'avait accordé hier. A cela ie

n'ai rien à faire. On sait, d'ailleurs, que les lettres de Théophile Gautier se vendent fort cher.

J'avais donc d'abord purement et simplement supprimé ces lettres de la correspondance que je vublie, lorsque, avertie sans doute de la gravité de la responsabilité qu'elle prenait vis-à-vis du public, Mmo Carlotta Grisi se ravisa et me fil offrir de me laisser une partie de ces lettres à la condition que je lui soumettrais mon texte personnel et que j'en retrancherais ce qu'elle ne trouverait pas à sa convenance.

Malgré les protestations indignées de mon éditeur, M. Georges Charpentier, j'acquiesçai à ces prétentions, d'abord parce que ce texte avait paru entièrement dans les journaux sous forme d'articles, et ensuite parce que je voulais donner à la pauvre femme cette dernière preuve de bonne volonté. Je lui envoyai les épreuves de mon ouvrage. Elles me revinrent dans un état à stupéfier les plus indifférents. Non-seulement Mme Carlotta Grisi ne voulait pas que je prononçasse son nom, qui revendant appartient au public depuis plus ae quarante ans, mais encore elle exigeait que je supprimasse tous les passages relatifs aux séjours fréquents de Théophile Gautier à Genève dans sa

propriété de Saint- Jean (voir Émaux et Camées), celle-là même où j'ai copié les lettres.

Mon devoir était d'aller jusqu'au bout, ne fûtce que par curiosité. Je voulus savoir ce que M'"' Carlotta Grisi me laissait de lettres du maître en échange de ces suppressions arbitraires. La liste de ces suppressions passe toute imagination. Sur quarante-six lettres, Mme Carlotta Grisi en réservait trente-quatre! Et, sur ces trente-quatre, j'en ai compté plus de vingt-cinq où son nom n'est même pas prononcé et où il n'est pas question d'elle, même accessoirement. Ses exigences, d'ailleurs, étaient de celles dont on rirait de bon cœur s'il n'était pas si triste de voir une personne pour qui un homme de la valeur de Théophile Gautier a professé une amitié si disproportionnée déserter ainsi une noble mémoire.

AU si défigurée et réduite aux banalités courantes, la correspondance n'avait plus aucun intérêt pour le public ; il était de mon devoir de n'en plus tenir compte. Dieu veuille qu'elle ne soit pas perdue pour toujours et que tant de belles pages éloquentes, dans lesquelles tout le grand cœur de Théophile Gautier se révèle, ne disparaissent pas à jamais avec leur propriétaire ! Mais le droit est là, les lettres d'un écrivain appar-

tiennent à leur destinataire. Il peut les détruire si cela lui plaît, sans en devoir le moindre compte à personne. Ah! que j'aurais aimé à risquer le procès, et même à le perdre !

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