‹ Théorie de L'unité UniverselleChapitre 32 sur 74 · ARTICLE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ARTICLE TROISIÈME

Argument de la théorie directe. ' Hypothèse d'un jury d'examen des découvertes.

Une vérité confessée par les divers partis, c'est qjue notre siècle n'assure la faveur qu'aux inventions frivoles ou nuisibles. J'ai cité à ce sujet (Avant-Prop., 1, 45, 4-i), plusieurs des journaux de Paris, Constitutionnel, Gazet(e de France, Minerve, qui s'élèvent contre ce travers, et reprochent à la France •« le mépris ou l'indifférence pour » les talents nationaux , en même temps qu'elle professe » une admiration niaise pour toute espèce de mérite » étranger. » Mais si une invention malfaisante est mise au jour, soit la fusée Congrève, chacun opine pour la stricte équité : il s'agit d'accélérer le carnage et l'incendie , tout favorise l'auteur, et on assemblera non pas un , mais vingt jurys d'examen.

D'où vient que la France n'accorde pas à ses inventeurs cette protection neutre et impartiale, ce jury d'examen si facile à assembler dans Paris ? Il semble que cette intervention tutélaire de l'autorité devrait s'étendre à toute découverte qui se lie aux grands intérêts de l'état : or , est-il d'affaire d'état plus majeure que la chance de tripler le produit d'une année à l'autre ; assurer le remboursement de 10 à 12 milliards de créances révolutionnaires; abolir subitement la traite, l'esclavage, les pirateries?

ft'csl-ce pas le cas, pour un gouvernement prudent , d'imiter la conduite d'Isabelle d'Aragon et de son ministère; hésiter et se dire : « si pourtant cette étrange dè- > couverte était réelle, praticable, quel serait notre dépit i de n'en avoir pas profité l Examinons : court-on quelque

> risque à faire vérifier un calcul? Non, sans doute : s'il

> est (aux , reposant sur des illusions, un jury exercé ne » s'y trompera pas. »

Môme chance de regrets futurs peut stimuler dans Paris Tes sociétés savantes, intéressées, selon leurs attributions spéciales , à former un jury pour cet examen , en faisant intervenir l'auteur, afin de prévenir les erreurs faciles sur ce sujet. J'indique ci-après, note 4, page 4«, quelques motifs d'attention pour chacune d'entre elles.

Je vais supposer le jury constitué régulièrement, à peu près comme les cours d'assises, avec procureur du roi requérant l'examen du fond sans acception des formes. C'est un établissement qui manque à la France , et qui , sans coûter une obole au gouvernement, lui serait d'une extrême utilité en sens politique et moral.

Comme il recueillerait au moins 200,000 écus de bénéfice du seul produit de son journal, qui serait sans concurrence, il trouverait dans celte somme , indépendamment de la rétribution payable par les plaideurs et les examinés, de quoi assurer à ses fonctionnaires d'ampîes émoluments et de forts dividendes en bénéfice du journal. Ce seraient des postes brillants, lucratifs, et surtout utiles à l'état et aux mœurs. On en appréciera l'utilité au second chapitre, art. 6, 7.

Il ne s'agit pas ici d'une cour judiciaire subordonnée à la législation , mais seulement d'un tribunal d'initiative en opinion et de contre-poids à la détraclion, en ce qu'il ne peut rien donner à l'arbitraire, étant obligé d'entendre les plaidoiries, les relater en abrégé dans son journal et prononcer sur le fond. Ses arrêts ne sont point exécutoires; il est seulement corps d'opposition méthodique , de garantie scientifique et littéraire , jugeant les élran-

gers mêmes qui seront empressés de recourir à lui , si par sa sagesse il se donne un relief éclatant.

Je suppose que ma découverte y est présentée. Les jurés auront eu deux mois pour la lecture préalable, avec faculté de faire appeler l'auteur pour les éclaircissements que lui-même leur aura offerts. Ils sont initiés aux détails de fond, contenus dans les neuf divisions de théorie positive (ts).

