‹ Théorie de L'unité UniverselleChapitre 60 sur 74 · DU · texte numérisé non relu

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« Platon sort de son trône , il pâlit, H s'écrie; • Il a peur que Neptune, en cet affreux séjour, » D'un coup de son trident ne fasse entrer le jour. •

Voilà bien le comité philosophique : il s'alarme , il s'agite à Vidée de voir descendre la lumière qu'espère Socrate et qu'invoque Voltaire.

Un journal qui n'avait pas le mot d'ordre du comité , parce que je ne lui av aie fait remise que trois mois après les autres , le Miroir , fit innocemment en mars une annonce très-superficielle (voyez \M) démon ouvrage: puis , trois jours après, reconnaissant qu'il en avait jugé trop légèrement, il avertit qu'il en traitera plus amplement , et dit: « Le Traité de V Association et de l'Attraction industrielle » est l'un des plus singuliers, des plus nouveaux, des » plus féconds , des plus bizarres, des plus vastes sujets » que l'intelligence humaine se soit plu à bâtir sur des » bases tantôt d'imagination, tantôt scientifiques et posi- » tives. »

Le Miroir agissait de franc jeu , même dans son erreur, sur les bases qu'il croyait être d'imagination. Aussitôt il fut admonesté par le comité, et nosaplus donner l'analyse annoncée : il tourna casaque et mit en scène lezoxle Mongin (lui).

Cela ne suffisait pas au comité; il fallait, par voie d'un autre journal , étouffer Vidée de lecture et aV examen que celui-ci avait pu faire naître. On fit choix de la Revue Encyclopédique. On y inséra (mai 1825) un article trèsinsidieux , signé Ferry , dans lequel on déclare cet ou» vrage obscur; on s efforce de le travestir, en me présentant non comme inventeur , mais comme littérateur ignorant sur la physique et l'histoire romaine. 700 pages de détails sur la méthode sociétaire des séries passionnelles ne sem-

hlcHt pas à M. Fstrv dignes ^attention: il n'en dit mot , «I ne voit que Caton et le mont Eœmusïll

Le bon apôtre en a bien tout compris ; mais il a vu dès T 'avant-propos , dès Vintroduction , que si ma théorie d'industrie sociétaire est juste et praticable, les 400,000 tomes qui vantent V industrie morcelée ou civilisation, sont anéantis , et que si cette théorie était connue , la philosophie serait convaincue d'impèritie ou de trahison. Il crie à Obscurité, parce qu'il craint que le public, en lisant

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Est-ce par effet du hasard que la Revue Encyclopédique, à U même page , à V article Yvàbt qui suit le mien , déminée les zoïles en disant: « Il existe une ligue conservam trice des routines, ennemie déclarée des vérités nouvelles. « C'est de cette ligue que l'inoculation et la vaccine ont

• triomphé si difficilement: ce fut elle qui emprisonna Gali- » lée, défendit de croire aux antipodes, etc. Sa résistance se

• fait sentir partout où quelque chose d'utile est entrepris:

• la ligue n'élève sa voix qu'en faveur de l'ignorance et des n préjugés. » (NVt-elle pas proscrit la pomme de terre, qui a son apparition fut , comme le café* , mise au rang des poisons , diffamée comme la vaccine ?)

N'est-ce point une ruse de la part de la Revue, que de dénoncer ainsi le vandalisme du comité directeur dont elle vient de se faire V organe 9 En parlant do moi elle suit ies trois règles de la critique arbitraire ( voyez-les , 44 , en tableau); puis à V article suivant (traité de M. Yvart sur les jachères ) , elle suit les trois règles de la saine critique (44); elle venge M. Yvart des préventions, envisage ies faits, raisonne sur le fond, gourmande ceux qui ne voient que les formes, que l'homme, et non les choses.

