CONCLUSION
i # De b en a, dans les deux positions de l’étoffe, on voit celle-ci de la couleur violette, résultant du mélange de la couleur de la chaîne avec celle de la trame (i4).
Dans la 1 ” circonstance, où l’effet de la trame domine sur celui de la chaîne, le violet est plus rouge et plus brillant que dans la 3 e circonstance, où l’effet de la chaîne domine au contraire sur celui de la trame.
a° De a en b, l’effet d’un des systèmes de fils sur l’effet de l’autre est tellement prédominant que l’étoffe vue dans la a" circonstance ne parait montrer que la couleur brillante de la trame, tandis que dans la 4"» e he ne parait que de la couleur mate de la chaîne; et cette dernière couleur est moins mélangée de la couleur de la trame que le rouge vu dans la a* circonstance n’est mêlé de bien.
En définitive, une étoffe glacée peut présenter quatre couleurs. De b en a, deux couleurs très-rapprochées, parce qu’elles résultent d’un mélange des mêmes couleurs, celle de la chaîne et celle de la trame, fait en proportion inégale. De a en b, la couleur de la trame très-légèrement mélangée de la cou-
leur de la chaîne, et la couleur de la chaîne presque pure.
Nota. Il est bien entendu, conformément à ce que j’ai dit (83), que la conclusion porte sur des tissus de la catégorie du gros de Naples, caractérisés par des cannelures ou demi-anneaux que la chaîne forme en passant sur la trame.
85. Il existe des glacés dont la traîne, au lieu d 'être d’une seule couleur, est de deux couleurs ; ils sont appelés caméléons.
86. Supposons une chaîne bleue sur le métier, et que le tisserand fasse passer dans toute la largeur de l’étoffe un fil de trame jaune qui ne formera que la moitié de la grosseur de la trame, et qu’il ajoute un second fil de trame rouge dont la juxtaposition avec le premier composera un fil de trame bicolore; supposons qu’il continue son tissage sans intervertir l’ordre de juxtaposition du jaune et du rouge, il en résultera une étoffe quj présentera les effets suivants.
A. Le spectateur est en face de la lumière.
i" circonstance: il faut distinguer deux cas.
Premier cas.
La 4 trame rouge fait face à la lumière.
j Couleur grise , violacée-rougeâtre , sous un angle de j 45° et plus, qui permet d’apercevoir le (il rouge de la ( trame, lequel est tourné vers la lumière.
Deuxième cas.
! Couleur grise moins violacée, ou gris-jaunâtre, sous un angle de 45° et plus , qui permet d’apercevoir le fil jaune de la trame , lequel est tourné vers la lumière.
Sous un angle moins ouvert , les résultats seraient différents, et pourraient même être inverses.
3 circonstance, gris plus bleuâtre que i ,ct moins brillant.
Il* PARTIE. APPLICATION.
B. ht spectateur tourne le dos à la lumière.
i« circonstance : comme dans la i", il faut distinguer deux cas.
Premier cas.
t / Rouge très-sensiblement violacé par l’intervention du
La T trame rouge f a jt y eu j e ^ r | ia | ne — brillant par l’intervention de la face à la lumière. ( tfame
Deuxième cas.
. i Jaune rendu à peine verdâtre par l’intervention du La rame jaune ait ) hlcn de la chaîne, — brillant par l’intervention de la face a la lumière. I .
I trame.
4* circonstance , bleu mat de la chaîne , moins de brillant qu’en a.
CONCLUSION
87. Nous voyons une application du principe, du mélange des couleurs dans l'effet de l’étoffe glacée caméléon observée dans la i re et la 3 ” circonstance (t 4 )-
Effectivement, comme il arrive du rouge, du jaune et du bleu, en même temps, à l’œil de l’observateur, et que les rayons colorés émanent de surfaces trop petites en étendue pour que les limites en soient perceptibles, il y a, sur la rétine, confusion, mélange, et dès lors neutralisation mutuelle d’une certaine quantité de rayons colorés, ou, en d’autres termes, ombre ou noir produit. Mais la neutralisation n’étant pas complète, les rayons colorés simples ou binaires, qui sont en excès à la neutralisation, agissant comme tels sur la rétine, font paraître l’étoffe d’un gris coloré.
88 . Nous partagerons les étoffes glacées en deux sections. Dans la première, nous rangerons celles dont la trame est d’une seule couleur, ou monochrome; et dans la seconde, celles dont la trame est de deux couleurs, ou bicolores: ce sont les caméléons.