‹ Théorie de l'unité universelle (volume 4)Chapitre 82 sur 90 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

IndépendaDGe indiTidoelle dans les Série* passionneUes.

Dans cette section affectée aux esquisses du passionnel, nous avons à préluder sur les accords d'intérêt et de ca« ractëre. Il faut des aperçus en morale harmonienne, et des aperçus en politique harmonienne. Ele?ons-nous par degrés de l'une à l'autre» en donnant deux chapitres à la morale , deux chapitres au mixte , et deux chapitres à la politique.

Nous abordons ici le sujet le plus important en Harmonie domestique, l'accord passionné des senriteurs avec les matlres , l'art d'exciter le dévouement respectif entre les deux classes. Est-il un art dont la civilisation soit plus éloignée? ou pour mieux dire, n'est-elle pas antipathique avec tout accord des inégaux, notamment celui des maîtres et des valets? On va voir comment cette branche d'unité domestique, si impraticable dans l'état actuel, s'établit en Association sans aucune sagesse politique, et par le seul essor des passions.

Rien n'est plus opposé à la concorde que l'état actuel des classes de domesticité et de salariés. En réduisant cette multitude pauvre à un état trés-voisin de l'esclavage, la civilisation impose par contre-coup des chaînes à ceux qui semblent commander aux autres. Aussi les grands n'osent-ils pas se divertir ouvertement dans les années où le peuple souffre de la misère. Le riche est sujet aux servitudes individuelles comme aux collectives. Tel homme opulent est souvent parmi nous l'esclave de ses valets ; tandis que le valet même jouit dans l'Harmonie d'une complète indépendance, quoique les riches y soient

servis avec un empressement et un dèvoueme&t dont on ne peut pas trouver Tombre en ciyilisation : expliquons cet accord.

Aucun sociétaire dans THarmonie composée ( 8®. période, 11,33) n'exerce la domesticité individuelle; et pourtant le plus pauvre des hommes a constamment une cinquantaine de pages à ses ordres. Cet état de choses dont l'énoncé fait d'abord crier à l'impossible, comme tous ceux du mécanisme des Séries, va être facilement compris.

Dans une Phalange, le service domestique est géré, comme toute autre fonction^ par des Séries qui affectent un groupe à chaque variété de travaux. Lesdites Séries, dans les moments de service, portent le titre de pages et pagesses. Nous le donnons à ceux qui servent les Rois ; on le doit à plus forte raison à ceux qui servent une Phalange ; car elle est un Dieu agissant ; elle est l'esprit de Dieu , puisqu'elle se compose des douze passions harmo-^ nisées

par Attraction passionnelle , \

Vérité pratique , [ et Unité d'action.

Justesse mathématique , )

C'est donc servir Dieu, que de servir la Phalange col-^ lectivement; et c'est ainsi qu'en Harmonie le service domestique est envisagé. Si on ravalait comme aujourd'hui cette branche primordiale d'industrie, l'équilibre passionnel deviendrait impossible.

A cet ennoblissement idéal du service , on joint l'ennoblissement réel , par la suppression de dépendance individuelle qui avilirait un homme en le subordonnant aux caprices d'un autre. Analysons le mécanisme du service collectif libre, dans une fonction quelconque, celle de camériste ( femme qui fait les chambres , les lits ).

5S8 ASSOGUTION COliPOSéE.

La pagesse Délie sert dans le groape des camëristes de l'aile droite; elle est brouillée arec Léandre; elle omet son appartement dans la visite du corps de logis dont elle est chargée; d'autres la suppléeront : il u en est pas moins bien servi; car Eglé et Phillis , deux des pagesses de ce groupe, se chargent de l'appartement de Léandre qu'elles affectionnent.

Il en est de même aux écuries : si le cheval de Léandre est quitté aujourd'hui par un des pages» il est repris et pansé par un autre page» ami de Léandre » ou par les pages de ronde. Ainsi dans toute branche du service, chacun voit s'empresser pour lui ceux dont il possède l'attachement 9 et à défaut de qui il serait soigné par la masse du groupe.

Chacun peut, dés l'heure suivante, rencontrer dans d'autres fonctions ceux qui l'ont servi l'instant d'auparavant, et qui se trouveront peut-être ses supérieurs en changeant de travail. Eglé servait Léandre à 7 heures : mais à 9 heures il y a séance & i' Abeillerie ; Léandre est un des nouveaux sectaires; il n'a pris parti aux Abeilles que depuis six mois; il est encore neuf dans ce travail; Eglé qui l'exerce depuis l'enfance , y est très-habile , et Léandre se trouve sous ses ordres à l'Abeillerie » dans la fonction où il s'entremet.

Sous un tel régime, personne ne s'inquiète de se faire donner des soins domestiques ; on n'a sur ce point qu'à fixer son choix sur les prétendants ; car sur vingt pages qui servent telle écurie » il y en aura au moins dix en liaison très*intime avec Léandre , par affiaité cabalistique dans plusieurs Séries [ des jardins , des vergers , de l'opéra ; ] de sorte qu'il ne manquera jamais d'un ami pour le soin de son cheval qui , dans tous les cas , serait

très-bien soigné par les pages de ronde. Mais c'est un des cbaEmes de l'Harmonie que de voir, dans toutes les menues branches du service» un ami s'empresser pour vous, et un ami d'autant pbis intelligent , que le service d'Harmonie est trës*sabdivisé et n'admet & chaque fonction que des sociétaires expérimentés.

Pbillis et Eglé ont lait le lit de Léandre ; ce ne sont pas elles qui battront son habit. Elles le porteat à la salle du battage, où il est pris par Glitie ,. autre amie de Léandre. Sur cet habit se trouve une tache ; Clitie , après l'avoir battu, le remet à la salle du dégraissage, où il est soigné par Cloris , qui est encore une des amies de Léandre. Ainsi chaque serviteur d'un ou d'autre sexe a toujours en Harmonie des véhicules d'amitié , d'amour ou auitre affection , quelle que soit la branche de service k laquelle il s'adonne.

Les cabales industrielles des jardins , des vergers , de l'opéra, des ateliers, etc., créant à chacun une foule d'amis et amies , il ejst assuré d'en trouver, dans tous les groupes de pages et pagesses, quelques-uns qui soigneront d'affection son service. Les pauvres jouissent de cet avantage conmie les riches^ et l'homme sans fortune voit une foule de serviteurs affectueux lui offrir leur ministère aussi bien qu'à un prince ,^ parce que ce nestjumaU findmdu servi qui paie ceux qui le servent. Un page serait congédié ignominieusement de la Série , si on savait qu'il eût reçu en secret quelque gratification de ceux qu'il a servis. C'est la Phalange' qui rétribue le corps des pages, par un dividende pris sur I9S deux lots de travail et talent; dividende cpie cette Série répartit, selon l'usage ,, entre ses divers membres, en proportion de le,ur aptitude [^et de leur assiduité} constatée3^

Page 1