‹ Théorie des effets optiques que présentent les étoffes de soieChapitre 29 sur 96 · V. Velours simulés · texte numérisé non relu

V. Velours simulés

38. Les velours simulés ressemblent aux velours frisés , en ce que la chaîne apparaît à l’endroit , et que les côtes en sont transversales et cylindriques; mais une trame propre à les maintenir contre l’effet des pressions extérieures, qui déforment si aisément les côtes creuses des velours frisés, en garnit l’intérieur. En outre , pour prononcer autant que possible l’apparence de ces derniers tissus, on emploie deux trames d’inégale grosseur; l’une est composée d’un grand nombre de fils de soie ou d’un gros fil de coton, et l’autre consiste seulement en un ou deux fils de soie. Toutes les deux sont lancées alternativement au moyen de deux navettes différentes. 11 s’en faut beaucoup que les effets optiques des velours simulés soient aussi nettement définis que le sont ceux des satins, du reps, et ceux mêmes des velours épinglés dits frisés. En effet,

A. U en est qui agissent sur la lumière comme les reps, soit qu’on les regarde en faisant face au jour, ou bien dans la position contraire, quoique cependant les différences soient moins prononcées entre les échantillons vus dans la i" et la 3' circonstance, ou dans la a* et la qu’elles le sont pour les reps regardés comparativement dans les mêmes circonstances.

B. D’un autre côté, il est des velours simulés qui, dans la première position du spectateur, présentent le même effet que les velours frisés, tandis que dans la seconde position ils présentent le même effet que

II* PARTIE. APPLICATION. 5l

les reps; ils forment une section particulière dont je vais parler ( 39 ).

C. Enfin , il est une troisième sorte de velours simulés qui forment une section distincte des deux autres. Leur caractère est de paraître également éclairés lorsqu’on les observe dans la 1 ” et la 3* circonstance.

Quoi qu’il en soit, dans tous les cas la surface des côtes des velours simulés a plus d’analogie avec celle des cylindres cannelés qu’elle n’en a avec la surface des cylindres unis; car tous les velours simules des sections a, 3 et 4» que j'ai pu observer, apparaissent comme les reps dans la a* et la 4* circonstance.

ni* section. Étoffes monochromes à côtes para Hèles, dont les effets optiques correspondent à lu fois à ceux d’un système de cylimlres parallèles unis , et à ceux cT un système de cylindres cannelés perpendiculairement « leur axe.

3g. Les velours simulés dont j’ai parlé (38, B), qui appartiennent à cette section, étaient pour la plupart des tissus à bon marché et à trame de coton. Le résultat remarquable qu’ils m’ont présenté est que l’échantillon placé dans la première position, c’est-àdire de manière que le plan de la lumière comprenait l’axe des côtes, paraissait plus clair que l’échantillon dont l’axe des côtes était perpendiculaire à ce plan, lorsqu’on les voyait comparativement, soit le jour en face, soit dans la position contraire.

Il' PAIITIE. APPLICATION.

CONCLUSION

.\o. («) Les velours simulés de la 3“ section se comportent à la manière des velours frisés, lorsqu’on les regarde les yeux tournés vers le jour (de b en a); ils sont plus clairs dans la i" circonstance que dans la 3 r ; mais la différence est légère, parce que, dans la première, la lumière réfléchie spéculairement par la convexité des côtes appauvrit la couleur lorsque celleci est d’un ton peu élevé, et d’un autre côté les sillons longitudinaux donnent de l’ombre; tandis que dans la 3* circonstance, comme il y a moins de lumière réfléchie spéculairement, et que les sillons ne se présentent pas dans toute leur profondeur, la couleur, quand elle est d’un ton peu élevé, a plus d’intensité et plus de fraîcheur. On pourrait croire, en n’y regardant pas de près, que l’étoffe serait alors plus claire que dans le premier cas.

(//) Les velours simulés diffèrent des velours frisés en ce qu’ils présentent bien plus de différence entre eux, lorsqu’on les regarde le dos tourné à la lumière (de a en b), que n’en présentent entre eux les velours irisés regardés de la même manière; et de plus, les phénomènes manifestés par les premiers sont inverses des phénomènes manifestés par les seconds. Ainsi, les velours frisés dans la / j ' circonstance paraissent plus clairs que dans la a', tandis que le contraire a lieu pour les velours simulés.

Il* PARTIE. APPLICATION.

iv* section. Étoffes monochromes à côtes parallèles, dont les effets optiques correspondraient à ceux (Cttn système de cylindres parallèles , tellement cannelés transversalement, qu’ils paraîtraient réfléchir autant de lumière dans la première circonstance que dans la troisième.