La Revue a donc deux poids et deux mesures! et c'est à moi qu'elle fait V application du faux poids: merci de la préférence. Elle avait pris des engagements tout autres , lorsqu'elle vit s'élever en mars un redoutable concurrent, le Bulletin universel : alors elle déclara qu'elle annoncerait très-exactement les découvertes. Pour mon compte , je suis

fonài a dire que lorsqu'on n est pas de ses protégés , elle s'efforce de les travestir et les cacher, au lieu de les annoncer. Je suis persuadé que la majorité de ses collaborateurs ri adhère point à cette méchanceté , à ce vandalisme , et je pense aussi que V estimable directeur du journal s*y est prêté avec peine; mais le comité philosophique a tant de

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Analysons cet article de M. Ferry , où j'ai dès les premières lignes reconnu le comité qui se croit bien masqué. Il dit n'avoir pas pu comprendre mes signes : on n'en a aucun besoin; je tes ai placés pour servir quand la théorie des signes aura été donnée dans les tomes suivants. Et par exemple ici, aux articles Préambule et Conclusions, qu'importe que ces deux mots soient précédés des signes ^etK? Cela n'altère aucunement le sens des titres.

Quant aux mois nouveaux , des femmes qui ne savent ni grec ni latin les ont compris; et des savants prétendront qu'ils sont arrêtés par quelques mots composés , comme gastrosophie ou sagesse de la gourmandise, mot formé de gastronomie et philosophie! S'il existait réellement dans mon livre des difficultés de nomenclature , j'aurais donné un vocabulaire. Voyez h ce sujet le commentaire placé à V avant-propos (I, 99) , et ici le paragraphe (84). .

M. Ferry nous apprend qu'il y a deux Caton , comme si on Vignorait : mais n'y a~t-il pas aussi deux Brulus, deux Corneille» deux Bacon ? Et pourtant on dit Brutus tout court, sans distinction, Corneille tout court : j'ai suivi Vusage. S'il tient si fort aux distinctions, pourquoi les néglige-t-il enparlant du mont JTœmus f II ignore donc que toute chaîne faisant face au nord a deux températures ; et qu'aux Alpes , les vallées de Lombardie offrent un climat fort différent de celui des vallées de Suisse : il en est ainsi du mont Hœmus. Mais M. Ferry ne voulait que ravaler ma théorie des dimatures composées (II, 84) , la donner pour obscure. Un autre journaliste, celui du Miroir, a trouvé cette théorie fort juste* d'où M. Ferry peut conclure qu'on n'est pas aamissxoie a aecreaiter un livre sous prétexte qu on ne # a

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Mais A quox bon ses halwernes sur Colon et le mont Hœmus, dans un article où »/ s'agissait de rendre compte du régime sociétaire distribué par séries contrastées? au moin» de l'annoncer , s'il ne le comprenait pas? Quoi! dans un moment où les Anglais font des efforts pénibles , affectent des villages entiers à des recherches sur un procédé sociétaire, la Revue Encyclopédique, au lieu de leur en faire savoir la découverte, s'entremet pour la leur cacher ! Les Anglais seront bien servis, s'ils n'ont d'autre voie que la Revue pour être informés des découvertes gui se font en France , et dont ils ont souvent tiré parti les premiers , comme ils feront de celle-ci, en dépit de quelques perroquets (*) scientifiques , âmes damnées du comité et débitant la leçon qu'il leur a soufflée. x

(•) Les Pbbhoqcets, par addition à la Note £. J'explique ici l'analogie da perroquet, emblème des faux savants, des gens habiles à manier la parole, et en abuser en discours et en écrits. Tout est magnifique dans leur plumage littéraire. On n'y trouve que perfectibilités perfectibles, Terlus civiques, amour du commerce, balance, contre- poids , garantie, équilibre, et bonheur suprême assuré au peuple si l'on veut mettre les philosophes à la tète du gouvernement. La nature a dû donner un superbe plumage à l'oiseau emblématique de ces hâbleurs; il étonne, comme nos sophistes , par son habileté à manier la parole; mais c'est l 'oiseau le plus perfide par ses morsures.

Comme il n'y a qu'astuce et pièges dans leurs discours, la nature en dépeint la fausseté dans certains perroquets , par la double couleur du bec montrant une mandibule blanche, symbole de la pureté qu'affectent ces beaux parleurs. Le bec présente un énorme crochet , image de la rapacité de tous ces êtres à parole fleurie, démagogues, gens de loi, sophistes, etc., gens qui par le verbiage s'accrochent à tout , comme le perroquet par son bec.

Leur éloquence ne tend qu'à la rapine; elle ne couvre que pièges et noirceurs, figurés par la langue noire du perroquet. Il est inutile et immageable, en symbole de l'inutilité de leur bel esprit. Il est bateleur comme eux , habile a faire cent minauderies et se retourner en tout sens; image des caméléons littéraires, il harasse, il étourdit par son

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