La séance d'examen est ouverte , et par l'organe d'un rapporteur, ou de l'auteur, ou de son avocat, on soumet * au tribunal et au jury l'aperçu des points à juger et des solutions données.

Question I re . L'association domestique-agricole, telle que la décrit l'auteur , serait-elle , en cas de possibilité , un ordre favorable aux intérêts de l'état, au gouvernement et au peuple ?

Eép. Nul doute , car les réunions cantoniennes pourraient abonner en masse tous leurs impôts, en faire l'avance à termes fixes, sans frais et sauf recouvrement à leur charge. Lesdites réunions pouvant attirer du travail, des avances et des secours à la classe inférieure , garantiraient l'état des agitations et des crimes dont l'indigence est la source.

Question II e . Les bénéfices de l'association paraissentils suffisants en aperçu, pour inviter à une épreuve sur un hameau?

Rép. Oui; car, selon les détails (III, 7 à 46), cavés très-bas , il conste qu'elle élèverait le produit général au triple effectif, et que l'accroissement de richesse relative ou jouissances économiques , serait sans bornes. Si par circonspection l'on réduit encore de moitié sur ces devis, il n'en restera pas moins une perspective de double pro-

duit, qui élèverait le reyena de France à 10 milliards au lieu de 5 , si le mécanisme est praticable.

Question III e . Les dispositions sociétaires indiquées aux l re . et 2 e . sections , sont-elles plausibles quant aux procédés?

Rép. Elles présentent, sous le rapport du contraste, un triple indice de succès , une contre-marche exacte du morcellement industriel.

INDUSTRIE SOCIÉTAIRE optTC f 1ND0STBIB MORCELÉE OJ)è Vï ,

1 . Par les plus grandes réunions 1 . Par les plus petites réunions possibles dans chaque fonction. en travaux de culture et ménage.

2. Par séances de la plus courte 2. Par séances de la plus longue durée et de la plus grande variété, durée, delà plus grande monotonie.

3. Par subdivision la plus détail- 5. Par complication la plus lée , affectant un groupe de sectai- grande, affectant à un seul individu res à chaque nuance de fonction. toutes les nuances d une fonction.

— Par l'attraction , le charme. — Par la contrainte, le besoin.

On peut donc, d'un mécanisme diamétralement opposé au régime civilisé ou morcelé , augurer des résultats opposés en tous sens à ceux de l'industrie morcelée ou gestion familiale, qui perpétue les neuf fléaux (13).

Question IV e . Ce mécanisme offre-t-il des garanties de science fixe et calcul régulier, des indices de conformité avec le vœu de la nature et avec les harmonies de l'univers?

Rép. Il se rallie à la nature en triple sens : i°. Il est conforme à l'ordre matériel des œuvres de la création, distribuée tout entière par séries de groupes contrastés avec liens de transitions, depuis les familles des trois règnes connus (le règne aromal ou 4 e . encore inconnu ) , jusqu'aux familles de planètes qui forment une série de 4 groupes contrastés, avec leurs transitions. (L'un des 4 est désemparé ; c'est celui de la terre qui

doit se conjuguer 5 satellites (voyez III , 244). 2°. Il est conforme à l'ordre mécanique de la nature , où toute harmonie est fondée sur l'a t traction , depuis celle des insectes industrieux jusqu'à celle des planètes. 3°. 11 est conforme à la raison ou économie générale , en ce que ses influences tendent (sauf épreuve) à établir la plus stricte économie en toutes relations , élever au plus haut degré l'émulation et le raffinement industriel.

— Enfin, il se rallie à la justice mathématique , en appliquant , soit à son procédé de séries contrastées, soit * son régime d'évaluation et répartition, les théorèmes de géométrie. »*l

Ce procédé n'est donc point jeu d'imagination , mais imitation fidèle du système de la nature , et on ne saurait mieux réunir les indices plausibles conditionnelletnefit et sauf épreuve, les amorces qui peuvent faire espérer l'adhésion du sauvage ou homme de la nature.