4i. J’ai parlé (38, C) de la possibilité de ce cas. En effet, puisqu’il y a des velours simulés dont les côtes sont tellement différentes, suivant les échantillons, que les unes, dans la i M circonstance, paraissent moins claires que dans la 3* (38), tandis que les autres présentent le résultat inverse, on conçoit , d’après la loi de continuité, qu’il pourra exister des velours simulés qui apparailront de la même manière dans les deux circonstances, et c’est en effet ce que j’ai pu observer sur des échantillons blancs, gris et verts.

II* DIVISION

ÉTOFFES MONOCHROMES DONT LES EFFETS OPTIQUES SE RAPPORTENT A LA FOIS A LA CHAINE ET A LA TRAME.

4a. Tous les effets optiques des étoffes comprises dans la deuxième division rentrent dans la théorie des effets «les étoffes «le la première; mais, dépendant de deux systèmes de fils, la chaîne et la trame, opposées rectangulairement l’une à l’autre , ils n ont pas la simplicité des premiers , et leur complexité est d’autant plus sensible que la différence de la

II e PARTIE. APPLICATION.

chaîne d’avec la trame est plus grande, ainsi que je vais le démontrer.

I. EFFETS OPTIQUES DES ÉTOFFES DE LA II e DIVISION, LORSQUE LE SPECTATEUR EST EN FACE DE LA LUMIÈRE.

43. Les étoffes de la première division ne montrent qu’un système visible, la chaîne ou la trame; les étoffes de la deuxième division montrent toujours la chaîne et la trame. Dès lors, comme un système de cylindres parallèles, aussi bien qu’un système de cylindres cannelés, réfléchissent spéculairement, pour un spectateur placé en face du jour, une quantité notable, quoique différente, de lumière, que l’axe de l’un ou de l’autre système soit compris dans le plan de la lumière incidente, ou qu’il y soit perpendiculaire, il en résulte nécessairement que les étoffes de la deuxième division, observées alors, présentent un double effet, résultant à la fois de leur chaîne et de leur trame, au lieu de l’effet simple que présentent, dans les mêmes circonstances 1 et 3, les étoffes de la première division. Mais le double effet que présentent les étoffes de la deuxième division pourra lui-même être plus ou moins compliqué, suivant que la chaîne et la trame différeront plus ou moins l’une de l’autre par leur apparence.

Afin de démontrer cette proposition, je supposerai, pour exemples, d’abord une étoffe dont la chaîne et la trame sont identiques, et ensuite une étoffe dont la chaîne et la trame sont différentes.

Il* PARTIE. APPLICATION. 3 J

44- J CT exemple. Étoffe à surface plane ou unie dont la chaîne et la trame sont identiques.

A. La chaîne est comprise dans le plan de la lumière incidente.

L’effet total se compose :

i“ De l’effet de la chaîne correspondant à celui de petits cylindres parallèles vus dans la première circonstance (3,4);

2 0 De l’effet de la trame correspondant à celui de petits cylindres parallèles vus dans la troisième circonstance (3,4)-

B. La chaîne est perpendiculaire au plan de la lumière incidente.

L’effet total se compose :

i° De l’effet de la chaîne correspondant à celui de petits cylindres parallèles vus dans la troisième circonstance (3,4);

a" De l’effet de la trame correspondant à celui de petits cylindres parallèles vus dans la première circonstance (3,4)-

Conclusion. Même effet en B qu’en A , sinon que les effets de la chaîne et de la trame sont respectivement inverses l’un de l’autre, dans les deux cas.

45. a' exemple. Étoffe à surface unie ou à côtes, dont la chaîne et la trame ne sont pas identiques.

A. La chaîne est comprise dans le plan de la lumière incidente.

L’effet total se compose :

i° De l’effet de la chaîne correspondant à celui de

petits cylindres parallèles vus clans la première circonstance (3, 4);

a" l)e l'effet de la trame correspondant à celui de petits cylindres parallèles vus dans la troisième circonstance (3, 4).

Mais, parce que la chaîne et la traîne peuvent présenter des étendues superficielles différentes, et que la surface de l’étoffe peut être presque plane ou avoir des côtes plus ou moins sensibles, il faut avoir égard à ces circonstances : ainsi,

( n ) Toutes choses égales d’ailleurs, l’effet de la chaîne ou de la trame est en rapport avec son étendue superficielle;

(5) Toutes choses égales d’ailleurs, l'effet de la chaîne est diminué si la trame passe dessus, comme dans le florence, et la diminution serait d’autant plus grande que la trame formerait des demi-anneaux plus prononcés, parce que ceux-ci masqueraient une partie de la chaîne par leur saillie;

(c) Toutes choses égales d’ailleurs, l’effet de la chaîne est augmenté si elle passe sur la trame, comme dans les taffetas; mais l’effet en est diminué par la saillie plus ou moins grande des demi-anneaux quelle forme, parce qu’alors le spectateur aperçoit ces demi-anneaux par leur face postérieure , qui n’est pas éclairée.

