‹ Théorie de l'unité universelle (volume 4)Chapitre 25 sur 90 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

De rÉconomisme composé et poissanciel» yices do simplisme en

éconoime.

Qu'est-ce ? Encore des calculs sordides ? non : j'en ai fini, quoiqu'il eût fallu en redoubler, peut-être , pour se mettre ati ton d'un siècle tout mercantile» tout fiscal, tout absorbé dans les loteries d'agiotage et les illusions de cupidité. Aussi chacun, sur l'annonce d'une découverte, s'écrie -t-il du premier mot, y aura-t-il de l'argent à gagner ? C'est pour satisfaire ce goût dominant que je dois m'appesantir sur ce qui touche au bénéfice. Terminons donc ces instructions préliminaires, en redressant une erreur qui vicie le génie moderne en toutes spéculations d'intérêt , et qui l'empêcherait d'apprécier arithmétiquement les effets de l'Association.

Accusons-le d'abord sur la manie des améliorations simples qui se contrecarrent et se neutralisent. Tel canton aidé d'une société d'agronomes a légèrement perfectionné une branche de culture : on chante victoire , et sur quoi ? Sur ce que le bien a fait un pas , tandis que le mal en a fait dix, par la dévastation des forêts et l'empirisme des climatures. Les modernes se défieraient de pareiU«!i illusions, si la science les eût habitués à calculer sur l'ensemble des biens désirables, spéculer sur le tout combiné avec les parties, enfin s'élever du mode simple au composé intégral (II, Note A 91 ).

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Observons ce vice de simplwne dans Tensemble des voies et moyens d'enrichissement; pois nous descendrons do tout à la partie , à la source , qui est la journée de travail.

il est deux principes constituants du luxe ou richesse : L'interne » ou santé proportionnelle aux âges; L'externe, ou fortune proportionnelle aux classes.

La fortune nous assure les jouissances du luxe condilionnellementy et sauf la santé ou luxe interne, essor complet des facultés sensuelles.

L'économisme composé doit spéculer sur le concours des deux luxes; il tombe dans le mode simple, s'il oi^anise an régime où les deux luxes ne marchent pas de concert , ne se prêtent pas un appui réciproque.

Le contraire a lieu en civilisation : l'on y observe que la classe opulente a moins de vigueur que le campagnard, qot, peu rétribué en richesse externe dite fortune, obtient davantage en richesse interne ou santé : on ne voit guère la goutte s'installer dans les cabanes; on la voit fréquemment sous les lambris dorés.

L'ordre civilisé établit de fait un conflit des deux luxes, une scission entre eux; car le luxe interne ou santé proportionnelle aux dges est en raison divergente da luxe externe ou fortune proportionnelle aux classes. Le riche est moins robuste que le pauvre; ce qui est, en mécanique, la plus monstrueuse duplicité d'action. Les deux luxes doivent, selon l'unité, être convergents; chacun des deux doit soutenir l'antre et conduire à l'autre. Quoi de plus vicieux qu'un assemblage de deux éléments qui se contrecarrent ! c'est l'image de ces mauvais ménages où chacun des deux époux ruine à l'envi la maison.

Telle est parmi nous la marche des deux luxes too-

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jours en cooflit : Texterne oa richesse entraîne à des excès qui altèrent la santé ou luxe interne ; et de même le luxe interne ou yigueur entraîne à des abus de plaisir qui eom* promettent la fortune. Tous deux se détruisent l'un par l'autre : comment nos beaux esprits osent- ils parier d'unité d'action et d'économie de ressorts, quand la duplicité règne dans le jeu des ressorts primordiaux? Peuvent-Us nier qu'il n'y ait jeu discordant ou simple dans ce mécanisme , où l'on s'éloigne de h richesse dans les fonctions qui donnent la santé , et où l'on s'éloigne de ia santé dans les plaisirs que procure la richesse? Peuventils nier que le bonheur et la sagesse consisteraient dans un ordre de choses qui combinerait richesse et santé, conduirait à l'une et à l'autre simultanément? Telle est la propriété du régime sociétaire.

Un préjugé nous a abusés sur le désordre actuel ou conflit des deux luxes : on a pensé que la Providence avait voulu partager ses laveurs , donner au pâtre et au sauvage la vigueur en indemnité de leurs privations. Ce sophisme présente une idée de balance équitable ; il n'est pas moins erroné : ce n'est pas ainsi que Dieu spécule sur la justice ; nous verrons à l'article du malheur bi-^omposé, chap. suivant, qu'il ne veut rien de simple dans la destinée de l'homme , et qu'il ne place pas l'équilibre dans une divergence, mais dans une convergence d'éléments contrastés.

Tel est l'effet des Séries pass.-, où l'homme riche a encore plus de santé que le pauvre ; ce qui n'empêche pas que celui-ci ne soit trés-vigoureux , et qu'on ne voie un homme sur douze atteindre & 144 ans. Hais les riches harmoniens ont en plus grande abondance les garanties de vitalité , parce que leur carrière plus fournie d'attraction

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est plus actÎTe, plus yarièe, plus apte à prévenir les excès. Ainsi s'établit le concours de la vigueur avec la richesse ; eoncours sans lequel il n*y a point d*unité d'action entre les deux ressorts (luxe interne et externe).

Précisons bien ce tort radical de nos équilibristes so * ciaux, tout ahenrtès à spéculer en simple ; savoir : Les politiques , sur la richesse en négligeant la santé ; Les moralistes, sur la ssinté en négligeant la richesse. Tout étant composé dans la destination humaine , si la masse n'arrive, pas aux deux liixes combinément , elle tombera dans les deux pauvretés cumulativement. C'est ce qui a lieu dans l'état actuel où l'on voit une chute Des GRANDS en pauvreté relative ,

en débilité comparative et réelle ; Des PETits en pauvreté réelle ,

en débilité relative et obligée (i).

Tels sont les résultats constants de l'état morcelé. Peu importe que les théories prétendent nous conduira au luxe composé , ou luxe interne et externe , quaqd il est notoire que le civilisé est moin$ robuste que le s^mvage » et le citadin moins que le villageois ; qu'enfin l'ordre civilisé

(i) Elle est obligée , en ce que le besoin de travailler les force à &ire le sacrifice de leur sa nié daqs dçs fboctions mab^i^iaes , des ateliers insalubres, [aciérie], des exercices outrCfs q.ui qsçiudc bonne heure les tempéraments , exposât le peuple aux fièvres et épidémies, sans mojrens de iraitepent.. 11 est donc en débilité relative et obligée; et rieo n'est plus fau^ que ces visions d'équilibre qui placent la santé chez le peupU eR dédomip^gemieAt des richesses. Il a les germes de sj^té; maif il çst fyx^i ^ s'e[9 priver lui-même et se précipiter par inisère dans Içs maladies, pqurir a la mort pour échapper k la famine.

L'esprit civilisé, tout sophistique, aime k se repaître de corn-

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