Question V e . La théorie est-elle exacte et complète en notions élémentaires ? L'auteur, dans ses rudiments des groupes et séries (III, 337 à 402), a-t-il analysé méthodiquement les propriétés des différentes sortes de groupes et séries qu'il considère, en mécanique sociétaire , comme analogues aux déclinaisons et conjugaisons en grammaire ?

Eép. En définissant les séries passionnelles, il a fourni des détails bien plus étendus que n'en donnent les naturalistes dans leurs tableaux de séries matérielles. S'il n'eût pas enchéri sur leur méthode et qu'il n'eût fait que s'y conformer, il serait déjà au degré qu'on peut exiger en régularité élémentaire ; mais il a fait une étude plus approfondie du sujet , et a prouvé , soit dans la notice des rudiments (III, 357), soit dans les ébauches des sec-

lions 5 e . et 6 e . du IV«. tome, que son travail excédait de beaucoup le nécessaire.

Question VI e . Le mécanisme nommé séries contrastées , à le supposer praticable , serait-il d'accord avec les vœux connus des diverses classes , riche , moyenne et pauvre , dont se composerait un canton ou phalange sociétaire ?

Rép, La distribution par séries contrastées pouvant seule utiliser les passions de chaque individu , faire emploi de tous les caractères bons ou mauvais, rapprocher les antipathiques par utilité réciproque , ils n connaîtraient, dès le 1 er . mois d'exercice, que cet ordre est gage de bonheur individuel , en ce qu'il assure à chacun l'essor des passions , entravé même chez le riche dans l'état actuel, et en ce qu'il joint la garantie de triple revenu a celle de plein essor des passions. 11 plairait donc sous double rapport aux 3 classes, et surtout aux riches qui , dans cet ordre, seraient, par l'aisance du peuple , délivrés de l'aspect et des embûches d'une classe indi-

Question Vil*. Les moyens d'attraction indiqués aux 5 e . et 4 e . sections sont-ils de nature à attirer, dès le plus l>as âge, l'enfant au travail productif, perfectionner sa santé et son éducation dans tout le cours du jeune âge , et le maintenir dans la voie des bonnes mœurs à l'époque de transition ou entrée en puberté ?

Rép. Les ateliers progressifs, tels qu'on les forme en série contrastée, et les distributions échelonnées des divers travaux , satisfont en tout point les goûts connus de l'enfant (IV, 20 et 34). Ces goûts sont contraints en tous sens dans nos ateliers et nos distributions agricoles, et bien mieux comprimés à l'époque d'avènement en pu-

bertè , où l'essor des goûts , le libre choix , devient inadmissible. •

Ce libre choix parait compatible avec le régime des séries contrastées et avec l'industrie dont elles sont inséparables. C'est un des points dont il importe de faire la vérification : en cas d'inconvenance, on pourrait, par statuts , entraver celte branche de liberté , sans désorganiser pour cela le régime sociétaire.

Question — . Le mécanisme de répartition, exposé aux sections 7 et 8, paraît-il efficace pour concilier l'intérêt collectif avec l'intérêt individuel ?

Rép. Il en présente quadruple gage -, 2 d'affection , 2 de justice.

A. 4°. L'absorption des rivalités individuelles dans les affinités collectives, effet expliqué dans tout le cours des III e . et IV e . tomes.

A. 2°. Le ralliement des classes extrêmes et antipathiques : on trouve à la 7 e . section un tableau des 16 ressorts qui opèrent cet accord.

J. 5°. La balance des lots d'industrie et des lots de capitaux , dans la répartition en raison directe des masses et inverse des distances (IV, 502).

J. 4°. La balance de cupidité et de mérite, en contrepoids des prétentions extrêmes aux moyennes (IV, 525) (accord des séries géométriques).

Question ... Si l'épreuve était douteuse ou défavorable, si enfin I on échouait dans l'essai , quel en serait le résultat en bien ou en mal ?

