‹ Théorie de l'unité universelle (volume 3)Chapitre 106 sur 163 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Généralités sur l'équilibre de Ralliement. Principes déduits du *v Ralliement d'amitié.

Il est deux procédés à employer en opérations de ralliement passionnel : le négatif ou art de lever les entraves qui s'opposent à l'accord ; et le positif ou art de créer des illusions sympathiques entre gens antipathiques.

Les divers accords dont je vais traiter sous le nom de Ralliement, ne procéderont que par l'une ou l'autre de ces deux méthodes, la négative, Entrave levée; la positive. Illusion créée, ou par la réunion de l'une ou de l'autre.

Distinguons les ralliements en directs et inverses.

L'art d'affectionner les pauvres aux riches sera procédé ascendant ou direct, puisque l'essor amical s'élévcra des inférieurs aux supérieurs , de la basse condition à la haute.

L'art d'affectionner les riches aux pauvres sera procédé d'ordre descendant ou inverse ; l'essor de la passion descendra de la haute classe aux inférieures.

Passons aux exemples, et d'abord à l'essor ascendant d'amitié , qui est dû principalement au service charitable exercé par les Petites Hordes (4e. section, 3®. notice).

Dans un état de choses où le peuple jouit d'un minimum

LIVAEIT. SECTION ni. 383

soifial ou hoDDèle Dëcessaire , sans obligation an trayait , il refuserait les trayaux immondes, pour peu qu'on y attachât quelque mépris. On serait réduit à les faire exercer par une classe avilie, par des esclayes, des nègres, des parias.

Mais l'existence d'une classe avilie suffirait à troubler tout le mécanisme sociétaire : en effet, il doit se composer, dans chafde Phalange, de 810 caractères de franc titre et SOCIABLES ENTRE EUX; puis de supplémentaires ou faibles titres, qui étant analogues aux 810 de grand clavier, et devant les remplacer en cas d'absence ou maladie, sont également gens honorables et sociables avec la masse.

Une classe méprisée ne serait plus sociable avec les autres : on ne déciderait pas aujourd'hui une compagnie de ducs et pairs à fréquenter habituellement une troupe de savetiers. Cependant la Série de savetiers d'une Phalange, faisant partie de 810 caractères actifs et des supplémentaires, doit être sociable avec la masse, II faut que ses fonctions soient honorables et considérées , et que les savetiers soient gens d'aussi bon ton que les marquis, pour que les marquis se décident à fréquenter les savetiers. Il fout enGn créer double lien d'amitié; t ascendant, des plébéiens aux grands, et le descendant, des grands aux plébéiens.

C'est à quoi l'ordre sociétaire procède par quatre moyens.

Ralliements d'amitié. Mode.

Ë L Par << e'ducation unitaire : » . Ascendant Nég. I G Par les intrigues de Série : { Entrave levée,

E L Par division sériaire. i Descendant Pos.

I G Par la domesticité passionnée. ) Illusion créée,

lo. VÉducalion unUaire et les Petites Hordes sont

384 A8S0CUTI01I composIe.

le moyen principal de rapprochement, en ce prëTiennent la scission du riche au pauvre ; elle natirail des fonctions avilissantes; il n*en existe plus d'après reotremise de cette corporation nécessairement chère k lOQle la classe populaire , à qui elle ouvre les voies à la consîdëration. Elle passionne le peuple pour les rîohes dont il voit les enfants intervenir pour lui épargner des travaux humiliants , et rendre honorables toutes les fonpiioes industrielles. L'éducation unitaire est le vrai moyen de préparer la sociabilité générale , et faire naître chez le pauvre l'amitié pour le riche» le ralliement aeeendani.

20. La dioision sériaire. On a vu (UI, 521) comment elle entraîne Hondor à s'associer au groupe des cultivateurs de pêchers. S'il faut, comme en civilisation, qu'on riche surveille toutes les fonctions sous peine d'être dupé , friponne sans cesse et de voir péricliter toute brancha oA il n'intervient pas, le travail lui devient odieux; ceux qui l'exercent lui sont suspect^.ol les. traite en ennemis. Mais si par les charmes de division sériaire (décrite III, 521 ), Mondor est excité à celle culture ; s'il s'y empare d'one branche telle que Témondsige , il devient bienveillant pour ces industrieux qu'il dédaignât} eux, de leur côté, s'attachent vivement à Mondor qu'ils voient coopérer à leurs travaux favoris, et les aider de son crédit. La distribution sériaire est donc 2®. voie de ralliement ascendant ou direct , qui excite l'affection des pauvres pour les riches.

