‹ Theorie de l'art du comédienChapitre 82 sur 131 · PROSODIE · texte numérisé non relu

PROSODIE

vient de ^loç [pour) selon^ et de v<rn i) accent j c'est-à-dire prononciation ^me à l'accent.

que Ton met beaucoup ou médiocreu peu de temps à prosodier (prononcer) abe , cette syllabe est appelée longue , e ou brève .

s les syllabes ne pouvant être prononle même ton, il y a par conséquent

inflexions de voix. Les unes pour \ ton , les autres pour le baisser^ et [lie les grammairiens nomment accent.

I syllabe est prononcée avec douceur

rudesse , sans que cette douceur , ni desse aient rapport à l'élévation ou à ment de la voix : c'est là ce que Ton aspiration.

et plus ou moins de temps à pronon- [ue syllabe , en sorte que les unes sont

et les autres brèves ; c'est ce qu'on quantité.

•ois principes constituent la prosodie.

:vatiou : Pour prononcer île , brûle , îe horizontalement ce son. C'est comme lisait : i-ile , bru-ule y maïs pour pro-

iionccr mdle , môle , la bouche fait un mou^i^ ment ascendant ou vertical.

On aura donc soin de distinguer de queM J® manière une syllabe est longue , moyenne C^^ brève ; si c'est une longue verticale , c'est-^^" dire si la bouche fait, en prononçant, un mo vement ascendant y comme a , o , dans mdU^ mâle j ou si c'est une longue horizontale comme i , u dans i-ile , brû-ule , etc.

Urbain Domergue est le premier qui ait pa faitement bien senti et démêlé cette difierenc^^*

U y a des longues plus ou moins longues » et des brèves plus ou moins brèves; cela à la nature même des sons. Dans notre langj^ nous avons beaucoup plus de brèves que i- ® longues.

On sait à quel point la prosodie était po: chez les Grecs.

On sait, aussi du moins en ce qui regarde I longues et les brèves , quelle était celle de langue latine.

Les Romains apprenaient méthodiq et dès l'enfance à bien prononcer. UnromaiÉ un Athénien de la lie du peuple , aurait sifflé acteur qui eût allongé ou accourci une syllatu^ mal à propos.

Mais souvent un Français vieillit sans av(^ » ni lu y ni entendu, ni remarqué qu'il y ait d

MANUEL THÉÂTRAL. 56g

fUabcs plus ou moins longues les unes que ^ autres.

On a tort de négliger là prosodie , puisque 1 parole étant l'organe de la peilsée , on doit 'appliquer à la rendre plus insinuante , plus >ropre à persuader , plus capable de plaire.

Une des raisons qui font que la connaissance ie notre prosodie se perd de plus en plus, ce sont les changemens introduits dans Torthographe depuis soixante ans. On a supprimé la plupart dellettresquî ne se fesaient pas sentir dans la ^rotioiiciation ; mais si Ton entrait dans queljnes détails, on verrait que, bien loin de nuire ^ la prononciation, elles servaient à la fixer* ar exemple , on écrivait : îlplaisi^ i\ paist , ^Our faire sentir qu'on doit appuyer sur cette yl.labe , au Heu qu'on ne fait que glisser sur ^Ile-ci ; '\\Jait^ il sait. On écrivait par la même ^îsoh Jluste , ctouste ,. pour les distinguer de ^^ibute , déroute. On redoublait la voyelle ^C^ur aUonger la syllabe ; au contraire , pour abréger , on redoublait la consonne.

Il est certain aussi que le mot temps devrait ^^ujours s'écrire ainsi, et non pas de cette manière , tems.

En matière d'orthographe, nos pères n'a- V^ aient rien fait sans de bonnes raisons.