Jfcjp. Le résultat, le pis-aller même , dans le cas d'erreur , d'illusion théorique , donnerait en pratique d'énormes avantages, car si le seul pouvoir de l'attraction ne suffisait pas à soutenir le mécanisme des séries con-

trastées , on pourrait le soutenir de statuts et engagements selon nos méthodes , et conserver les innombrables bénéfices de gestion économique, progrès de mécanique, perfectionnement des espèces, garanties sanitaires , police des industrieux, extirpation de l'indigence, abonnement d'impôt, restauration forestière et climatérique , unité des lra?aux publics et de toutes relations. Tous ces bienfaits , même dans le cas de fausseté des calculs d'attraction, nattraient encore de la distribution et de l'exercice par séries contrastées soumises à des engagements et statuts.

Là se bornent à peu près les questions de FOND qu'on pourrait soumettre à un jury et débattre en sa présence , avant le vote sur fond et avant la séance d'examen de FORME , si l'auteur la demandait.

Qu'on essaie de poser d'autres questions , il arrivera qu'elles porteront sur les formes et les accessoires, et non sur le fond. Elles seront dès-lors parasites et inadmissibles à un tribunal qui aurait pour règle , qu'en examen d'inventions touchant aux grands intérêts de l'état, il faut juger le fond avant la forme; statut dont lesgens du roi requerraient l'observance, en élaguant toute question de forme ; car un inventeur peut ne s'eiprimer qu'en patois, ne savoir pas distribuer un traité, et pourtant avoir fait une précieuse découverte.

En conséquence le jury, après débats et éclaircissements suffisants , déclarerait qu'il juge plausible et digne de confiance PROVISOIRE la théorie d'association par séries contrastées , et qu'il croit utile de procéder à lépreuve. Le tribunal y ajouterait son considérant [comme serait, par exemple, la formule suivante **].

** Considérant preiudiciellement : 1°. que la théorie des

séries contrastées , ne fut-elle qu un germe en association , qu'nn moyen encore informe , est la première, la seule qui ait été proposée. — 2°. Quelle présente l'avantage de démentir et dissiper les préjugés d'impénétrabilité qui s'opposaient a toute étude sur ce problème. — 5°. Qu'il y aurait duperie et vandalisme a éconduire un inventeur, parce qu'il n'a pas observé dans son traité les formes oratoires.

Considérant, quant AU FOND : 4°. que nulle objection régUr lière n'a été élevée contre la théorie et les dispositions qu'elle prescrit en formation et mécanisme des séries contrastée*. — «°. Que les risques d'imperfection ne sont pas un motif de déconseiller , mais plutôt d'accélérer l'essai , afin de pouvoir discerner et déterminer les corrections dont ce procédé sera susceptible. 6°. Qu'en réplique aux soupçons d'illusion , d'impossibilité, l'auteur démontre dans sa théorie , que les obstacles allégués (26) , sont autant de gages de succès. — 7°. Que l'auteur annonce qu'il a en réserve, art. 8*., beaucoup d'autres ressorts de concert sociétaire, dont la communication n'a pu trouver place dans les deux premiers tomes. — 8°. Que l'essai pourra être fait en mécanisme de 7*. période (13), moins fastueux que le 8 e ., et susceptible d'amalgame avec les statuts de civilisation.

Considérant , quant aux indices : 9°. que l'obstination des sauvages à refuser l'industrie agricole accuse la méthode morcelée de contrariété avec la nature, et milite pour l'invention d'un mécanisme ultra-civilisé. — 10°. Que les théories coërcitîves employées depuis 5000 ans ayant perpétué tous les fléaux , il est prudent d'essayer un régime fondé sur l'attraction dont le calcul paraît découvert. — 11°. Que ce procédé, par son opposition régulière à nos méthodes (37), fait espérer des résultats opposés aux neuf fléaux inhérents à la civilisation. — 12°. Qu'il est surtout plausible, en ce qu'évitant l'application a la masse d'un empire, selon l'usage de nos sciences incertaines, il se limite, pour épreuve, à une centaine de familles, un hameau.