3<>. Les intrigues de série. L'obstacle d'amitié causé par l'inégalité des fortunes et des rai^s, .disparaît du moment où l'esprit cabalistique peut intervenir, et où la garantie de minimum rassure le riche contre le danger de sollicitations, pièges et friponneries. On a vu, en affaires de révolution , les grands s'abaisser à des cajoleries avec

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les derniers plébéiens. Galon et Scîpion , en un jour d'élection, serrent la main aux petits électeurs de campagne : il est donc évident que le riche ne craint pas d'entrer en commerce avec la classe inférieure , quand le levier de rintrigue est mis en jeu, et quand cette classe est à Tabri du besoin ; ce qui a lieu en Harmonie.

Ajoutons que le riche, éprouvant comme d*autres le désir de rivalités cabalistiques (essor de la 10^. passion), s'affectionne aux réunions où il jouit de ce plaisir qui est porté au plus haut degré dans toutes les Séries pass. : dés lors tout homme riche en épouse les intrigues , en aime les sociétaires, dont un tiers au moins est de classe inférieure.'

En s'associant aux cabales industrielles de 50 Séries, le riche en vient donc à aimer la classe pauvre de la Phalange. Ces cabales sont voie de ralliement descendant, qui affectionne les riches aux pauvres. (Observons que le nom de pauvre , appliqué à l'Harmonie , équivaut à celui déclasse bourgeoise, qui n'est jamais pauvre, puisque son minimum lui assure le train de vie de nos riches bourgeois).

40. La domegiicité passionnée. On en a lu les tableaux, sect. S, chap. S. Le salaire transforme les inférieurs en mercenaires mécontents et jaloux des supérieurs ; ceuxci, per contre-coup , haïssent la classe qui les sert^ ouvrière ou domestique. J'ai prouvé (HI, 526, 527) que le service harmonien dégagé de salaire, est passionné, affectueux de la part des inférieurs ; c'est une voie de liens descendants, du riche au pauvre. Une gouvernante, qui veut maîtriser un vieux garçon , lui persuade toujours qu'elle le sert par amitié. Cela est quelquefois vrai , et, malgré que l'intérêt soit fréquemment le mobile des gouvernantes,

386 ASSOCUTION COHPOSÉE.

on Toil beancoDp de célibataires pris au piège, ëpoaser 00 doter celle qui les sert.

L'affection du riche naîtra bien mieox pour les senriteurs, quand il sera prouvé que leur entremise est nne préférenpe affectueuse , puisqu'ils ne seront point payés par celui qu'ils serviront. Chacun se livrera à l'impulsion de la nature, à l'amitié pour des êtres de qui on reçoit des soins gratuits.

Or, à examiner le mécanisme sociétaire , on reconnaît que toute la classe pauvre y est affectée au service du riche. Dans les appartements, les écuries, les jardins, les caves, les cuisines, etc., le riche ne saurait faire un pas sans voir les pauvres travaillant avec ardeur à satisfaire quelqu'une de ses fantaisies , faisant passionnément un service qu'il serait obligé de salarier en civilisation. H aimera ces classes inférieures , par influence de la domesticité passionnée ; elle est donc en amitié 2®. ralliement descendant. [Inde inférieur bien plus affectueux pour supérieur qui le sert.]

J'ai défini le ralliement d'amitié en ressort quadruple ou bi-composé, pour en venir à poser le principe.

Que les ralliements sont une mécanique à seize rouages, oié chaque équilibre ^amitié, d'amour, d'ambition, de famUlisme , dépend du concours interne de ses quatre ressorts, et du concours externe des trois autres ralliements , équilibrés de même à quadruple ressort.

L'intervention combinée de ces i quadrilles d'accords produit l'équilibre pivotai X ou unitaire, but collectif de r Association (sujet de la 8®. section).

A examiner isolément chacune des quatre voies de ralliement, on la trouvera faible, insuffisante, soit en amitié, 3oit en ambition : il a donc fallu poser d'abord en priq*>

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