CHAPITRE V
Objections sur l'Harmonie de répartition.
Avant de passer de celle des groupes à celle des Séries, je vais examiner trois objections seulement sur la distribution faite aux individus d'un groupe sociétaire.
io. Argument d'analogie mathématique : on objectera que dans la répartition indiquée, l'équilibre est en raison inverse des distances, et non pas inverse du carré des distances; méthode qui semble déroger à l'unité, en ce qu'elle établit, de l'harmonie passionnelle h la sidérale, même différence que de la racine au carré , que de la 1'*. puissance à la 2*.
Cette dilKrenoe est un jattribut de l'unité, qui est sujette, comme toute la nature, À la progression engée par la passion foyére X unitéisme..
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Les créatures de l^i*. échelon harmonique, les hommes, gratitent sor le luxe ou foyer, en raison inverse de la i'^ puissance, ou somme simple des distances.
Les créatures de â^. échelon barmoniqne, les planètes, gravitent sur le luxe ou soleil, en raison inverse de la 2®. puissance ou carré des distances.
Les créatures de 5^. échelon harmonique, les univers ou pommes de tourbillon, gravitent sur un univers pivotai, en raison inverse de la 5% puissance ou cube des distances.
Et ainsi des créatures de 4®. échelon, dites Binivebs ou pommes d'univers ; de 5®., les Trinivers ou pommes de binivers; de 6"". , les Quatrinivers, etc.
L'homme n'étant que de bas degré, que dernier échelon des créatures harmoniques, il doit graviter en raison inférieure d'un degré puissanciel à celui de la planète, qui est en échelle d'harmonie un chaînon de 2^. puissance. L'unité dérive donc précisément de cette inégalité de degrés puissanciels sur laquelle repose l'objection.
2^. On doutera que les effets d'amitié et de générosité énoncés aux précédents chapitres soient applicables aux groupes industriels en général , et surtout à ceux de travaux peu attrayants, labour, fabrique, etc.
Nous concevons, dira-(-on, que Grésus dédaigne sa part de bénéfice industriel, 20 ou 30 fr. sur un travail de pure amusette, comme la culture des œillets. Nos Grésus font souvent des frais> énormes pour leur parterre, et tel qui a la manie des fleurs, loin de chercher à gagner 20 fr. , n*en est pas quitte, au bout de l'an, pour vingt louis de frais, outre les embarras de gestion, surveillance et friponnerie.
D'ailleurs, un fleuriste civilisé n'a pas l'avantage d'être
Sf 6 AftsocuTion cowcnaCr.
secondé par des AnarjUis, des Gatatée, que mo^ Cirèsus voudraient, ao prix d'une forte somnet attirer à aoîgiier le parterre avec eux; et de même, plus d'une dcmairiëre' s'adonnerait ardemment à la eillture des œillets, sî elle voyait ses fatigues adoucies par les soins du beau Tîtyre, du bel Endymion : k ce prix nos douairières euliiTeraient au besoin les ronces et les épines.
Mais comment organiser ces réunions si gracieusement assorties, dans des travaux presque répugnants, tels que le labourage qui n'a pas, comme les œillets, le pouvoir d'attirer un Crésus, une Artémise ? La charrue, la rizière, n'attirent que des athlètes pauvres, qui ne sont goinl disposés à céder leur quote-part de bénéfice.
Je réponds que ladite cession est un ressort accessoire ;. l'Harmonie s'établirait sans c^te générosité, et par d'autres liens non encore décrits. D'ailleurs, on se tromperait lourdement en estimant, d'après l'état actuel d'une industrie, la dose d'attraction qu'elle exerce en Harmonie. Cette charrue si odieuse aujourd'hui sera conduite par le jeune prince comme par le jeune plébéien : elle sera une espèce de taumois mdustriel^ oà chaque athlète ira faire ses preuves de vigueur et dextérité, s'en faire Taioir devant les belles, qui viendront clore la séance en apportant le déjeûné ou le goûté.
Un jeune prince élevé dans la Phalange y aura, dès Fâge de huit ans, conduit de petites charrues avec le chœur des séraphins. A onze .ans on> le verra, par plaisir et par amour-propre, man^ déjà une looyenne charrue, et s'appuyer, pour l'adoussion aux gymnasiens, de la profondeur et de la régalante des sîlions qu'il aura Iraeés. Il briguera l'honneur de concourir, avec de plus âgés, au labour d'une terre légère : le roi son père y applaudirar
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comine le père de la princesse Nausieaa lui applaudissait lorsqu'elle allait elle-même laver ses robes. (Odyssée.)