Considérant, quant aux preuves palpables , qne la distribution par séries contrastées est la seule en accord avec l'ordre général de la nature, avec la distribution des substances

créées, avec la règle d'unité et d'analogie imposée par les sciences, règle qui milite en faveur des voies d'attraction.

... Considérant, quant aux chances défavorables, que même dans le cas d'insuccès et de faux calcul sur l'attraction , on recueillerait de cette épreuve une foule de dispositions nouvelles dont l'agriculture, la politique , la morale et la salubrité tireraient d'énormes avantages , par amalgame avec les coutumes et lois de civilisation.

Sur cette déclaration, l'on trouverait aussitôt à former une compagnie d'actionnaires, à 6,000 actions de 1,000 fr. chaque. [On a vu (8 bis) qu'en bas degré il suffisait de 600,000 fr. ] .

Remarquons la duperie de ne pas procéder ainsi , par entremise d'un tribunal de garantie. L'examen aurait été terminé à la On de janvier 4825 5 on aurait eu le temps de faire des dispositions pour opérer au printemps, époque la plus opportune , parce qu'on ne peut pas faire manœuvrer une phalange de séries industrielles sans avoir fait des semailles adaptées aux exercices de ce nouvel ordre.

L'installation aurait eu Heu en avril, et dès le mois de mai on aurait vu les accords s'établir avec rapidité, l'attraction et l'émulation se développer par degrés. Le succès aurait été complet en juin , quant aux accords , et on en aurait auguré le concert de répartition (section 8 e .) , qui se serait vérifié à l'époque d'inventaire , à la fin de la campagne.

Ainsi , dès la fin du printemps , on aurait vu l'Europe entière désabusée sur la civilisation , le monde social s'éveiller de sa léthargie, s'apercevoir que depuis 25 siècles il est dupe des sophistes qui vantent l'industrie morcelée pour se dispenser de découvrir la sociétaire. On aurait

reconnu que les passions et attractions sont faites pour l'exercice par séries contrastées, qu'il va se généraliser par la triple amorce du produit colossal, du charme industriel et des accords sociaux; on aurait vu, dès cet été de 1823 , l'Europe faire ses préparatifs pour sortir du chaos civilisé , barbare et sauvage ; il y aurait eu suspens de toutes les guerres, et concert empressé pour hâter l'organisation.

Tel est l'avantage qu'on eût recueilli d'une police scientifique , d'un tribunal de garantie si convenable dans Paris, et nécessaire en France plus qu'en tout autre pays. Voyez note 5, page 46, quelques détails sur ses fonctions.

Il est surprenant que le monde savant, qui ne raisonne

équilibre y ait oublié, en ce qui le concerne, tous ses beaux systèmes et se soit organisé en anarchie complète, donnant tout à l'arbitraire, selon le principe : c Nul » n'aura de l'esprit que nous et nos amis ; » qu'il n'accorde pas aux inventeurs la protection qu'on accorde aux derniers scélérats, la défense par-devant jury. On verra, au 2 e . Intermède, quelle est la duperie de ceux qui ont entretenu ce désordre.

J'ai démontré qu'il est fort aisé de juger exactement une découverte, si l'on veut préférer les voies de méthode à l'arbitraire.

VOIES Dl MÉTHODE. VOIES I)' ARBITRAIRE.

Envisager le fond de la théorie au lieu de s'arrêter aux formes. Peser les indices au lieu de semer les défiances.

Vérifier les preuves au lieu de railler sur les apparences.

Tous les critiques seraient entraînés aux voies de méthode, s'il existait un tribunal de garantie. Je leur ai ré-

pliqué sur Ja théorie directe qu'ils condamnent avant de lavoir lue; passons à l'indirecte, objet de leur courroux,

selon l'adage qui dit que la vérité offense.