Voici ce que dit M, Lemercicr à propos ^e '^ de la prosodie : 'ae soi

« Ce que i'enibellisscinent du style est .^^u Ije sei langage trace , la pureté de la prosodie Vesi^^^ ime i langage parlé ou déclai^é. jnfi'/i

» L'élève apprendra donc cette prosodi^^^ rîfine qui consiste dans la double mesure de l'acceivit .^t et de la quantité. Par Tun, il fera sentir la ir ^- ^jd' leur des sons graves ou aigus et de leiurs int^ t- asu médiaire$ graduels; il distinguera délicatemeix^t mt les voyelles ouvertes, fermées ou muettes, ^t s&i les consonnes douces , rudes , liquides ou a. ^^ ^^^ pirées; par l'autre , il «appréciera justement 1^^^ î^ longues, les brèves et les moyennes, dont ^^ '^* jeu varié produit Touplioni^ des langues. Sec^^^ * être précisément soumises, dans la nôtre, ^ ^ la scandaison du mètre grec et latin , elles y sont pourtant assez perceptibles pour en con^ ^" tituer le rhythme harmonieux. Leur mesu:^^^ inégale n'est pas moins indispensable à la pro-^^ qu'à la poésie. En cflet. la prose ne devici^^-^'^ rhylhmique en ses périodes cadencées qim^ l'aide de ses diversités ^ puisqu'elle ii'a poin comme les vers, la quantité numérique syllabes , les retours de l'hémistiche , et le fra pement égal des rimes , avantages que lâi po^ joint encore à la quantité prosodique; qu'il bleu connaître pour ne priver ni l'une. ni Ta

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txe de leur justesse et de leur grâce. Tout ce que son emploi fournit trF^i^aiice prosaïque, me serait peut-être échappé, si, dans mon jeune âge, les confidences d^ ri^LgénieugcvReA^ nurdin de Saint-Pierre ne m'eussent expliqué les finesses de son beau style , et les mystères délicats auxquels l'avait înitié l'inimitable auteur d'£/w//e. Que n'est-ce ici le lieu ide vous îaransmettre leurs sedretè ! Que tie pùis-j'é de mêttie vous cotntnuriiqùier les subtiles rëyâatiens dé l'harmonie Jpôéti^ûé, aussi ciàirerùeiii' ^e les poètes Lebrun et Delille me les développèrent, en me dévoilant les savans artifiéfe^ ^é Fauteur de Phèdre el i'Athàlie\ Aloréiës acteurs déti*ômpéi^ de leurs erreurs journalières, ^^ douteraient plus que les docteis iîttératètii-s *^^ soient^les seuls maîtres capables d'èiiseigitiéf ^^ Vraie déclamation , qui s'éloigne autant dii •*éiît trop familier que du débit eiiiphatîcjùé. ^és hons auteurs j à-t-on dit avant tâoi^Jfbht "^-9 bons comédiens j et ceux-ci ne fofit jamais f^e des auteurs médiocres. Mieux que personiiè '^^s poètes indiqueraient l'usage henreuîc<^ de ^*^ccent : ils en savent distinguer les diviôrsds espèces , déjà bien définies pax; les philologues ■^^aétaphyslciens , sôus les dénominations d'ac^ ^iens grammatical, logique, oratoire, drama|:i- ^ue et harmonique. »

pROvnrcE.

Division d^un état.

En France, où tout change de nom, cr-^ entend maintenant par province tout ce qu^^ n'est point la capitale.

C'est une opinion généralement répandue qu'en fait d'acteurs la province ne peut forme de talens , et que les talens formés &^y perdent Un jugement aussi exclusif est détruit par le faits y puisqu'on voit tous les jours A&s suje distingués arriver des départemens. Nou^^ avouerons cependant que la province n'esC^ pas féconde en bons acteurs tragiques et comiques; ce qui est facile à expliquer, si ron. songe qu'on ne peut réussir dans ces deux genres sans des études approfondies et l'exemple des bons modèles , et que ces deux avantages ne se trouvent ordinairement que dam la capitale.

D'un autre côté, il n'y a pas de cabale payée aux théâtres de province ; il n'y a pas non plus^ comme à Paris, autant d'intrigues de coulisses; ainsi , lorsqu'un acteur est applaudi , on doit supposer qu'il le mérite. Mais ne pourrait-on pas en conclure en même temps que cette ra-

'revé d'applaudissancns peut être la cause des cris qu'on reproche généralement avec raison aux acteurs de province ; ils sont obligés de faire beaucoup d'efforts pour recueillir des applaudissemens , puisqu'il n'y a pas de provocateurs qui les leur fassent obtenir.