B. La chaîne est perpendiculaire au plan de la lumière incidente.

L’effet total se compose :

i° De l’effet de la chaîne correspondant à celui de petits cylindres parallèles vus dans la troisième circonstance (3, 4);

Il* PARTIE. APPLICATION .

a® De l’effet de la trame correspondant à celui de petits cylindres parallèles vus dans la première circonstance (3, 4)-

Mais, parce que la chaîne et la trame peuvent présenter des étendues superficielles différentes, et que la surface de l’étoffe peut être presque plane ou avoir des côtes plus ou moins sensibles, il faut avoir égard à ces circonstances : ainsi,

(a') Toutes choses égales d’ailleurs, l’effet de la chaîne ou de la trame est en rapport avec son étendue superficielle ;

(ô') Toutes choses égales d’ailleurs , l’effet de la chaîne est augmenté relativement à l’effet b, si la trame passe sur la chaîne; et si elle formait «les demianneaux, la chaîne deviendrait plus apparente encore, parce qu’ils ne la masqueraient pas comme en b;

(c') Toutes choses égales d’ailleurs, l’effet de la chaîne passant sur la traîne, en formant des demianneaux, est augmenté relativement à l’effet c, parce que les demi-anneaux masquent une portion de la trame et que la partie convexe la plus élevée envoie de la lumière spéculaire à l’observateur, à la manière d’un cylindre lisse.

On voit donc, en définitive, que, parce que la chaîne diffère de la trame, l’effet en B sera différent de l’effet en A. Cependant on conçoit la possibilité d’une compensation qui pourrait avoir lieu dans une étoffe à côtes, telle que certains taffetas, gros de Naples, etc., de manière à donner le même effet dans les deux cas.

II. EFFETS OPTIQUES DES ÉTOFFES DE LA II* DIVISION, LORSQUE LE SPECTATEUR TOURNE LE DOS A LA LUMIÈRE.

46. Les effets sont bien moins complexes pour le cas où le spectateur voit les étoffes de la deuxième division, le dos tourné à la lumière, que pour le cas contraire ; car un système de cylindres dont l’axe est dans le plan de la lumière incidente lui apparaît au maximum (l'ombre, s’ils sont unis, et au maximum de clarté, s’ils sont cannelés perpendiculairement à leur axe, tandis que, lorsque l’axe du cylindre est perpendiculaire au plan de la lumière incidente, les cylindres unis présentent le maximum de clarté , et les cylindres cannelés le maximum d'ombre. L’un des systèmes apparaît donc toujours avec un maximum de clarté, tandis que l’autre tend à disparaître dans l’ombre. Dès lors, l'effet prédominant de clarté proviendra du système dont l'axe est perpendiculaire au plan de la lumière incidente, rjuc F étoffe soit aide ou quelle soit à côtes. Car, est-elle unie, le système dont l’axe est compris dans le plan de la lumière ne réfléchit pas spéculairement de lumière, comme le fait le système dont l’axe y est perpendiculaire. Est-elle à côtes, comme elle correspond toujours par ses effets aux cylindres cannelés, on voit que le système de fils qui forment les cannelures, et qui réfléchit la lumière, est précisément le système perpendiculaire au plan de la lumière, taudis que le système de fils dont les axes sont compris dans le plan 11 e la réfléchit pas.

Il est donc de toute évidence,

i° Que si F étoffe est unie et h chaîne identique avec la

II* PARTIE. APPLICATION. Sÿ

trame [cas examiné plus haut ( 44 )]» les effets optiques seront identiques, lorsque, les regardant le dos tourné à la lumière, la chaîne sera comprise dans le plan de la lumière ou sera perpendiculaire à ce plan : seulement, l’effet sera produit par la trame dans le premier cas, et par la chaîne dans le second.

a” Que si Fétoffe est unie ou à cotes, et que la chaîne et la trame ne soient pas identiques, les effets optiques seront toujours différents, suivant que la chaîne sera dans le plan de la lumière ou qu’elle sera perpendiculaire à ce même plan, pour un observateur qui les regardera le dos tourné à la lumière.

47. Je partage les étoffes comprises dans la deuxième division en trois sections :

1" section. La gaze , le crêpe lisse, le llorence , la marceliue , le taffetas , la louisine, le gros de Naples, le pou-de-soie , la turquoise, a' section. Le sergé et la virginie.

3* section. Le Cloché.

48 . Je préviens, une fois pour toutes, que, dans la description que je vais faire des effets optiques, i re position signifiera que la chaîne est dans le plan de la lumière, et que a' position signifiera que la chaîne est perpendiculaire à ce plan.

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