NOTE A. Intérêts spéciaux des académies de Paris.

i. La Société oV Agriculture , sous le rapport des grands travaux matériels , irrigation , reboisement, salubrité, etc. , du bon ordre politique , de la garantie de capitaux au cultivateur, du minimum proportionnel , etc.

fi. La Société d'iNDUSTRiE nationale , pour assurer les progrès de la mécanique dont l'Association est la seule voie , et pour prévenir l'indigence qui , dans l'état actuel , ridiculise tous les trophées de l'industrie.

5. L'Institut , pour le soutien de ses travaux contrecarrés par la civilisation , et surtout des unités métrique et monétaire , dont l'entreprise , après 50 ans d'efforts , ayant misérablement avorté, obtiendrait un triomphe subit, non pas en France, mais par tout le globe ; et pour le soutien des instituteurs . classe la dIus dissxaciee en civilisation , et qui serait la plus favorisée dans l'état sociétaire (IV, 277).

4. L'Académie française , sous le rapport d'universalité de la langue française , qui a la chance d'être choisie pour langage provisoire d'unité ; ce choix serait une voie de fortune immense pour ses littérateurs et instituteurs, et de fortune considérable pour 500,000 familles de bon langage , a disséminer, une par canton étranger, pour l'étude pratique de la langue.

5. La Société de Morale chrétienne , tendant a abolir la traite et l'esclavage , à prévenir les jeux de loterie , et a obtenir d'autres effets de moralité qui , réservés exclusivement à l'état sociétaire , deviennent en civilisation des rêveries impraticables , ridiculisées par l'accroissement des fléaux qu'on essaie de conjurer.

6. La Société de Géographie. Ses vues sont d'explorer le globe entier, assurer la libre circulation de ses voyageurs , obtenir les- deux passes nord par restauration composée des climatures

(Introd., 84) ; effectuer le cadastre universel des terres , côtes et bas-fonds (II , 149) : comment atteindre à aucun de ces divers buts , tant que durerait l'état civilisé , barbare et sauvage ? .

7. Les Sociétés des Beaux Arts , pour le lustre du talent et la garantie de fortune rapide aux artistes (voyez Intermède (II. 548 ) , les récompenses futures des artistes , et le parallèle de leur avilissement actuel ).

. . . L'Académie des Inscriptions , intéressée à débrouiller le plus embarrassant des documents historiques, la tradition universelle d'un bonheur passé et antérieur au déluge , d'un e'tat social (Eden ) organisé différemment des nôtres , et dont il importerait de retrouver le mécanisme.

Nota. Cette Académie a été mal inspirée dans sa dernière séance ; elle a supprimé le concours et changé l'emploi du prix établi par feu Volney, pour la détermination d'un alphabet universel. C'est échouer au port, abandonner le problème à Vinstant ou paraît la découverte qui en donnera la solution ( note 6).

— L'Académie des Sciences, intéressée, en rues spéciales, à l'achèvement du calcul de l'Attraction fait à demi par les newtoniens , puis au calcul des CAUSES en mouvement , où elle ne sait expliquer que les EFFETS (Av.-Pr., 5â) ; intéressée , en vuet général**, à banmr des études le vague ou sophisme, et

auxquelles se rattache en tout point la théorie de l'Attraction passionnée et de l'Association agricole.

Toutes , enfin , sous le rapport des vues philanlropiques dont l'exécution est entravée de toutes parts , dans l'état actuel d'enfance du monde social .

NOTE S. Fonctions du tribunal de contre-poids et

garantie.

Ce tribunal, qui serait plus européen que français, deviendrait dans Paris l'aréopage du monde savant : il distinguerait ses séances et débats en trois genres, de fond , de forme et d'ambigu.

J'estime qu'il lui suffirait d'une trentaine de fonctionnaires de

divers degrés, non compris le jury qu'on pourrait varier par quinzaine , vu le grand nombre de littérateurs savants et artistes que renferme Paris.