Cette observation donnerait Jieu à traiter une question assez délicate, relative à la c/ar -comanie y qu'EUeviou prétendait être aussi utile aux comédiens, que le lustre au n^ilieu de la saUe ; il s'agirait alors de savoir, si son utilité était reconnue , comment il faudrait qu'elle fût dirigée.

» Je me décidai à quitter Paris , dit Lariye ,

et je m'aperçus, avec une grande joie, que

'a cabale , l'intrigue et la jalousie ne m'avaient

pas suivi. Les suffrages difierens que j'ai eu le

*>oiilieur d'obtenir , m'ont prouvé que çp qui

«st vrai l'est partout, et que ceux qui savent

^^ïîtîr sont les seuls connaisseurs. Je suis loii^L

^^ penser comme beaucoup de gens le disei^t^

SfUe les talens perdent dans les départemens.

^^Mx qui pensent ainsi ignorent que c'est dans

^^ départemens que sont nés la plupart des

^^^ns dont jouit Paris j et que souvent ceux

il a formés, fiers de leurs succès dans la

^îtale , perdent beaucoup de leur lustre dans

^ départemens, où, souvent moins exalté cît

plus réfléchi, le public ne les prise queceqix '^ils valent. »

PUBUG.

Tout le peuple ; assemblée.

Beaucoup d'acteurs , et surtout des plus c::^^^' lèbres , ne sont devenus chers au public qu^^^" près avoir essuyé ses caprices.

Le public a quelquefois des momens de natisme et de fermentation , auxquels on ^cnie peut pas trop se fier. On entend dire qu'un g==^cteur est bon , et Ton s'aveugle à tel point q — ue Ton prend tous ses défauts pour des perfe ctions , qu'on les donne pour modèles , et q ve Ton prétend souvent en tirer des principe -Jamais il faut dire aussi que ces erreurs n*a^JDt jamais de longue durée , et que la mas^e finit par revenir à ce qui est juste et vrai. XjC goût du public peut errer , mais il ne se corrompt pas.

Les acteurs qui s'abandonnent ap public et qui ne font pas provoquer ses applaudissemeus, doivent être sûrs de leurs progrès et de leurs succès.

Les effets que produit , sur l'acteur qui est animé , le public par son silence attentif ou

murmure approbateur , ne sont pas moins aordinaires au physique qtt'au moral. ^ ieàucoup de pièces et d'acteurs n'ont dû r chute qu'au défaut d'^attentîon du' putlîc. On a vu des pièces , dans dîiïerens geiires » flées à la première représentation et être uées ensuite jusqu'à (idilt fois.'' ' XJn moyen excellent, pour rendre lîe public Uetitif, surtout dans un* tnômént de tumulte, •*est de prendre beaucoup de tètiips , dë'parler ^as tfabord et de paraître aussi quelquefois vouloir parler, sans pourtant le faire.

« On a remarqué, disait le baron de (rr/m/w, en 17 74 9 depuis dix ans , un changement irçssensible dans les jugeménà du parterre dès dif férens spectacles. Preièrqtté tout y réussit et rien n'y est délicatemeilt setitîî ïl lui arrive même ^welquefois de prendre grossièrement le change ^tii'^ce qu'on lui présente;^

y> Les progrès rapides qu'a faits le luxe j ^^^t peut-être la seule cause de^ ce cïlatige- ^^Ut j et l'on pourrait même direr qa*ils s*6^- ^^^ent quelquefois aux progrès dju 'iluéâtre>:/S>

"S^édairie et Collé oui cdb d'opposé exitr'i^ùx^i ^^^ le premier prend ses ispectâteurs pour, de»: s d'esprit, et que le second les preodÀu

^^iraire pour des bêtes. : . /'::.!>i

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