TEMPS
Succession de momens; mesure de la dur^^^ des choses.
Le temps renferme la précision du momeD^^^^^^^ où Ton doit parler , et les intervalles qu'il ùi\]0^-^^ laisser dans son discours , pour reposer le speci^:^^ ^' iateur, qui écoute ensuite avec plus d'attentioi et pour détacher les uns des autres les diffé rens sentimens. *"
Voici la règle :
Lorsque vous devez répondre à celai vient de parler , examinez si ce que vous avt à lui dire est de telle nature qu'il ne
revenir que d'un mouvement que son disours vient dé produire dans votre âme subîîment et sans préparation. Plus ce mouvelent doit paraître subit ;et plus il faut que otre réponse soit précédi^e d'un repos; car >rsque nous sommes surpris par un sentiment nprévu, notre âme se remplit tout à coup 'une foule d'idées, mais elle ne les distingue as avec la même vitesse.
On doit encore employer le temps :
Lorsque la réponse que nous avons à faire le peut être que le fruit du raisonnement, si out d'un coup déterminés par le sentiment, tous sommes l'etenus par jU réflexion , qui ne tous laisse céder à la première impression que ►ar degrés, ou quand, par.iin effort que nous aisons sur nous-mêmes, nous la surmontons ntièrement. (^Achille act. 4« ^c. 6.) Voyez ïude des rôles.
Lorsque nous désirons que celui à qui nous tarions fasse une grande attention à nos disours , ou que nous voulons qu'il soit frappé ie nos raisons , et que son âme reçoive les impressions de la nôtre, nous devons séparer les liverses idées que nous lui présentons par des epos sensibles. Nous don:âons par ce moyen e temps à la raison de peser toutes nos paro-
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les , et nous ménageons pour nous-mêmes ks moyens d'augmenter l'expression par degrés et d'arriver au point de convaincre ou de sé*^ duire.
Dans les momens où le cœur indécis ne sait à quel sentiment se livrer^ et passe succesâvement à des mouvemens qui n'cmt point de liait* son entr'eux , tout le monde sent assez que le débit de ces morceaux doit être coupé par des temps considérables.
Principe général.
Si le temps que nous prenons est trop coiurt^ il ne fait aucune impression.
S'il est trop long, il ralentit le sentiment qw nous avons fait naître dans le spectateur et iious devons précieusement conserver.
Ce n'est que par une sensibilité fine que pouvons donner au temps sa juste étendue.
Quelquefois un silence bien saisi , bien mé nagé, peut donner lieu aux plus heureuse^j^^^ nuances , ou du moins servir à les préparer.
J'admire enfrissonuanl, 6 mueUe éloquence!'
Quel mouvement! quel geste, et surtout queï silence!
Par un silence adroitement préparé, voi;k^
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laissez à ane belle pensée le temps d*ètre biea saisie, à un sentiment profond , celui de s'insinuer complètement dans tous les cœurs.
Quelquefois il faut placer des temps entre certains mots, certaines syllabes et même Certaines lettres.
Ces temps bien distribués d^onnent de la profondeur au discours.
Les acteurs médiocres se servent de temps ^ xnais en les employait comme repos.
Un acteur ordinaire, et même intelligent saura placer le repos en des endroits marques; laïaîs le comédien de génie seul saura faire usage des temps à propos»
L'avantage que Ton tire du temps , c^est de trouver des inflexions vraies, de se pénétrer plus vivement en pensant à ce qu'on va dire> et de rendre attentif le spectateur.