Ainsi chacun sera laboureur, dans l'Harmonie, et se fera une fêle de la courte séance de deux heures de labour qui réunira, par intervention des cohortes vicinales, quatre ou cinq appâts divers et inconnus en civilisation, comme la lutte industrielle entre les cohortes, sur la beauté et la manœuvre de leurs bœufs; lutte qui offrira aux connaisseurs, autant d'intérêt que nos courses de chevaux.
3®. On arguera de rinsuISsance des moyens actuels en Attraction : où trouver, pour le canton d'essai, des nymphes propres à exciter Tenthousiasme dans les groupes industriels? On ne trouvera que de grossiers paysans, avec qui tout sybarite répugne à frayer, et encore plus à s'assoeier dans les travaux champêtres.
Pour réfuter ces objections et autres sur les lacunes d'Attractions, examinées à FÉpi-Section, il faudrait anticiper sur Tordre des matières : n'ai-je pas dit qu'on débutera par l'Association simple, et que dans le cas où on fonderait d'emblée la composée, on ne pourrait pas former toutes ces Harmonies transcendantes avec une grossière génération de civilisés? Elle se polira pourtant assez promptement : nos rustres seront d'abord enthousiasmés ^d'un état de choses qui leur assurera plus de bonheur que n'en trouve aujourd'hui le seigneur dans son château. Ils seront bien vite corrigés de leur grossièreté, quand ils trouveront dans la politesse une voie de fortune assurée. Chacun d'eux deviendra, au bout d'un an^, ce que devient aujourd'hui le paysan, qu'une hoirie d'un million installe dans un bel hôtel, où il se purge bien vite de sa crasse originelle r
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Je me borne à ces trois objections entre beaucoup d'autres. A les bien examiner, elles militent contre la civilisation. Par exemple, on est tenté de croire que nos sybarites ne voudront pas être a*ssociés avec Grojean et Margot : ils le sont déjÀ aujourd'hui (je crois l'avoir fait observer). L'homme riche n'est-il pas obligé de débattre ses intérêts avec vingt paysans qui tiennent ses fermes, et qui tous s'accordent à griveler sur lui? Il est donc, par le fait, associé des paysans^ obligé de s'informer des bons et mauvais fermiers, du caractère, des mœurs, de la solvabilité et de l'industrie ; il est en société très^direcie et très-fatigante avec Grojean et Margot; il ne sera, en Harmonie, que leur associé indirect^ dégagé des comptes de gestion qui sont réglés par les régents, procurateurs et officiers spéciaux, sans que le capitaliste ait besoin d'y intervenir, ni coure aucun risque de fraude. Il sera donc délivré des désagréments de son association actuelle avec les paysans; il en contractera une nouvelle où il n'aura rien à leur fournir, et où ils ne seront pour lui que des amis officieux et dévoués, selon les détails donnés sur le régime des Séries pass. et sur les ralliements. Si dans les festivités il parait à leur tète, c'est qu'il lui aura convenu d'accepter le grade de capitaine. S'il leur donne un repas de corps, c'est qu'il prend plaisir à se reconnaître de leurs prévenances continuelles. [Celte intimité sera même active la première année, si on fait un bon choix de paysans, polis comme ceux de Paris et Tours. D'ailleurs le peuple barmonien se polira trés-promptement.]
Ainsi l'argument élevé sur les répugnances d'association entre Mondor et Grojean, déjà associés de faity n'est , comme tous les autres, qu'une argutie vide de sens, et dénotant seulement que la civilisation sait semer des
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germes de haine partout où rHarmonie créera ( 458 ) » entre le riche et le pauvre, des germes d'affection. J'invite le lecteur à se défier de ses faux jugements sur ce sujet : si l'on a passé 3000 ans à étudier la science de discorde sociale ou civilisation, l'on peut bien accorder trois semaines d'étude à la théorie qui va donner tous les biens opposés, et ne pas se hâter d'accumuler les objections avant de connaître en plein les moyens d'exécution, dont ces premiers tomes. sont loin de renfermer tout le sys^ téme, [ei dont on ignore encore le plus brillant ressort, exposé au 7®. chap, , équilibre hypoHinitaire.