‹ Théorie de l'unité universelle (volume 4)Chapitre 66 sur 90 · III. îQ · texte numérisé non relu

III. îQ

Indiquez donc la somme qu'on voudra y affecter. Je laisse l'option sur toutes les sommes , depuis 10,000 fr. jusqu'à 10,000,000 fr. : toutes peuvent réussir également, sauf le degré d'influence qu'aura le fondateur , el sauf le degré d'essai qu'on voudra tenter, depuis la Pba* lange de pleine Harmonie à 15 ou 1600 sectaires, jusqu'à la Phalange sous-hongrée, qui peut se réduire à 200 personnes, soit 40 familles de villageois et artisans, selon le tableau II, 17.

Le fondateur sera-t-il un souverain ou un particulier ^ $^a-t-il de classe moyenne, comme un grand propriétaire ou un riche banquier? Toutes ces variantes de facultés individuelles fourbissent autant de chances, quant au versement du fonds capital ; ei il est très-certain qu'un grand souverain pourra, moyennant une avance de 10,000 fr., fonder une Phalange de haute Harmonie, ce que ne pourrait pas faire à égal prix un simple particulier.

Expliquons le mystère : ce souverain peut, de ses domaines ou forêts, fournir le terrain en bail ou fermage, et avec grand bénéfice ; l'avance ne lui coûtera pas une obole , car on transigera avec les fermiers qu'on admettra 4ans l'Association. Il trouvera au bout de trois ans un ample bénéfice dans la vente de son terrain que rachètera ja Phalange quand elle sera en plein exercice.

Un souverain peut donc affecter une de ses forêts , en tout ou en partie , pour éviter un achat de terrain cultivé. Le roi de France pourrait assigner , sur la forêt de Sainl- Germain, une portion prise entre Poisy et Ôonflans. Un roi peut prêter quelques bataillons pour faire la coupe et coopérer aux travaux de défrichement et fondation; il peut aussi avancer un de ses domaines cultivés , car il est bon que la Phalange d'essai trouve quelques vergers déjà

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emplantès et donnant da fruit ; quelques vignes d'&ge ; enfin quelques occupations productives de la première année.

Si un grand souverain consent , comme il le peut » à faire l'avance de ces divers. objets qui ne lui coûteront aucun déboursé 9 il ne lui restera que peu de frais à faire pour installer la Phalange. Il pourra y affecter (toujours à titre d'avance remboursable ) un de ses chÂteaux inutiles , par exemple, Ghoisy ou Meudon prés Paris. Mais comme les bâtiments civilisés sont distribués sans aucun rapport avec les relations d'Harmonie, il conviendra beaucoup mieux de construire en plein l'édifice et les étables , sauf k b&tir économiquement en briques et matériaux de peu de valeur; précautions nécessaires, puisque la Phalange d'essai , dépourvue d'expérience , commettra nécessairement des fautes sur les dimensions convenables à l'édifice.

En supposant la fourniture du terrain et le prêt de quelques bataillons à petit salaire, pour accélérer le travail de fondation, il ne restera à faire que peu d'avances pécuniaires pour les constructions, plantations, achats d'animaux, établissement d'ateliers et équipement des sociétaires de la classe pauvre.

Admettons que pour ces divers frais il faille encore une somme de quatre millions de francs dont les constructions absorberaient la majeure partie : on divisera cette somme en 400 actions de dix mille francs, et si le prince prend la première action , les courtisans, financiers, banquiers, prendront à l'iiistant toutes les autres, vu qu'il n'y a pas une obole à risquer, l'affaire étant purement agricole et manufacturière.

D'ailleurs, dès qu^on aura mis la maiii à l'œuvre, dès

que le monde civilisé verra que la civilisation va ^mr et

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4JS6 ASSOCUTIOIf COMPOSÉE.

qu'il feul tourner se^ vues vers le tioavel ordre » les actions du canton d'essai se vendront à une hausse inappréciable et dont j'indiquerai {dus. loin les causes.

Si le prbce, en délivrant les actions, se réserve de les retirer moyennant un bénéfice de 50 p. 0/0 aux délenteurs , il aura la chance de gagner deux millions dans le cas de doublement, 6 millions dans le cas de triplement du prix. Or, il est certain que , pour l'avantage d'être actionnaires de la prenMèf e Phalange » beaucoup de mem* bres achèteront à 30»000 fr. l'action qui n'en aura coftié que lOjOOO. Ils y trouveront bénéfice pécuniaire sur ie revenu, triple de celui de civilisaiion, et avantage de prérogatives que donsera le rôle d'actionaaire : on en verra plus loin le détail.

Ace compte , un souverain fondateur n'aura réellement avancé que 10,000 fr. employés à la première action, et pour ce faible effort;, il aura, la garantie de l'omniarchat du globe , ou sceptre héréditaire de l'unité universelle , ( II , 376 ). C'est un résultat si plaisant et si facile , qu'il conviendra de le démontrer ampleo^at dans des chapitres spéciaux. En attendant, il est bon de l'annoncer, pour rassurer ceux qui craignent qu'on ne réussisse pas à engager un des princes d'Europe à celte fondation. Il est plus probable que la majeure partie d'eatre eux s'en disputeront l'honneur, puisque les petits souverains de 400, 300 et même 200,000 habitants , comme ceux de Darmstadt , Parme et Weïmar ^ ont tous tes moyens nécessaires pour opérer cette fondation sans bewrse délier, et en se bornant à prendre h prenûér e acti^ui , avec réserve de rachat du tout à 50 p.. OjOde bÈnéfiee.

Yotlà une chance ëcomn>tque pour un monarque ou prin^ j'en tndifUierais vingt autres pour des particuliers

moins puissants , et qui ne voudraient entreprendre pour essai qu'une Phalange minime à 40 familles villageoises, opérant sur un petit terrain , sur un carré de 500 toises de base> On aura mille moyens d'éviter la dépense d'un dovis général de 10 millions en grande Harmonie , ou 3 à 4 millions en petite.

Sans nous arrêter à l'examen de ces voies d'économie dont je pourrai disserter, au* besoin, avec TentreprencQr, étadions notre théorie comme si les fonds étaient faits, comme si on était déjà assuré d'un prince ou d'une compagnie de souso'ipteurs prêts à verser, soit dix millions, soit cinq, soit deux, selon le de^ d'épreuve auqnd on se décidera, et ne perdons pas de vue que, pour bien connaître la théorie d'Association en tous degrés, il faut étudier le phis élevé, d'oà on descendra facilement aux autres. Nous allons donc continuer sur rbypothése d'un ess» de la grande Harmonie à io ou 1600 personnes.

On ne peut pas admettre indifféremment toute masse de colcQs. Il faut établir une proportion entre les fortunes et le nombre des sectaires : en voici le tableau.

TABLEAU DES GRADATIONS DE FORTUNE ET DE NOMBRE , BUGIBLBS 1>ill8 GBiOUB DKBB D'BAIMOmB PASSIOIfNBLLB.

Vegrcs. Tftmbre d'agents. £dieKe de forttmes,

^ .... âOO SouS'Hongré, de 0 à 30,000 environ.

i . . . . 400 Hongre, 0 a 60,000.

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