TONS
Certain degré d'éléi^ation ou ffabaissemer^^Mt de la voix.
Beaucoup d'acteurs, qui ayant une poitrii]K=3e forte et une voix sonore , l'élèvent continue^^lement avec violence, perdent par là le graii^^d mérite de donner aux expressions la varié"" té des tons qui est si nécessaire pour la et pour rintelligence des pensées.
U y a dans le discours, comme dans la
sicpie, une sorte de mesure des tons qui aide à l'esprit.
Le ton criard est monotone , il ne se prête à aucune modulation de la voix , il ne s'applique à aucun sentiment ; il fatigue Tacteur et tourmente l'auditeur.
La mode de finir les phrases par un ton qui en désigne la terminaisoti s'est presque totalement perdue. C'est cependant une attention très-nécessaire que d'apprendre à Jaire un point; car c'est de là que dépendent les changemens de tons qui produisent à l'oreille l'efiet le plus agréable, et font sentir la justesse et la variété de l'expression.
On cherche des tons dans la tragédie, que ni la musique en chantant» ni les hommes en parlant, n'ont jamais pratiqués. Les bons avocats ne plaident point avec les tons affectés, et recherchés de la déclamation de théâtre. De tous temps les orateurs ont senti que de sont des hommes qui parlent à des hommes , que pour cela il ne faut pas se servir d'autres tons que ceux que la nature inspire wx hommes*.
Plusieurs acteurs se félicitent d*i^ir introduit dans leur jeu ce qu'ils appellent des tons de vérité. Ces sortes de tons sont tout^à-fait disparates avec ceux qui précèdent et (Jui suivent; ils sont ordinairement trop brusques , tro{i saillans , et
tombent presque toujours dans ce fiamiliet V
qu'il faut éviter avec autant de soin que l'einphase et le gigantesque. D'ailleurs ces passages une fois saisis , dégénèrent en refrains monotones que le public attend , et que l'acteur ne manque jamais; ils prouvent qu'ils sont le fruit de la combinaison et qu'ilsne partent point de l'àme , unique source des tons de vérité, de ces éclairs du moment , que souvent on ne retrouve plus et qu'il ne faut jamais rechercher.
C'est en s'exerçant au ton du barreau , que Ton s'accoutume à dire d'une manière /i/iu insinuante 'y Tavocat veut persuader ; il raisonm avec force , mais non pas avec orgueil.
Si nous pouvions pénétrer dans le fond d notre âme et Texaminer à découvert, n'aurions pas de peine à trouver tous les toiKr^as nécessaires à l'expression; elle les renfc tous, puisqu'ils nous sont nécessaires pour communiquer les perfections admirables docaK~ nt Tauteur de la nature l'a rendue dépositaire^ ^e; mais comme la matière qui l'enveloppe est jzzjmm obstacle à notre âme pour se communique' -^5r, il faut lui faire prendre l'essor et la débarrass a^er autant que Ton peut de la matière qui la gèi»^ le. Pour y réussir, jusqu'à un certain point, il
faut auparavant affranchir notre esprit de l'c—^s-
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^lavage de nos sens. Cette opération , quoique très-violente t ne nous est pas étrangère.
L'enthousiasme des poètes et les profondes réflexions des savans lorsqu'ils composent, ne sont que l'effet d'un grand recueillement de leur esprit , qui examiné la source des scntimens intérieurs et des passions de l'âme ; c'est alors qu'ils voient les passions en elles-mêmes, ensorte que la peinture qu'ils en font ensuite est tellement vive et véritable , que les lecteurs n'y trouvent rien à retrancher ni rieh à ajouter»
Un orateur et un comédien doivent savoir prendre tour à tour le ton respectueux, amical, ironique, méprisant, froid, humain > raisonnable, léger, patriotique, plaintif, simple, naïf, aigre, doux, haut, bas, impétueux, hautain, fier, moqueur, railleur, lamentable, élevé, impérieux, soumis, grave, badin, triste, gai^ plaisant , etc.
Il ne faut pas employer indifféremment des tons qui , à peu près semblables en apparence, doivent cependant être distingués.
Les tons peuvent être rangés sur différens genres qui comprennent plusieurs espèces , de même que chaque couleur primitive se divise en plusieurs nuances (Y oytz Synonymes), On regarde par exemple le ion fier et le ton orgueilleux comme appartenant à un même genre
(espèce )j mais ces tons différent évidemment entr'eux; par le premier nous ne marquons souvent que le juste sentiment que nous avons de notre dignité , nous faisons toujours (^anaitrepar le second, que nous portons ce sentiment beaucoup plus loin qu'il ne doit s'étendre.
Quoique le ton naïf et le ton ingénu soient aussi des espèces d'un même genre, on aurait tort de prendre l'un pour l'autre. L'un est celui d'une personne qui n'ayant pas la force d cacher ses idées et ses sentimens , laisse écha perles secrets de son âme, même lorsqu'elle ^ a intérêt ou qu'elle désire de les faire igiiorer-Tnir. L'autre est le signe de la candeur plutôt de la sottise et de la faiblesse ; il est le lot personnes qui seraient assez adroites ou maîtresses d'elles-mêmes pour déguiser leur çon de penser ou de sentir , mais qui ne pe vent s'y résoudre.
Quelques tons appartiennent en même à plusieurs genres.
U ironie peut être également dictée par la colère, par le mépris , par le simple eTijouefnem~~ ni; mais le ton ironique qui convient à l'un de ^^ces sentimens ne convient pas aux autres.
Ucunourel l'a/w/f/e parlent à certains éga jds
un langage commun , cependant leur ton u^^est pas le même.
MAÎVlifEL THÉA.tRA.L. 455
Uamitm çUe-mêxne ^a plasieurs^tons. Ce^ûi de la tendresse d'un père ponr son fils ^ diôere de celui d'un ami poor son ami. ; ^
On dit que Molière avait iioiaglrié deae^^àcès de notes , pour se rappeler <ièrtains iops heureux dans ses rôles, qu'il avait soin dé réciter 4^oujours de la même manière. ' -