DES DIFFÉI^ENS GENRES DE COMIQUE
Le comique noble peint les mœurs et les vices des grands ; ils difiièrent des mœurs du peuple beaucoup moins par la forme que par le fond. L'amabilité et la politesse qui colorent leurs actions , Thabitude qu'ils ont de feindre et de se voiler aux yeux des autres hommes , pour conserver la considération dont ils jouissent, rendent leurs ridicules et leurs vices bien plus difficiîps^.à saisir et à exprimer^ aussi ne se déploient-ils que dans les occasions forcées: car leiurs vices mêmes ont quelque . chose d'imposant , çjt Jeurs ri4icules sont si bien cachés qu'on ne peut les mettre en jeu que par les situations^ ce qui est une leçon pour le comédien, et lui apprend que le personnage qu'il représente ne dévoile les transitions de son caractère que lorsque la contrariété l'y force, et qu'auparavant il doit être caché sous d'aimables dehors j et pour le poète , qu'il ne doit faire paraître ses personnages que dans les situa-* lions qui les forcent à trahir leur caractère. Pour réussir dans le comique noble, il faut
doue réfléchir constamnient sur les mœurs, sur les pidicules et les caractères des hokhme» du grand monde et de la bonne société.
Le comique bourgeois attaque les prételi^ tions mal placées et les faux airs. Celui-ci est bien moins diflUcile à traiter que le comique noble. Les caractères sont moins voilés; ils ne se cachent qu'à demi ; s^annonceiït plus promptement et acquièrent un grand degré d'originalité dans les situations. L'étude qu'en en p^Ut'^^ire sur les hommes est bien jplus facile;' cette I classe moyenne étant plus nombreuse , et présentant un plus grand nombre d'originaux dont les caractères ne sont pliis bu moins cachés qu'en raison du ran^ qu'ils out dans la société.
$>as cmm.
Le bas comique imite les mœurs du bas peiï* pie : son mérite est le coloris , là vérité et la gaité , sans s'écarter de l'honnêteté et dé la délicatesse , car les bornes une fois passées dii tombe dans le grossier , qui bles3e le goût et les mœurs, et qui doit à jamais être banni du
théâtre. Lebascomiofae s'acquiert enobserviint lesgeas du peuple dans leurs fêtes, dans leurs ménages, et au moment où le vin commence à les échauffer : il tient beaucoup aux mamères.
La farce fait partie du bas comique; elle amusé, fait rire et n'occupe point. Autrefois on avait' dans le bas comique des Pasquins, des Turlupins ^ des Arlequins ' , des Scaranoi^ches, des Gilles , des Bouffons, des Pailhsses i des Cadets Roussel , des Jannots et des Jocrisses '.
" Mais ils sont devenus trop communs sur la Msène du monde , surtout les arlequins et les cillasses : on s'est alors lassé de les voir sur b théâtre.
H n'y reste guère maintenant que les crispins et les scapins^ dans les bonnes pièces de l'ancien répertoire. Potier^ acteur' du théâtre des Variétés, joue le galimathias avec un sang-froid, une impassibilité très-rares; il s'en est fait un puissant moyen de comique; il a créé ce nouveau genre. Voici l'étymologie du mot galimathias, qui signifie discours embrouillé :
■ Bomiaiquie Biancolelli fut la tige des arlequius. ' Dorvignj inventa les Jocrisses ^ que Brunet , acteur du théâtre des Variétés , a continué avec succès.
QO MANUEL THÉATUÀL.
Dans une petite ville, un coq fut dérobé à un nommé Mathias ; un voisin fut accusé ; Taffaire portée devant le juge du lieu , l'avocat , barbier du plaignant, voulant sans doute créer le style inversif, qui de nos jours est devenu tant àJa mode y s'efforçait de chercher en latin : de Ma-thias le coq^ du coq de Mathias; et il disait : Mathias gallo^ puis se reprenait et barbouillait : gallo Mathias ; le juge l'interrompit en lui di-» sant : Ayoc^i, galli mathias. Depuis ce temp« le discours embrouillé et insignifiant fut appelé galimathias.
U est à remairquer que Iç vulgaire du pti^ilic attribue souvent à l'acteur du bas comique » left pensées et les paroles de l'auteur; ce qui q0 contribue pas peu à faire la réputation de Wtn tains acteurs , surtout dans le genre niûis.
GONFIDENSp
Ceux auxquels on fait part de ses ^eçr^.t^» U est facile de se convaincre de l'imporr tance que l'on doit mettre à diriger les confidens , qui souvent par leur discordance dér^ truisent l'ensemble et l'harmonie de la situation. ( f^ojez exécution. )
U faut autant d'intelligence et de chaleur à un confident qu'à un premier rôle. Tous les rôles ^
qti^ qu'Us soient , demandent du talent et du travail; et les rôles de confidens sont plus importans qu'on ne croit. On pourrait même sy ^^ une réputation.
Il est à craindre cependant que les confidens soient jamais assez bien joués, car l'acteur qui se sent assezfort pour attaquer un autre emploi, dé^ daigne celui-là, et il reste médiocre ou passable dans un genre de rôle plus élevé , tandis qu'il aurait été très-bon dans celui qu'il abandonne.
Le principal défaut des confidens est d'être rampans au lieu d'être respectueux. Cette nuance observée , donnerait beaucoup pms d'importance aux rôles de confidens , et concourrait puissamment à l'ensemble.