Un règlement fixerait les cas ou le tribunal doit juger le fond avant la forme , ou la forme avant le fond , ou tous deux con- , Selon l'exigence , il opérerait par grands ou petits

Il tiendrait des séances de V. instance , tant pour enquêtes que poar justice de paix , notamment sur la détraction outrée. Ses juges divers, mage scientifique, mage littéraire, mage artiste , avec assesseurs , y connaîtraient des menus débats , sans faculté d'infliger aucune peine , et sans empiéter sur les fonctions des tribunaux ordinaires ; celui-ci n'étant qu'agence de contre-poids et d'initiative régulière en opinion , corps d'opposition a l'arbitraire, au vague des critiques , à l'influence de la délraction , de Terreur, de la frivolité.

; , il y a oppression ; et tel est l'effet du des jugements par voie de journaux; ils émettent , publient une lettre , sans tenir compte des moyens justificatifs de l'auteur, moyens que le tribunal de garantie mentionnerait dans le journal de ses audiences. Dès lors tout zoïle serait bien sobre de diffamations , tout bel esprit bien circonspect en railleries , quand il saurait que la réplique de l'auteur sera insérée en regard de l'imputation , et qu'on y ajoutera le prononcé du tribunal en haute ou basse instance.

On établirait sur cette intervention des droits ou èpioes gradués selon les degrés du travail judiciaire, soit de 5 a 500 francs. L'auteur qui paierait 500 fr. y trouverait encore d'énormes avantages sous les rapports d'économie et de justice. En effet , s'il faut hasarder de passer un an dans Paris pour y attendre une annonce, la dépense, au lieu de 500 fr., s'élèvera bien vite au triple ; puis, au bout de l'année , on n'obtiendra , faute de protections , qu'une annonce insignifiante , superficielle , erronée ; tandis que par entremise du tribunal, l'auteur ne séjournerait que trois mois *, il arriverait deux mois avant l'appel de la cause, pour donner les éclaircissements aux jurés.

48 CHAPITRE t ARTICLE III.

A l'appui d'un tel aréopage, un inventeur obtiendra justice a la face de l'Europe ; son invention sera annoncée pour ce qu'elle est. L'Europe , sur ce qui touche au fond , ne voudra s'en fier qu'au journal du tribunal de garantie, et même sur certains débats de forme en affaires littéraires.

Lorsqu'il aura été constaté par jury qu'une découverte est revêtue de toutes les preuves exigibles , personne n'osera la ravaler sans démonstration. La finiraient le zoïlisme et ses abus. Je reviendrai sur ce sujet après l'examen des critiques recueillies sur mon traité.

Si , d'après cette lacune d'un tribunal de garantie , la plus sage critique dégénère en arbitraire, que sera-ce des critiques moins sages qui , dans l'apologie , sont tout a l'intérêt , à la faveur, à l'esprit de parti , et qui , dans le blâme , ne sont bien souvent que jugement superficiel, prévention , erreur, détraction ?

Que de lenteur chex notre siècle a inventer les garanties dont il rabâche sans cesse , et dont il ne sait découvrir aucune voie ! Et c'est le monde savant, ce sont les publicistes , les oracles de liberté pondérée, qui consacrent cette anarchie de la critique, sans frein, sans lois modératrices! Ignorent -ils donc l'axiome, errare humanum est ? Ignorent-ils qu'avec le tribunal le plus sage, et bien plus avec l'individu , il faut des garanties contre l'erreur ou la faiblesse humaine ?

En quel pays ce contre-poids est-il plus nécessaire qu'en France, ou tout personnage marquant peut décréditer une découverte par un jeu de mots ? M""", de Sévigné disait: on se lassera du café comme des tragédies de Racine. Si l'on n'eût connu en France ni le café, ni les ouvrages de Racine , personne n'en aurait voulu, par crédulité pour le bel esprit de Sévigné. Heureusement que les sens et l'âme purent en juger par expérience, conserver le café et Racine , en dépit d'un jeu de mots. Qu'on me donne pareille chance ; qu'on éprouve deux mois l'Association sur un hameau , l'on verra les sens et l'âme faire justice du bel esprit , et placer mes détracteurs au même rang que les verbiages de Sévigné contre le café et les beaux vers.

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