C'est ce qui a lieu en particulier dans VHippolyte
PARTIES LYRIQUES DE L,V TRAGEDIE GRECQUE. 9
l'un était toujours secondaire, et cédait, à un moment donné, le pas
à l'autre.
Toutes les tragédies conservées contiennent une Parodos. On ne trouve au contraire d'Epiparodoi que dans les Euménides d'Eschyle, YAjax de Sophocle. YAlcesle et VHélène d'Euripide, et. en dernier lieu, dans le Rhésos'.ie n'ai pas à dire ici la raison de l'emploi de celte partie lyrique. On la trouvera plus loin
LE STASIMON.
D'après Aristote. c'est le chant du chœur sans anapestes ni trochées. 11 est évident que cette partie lyrique ne peut pas être écrite en anapestes Ces systèmes étaient usités dans les processions religieuses et dans les marches guerrières. Ils ne convenaient donc pas à la tranquillité des Stasima. Encore ceux-ci sont-ils souvent précédés, chez Eschyle, de préludes anapestiques. que le coryphée récitait^. Ni Sophocle, m Euripide n'ont imité leur prédécesseur sur ce point.
En revanche, il est faux que l'on ne trouve pas de Stasima Irochaïques. Ils sont fréquents chez le plus ancien des tragiques, et Euripide s'en est plusieurs fois servi. Sophocle, au contraire, n'en ofire aucun exemple. C'est encore une preuve évidente qu'Aristote visait dans son Traité la tragédie de ce dernier.
L'auteur de la Po^ifgue assimile le trochée h l'anapeste. Il le considère comme un rythme propre à marquer le pas à qui marche en se hâtant. Les poètes s'en servaient volontiers pour accompagner une action précipitée .
. Oa peut y joindre celle du Phaéthon. fragm. ,8,. v. ,3 sqq., dans les Tragicorum Ce^olu^; ZX^s, '.c. Perses et .es .Sep, -gcd- an^..»es .u^- ~ -
systèmes! J'ai traité plus au long cette question dans un arl.cle . te systèmes l> tiaues dans la traqêdie grecque (Revae de Philologie, juillet, 1893).
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La définition d'Aristote ne satisfait pas. Elle est toute négative. Beaucoup de chants tragiques ne contiennent ni anapestes, ni trochées, sans être pourtant des Stasima.
R. Westphal » veut encore corriger Aristote. Il suppose que le texte est défiguré par une lacune où était indiquée la place qu'occupe le Stasimon dans le poome dramatique. Il faut toujours prendre garde, en donnant tort aux manuscrits, de substituer ses propres idées à celles de l'auteur, et de lui attribuer ce qu'il s'est bien gardé de dire.
Tous les autres témoignages anciens expliquent le mot Stasimon d'après son étymologie : ils le rattachent à biavai^. Ce chant aurait été exécuté par le chœur immobile. Ces textes ont peu de valeur, à cause de l'époque où ils ont été écrits, et je ne sais s'ils ne donnent pas une idée fausse du débit de celte partie lyrique.
La véritable explication a été trouvée par G. IlermannS. Ce n'est pas parce que le chœur restait debout, sans faire aucune évolution, qu'on appelait son chant un oraTijxcv^. Ce mot est opposé à r.ipolc^. Dans la première partie lyrique, les choreutes défilaient souvent dans l'orchestre pour y prendre leur place. Dans la seconde, ils l'avaient déjà prise, et ne défilaient plus. Cela ne signifie pas qu'ils fussent immobiles. L'adjectif ŒTa5t[jLo; se dit bien d'un mouvement modéré ». On pouvait donc l'appliquer à un chant tranquille, que le chœur exécutait avec un calme majestueux, sans cris ni gestes passionnés.
Il ne paraît pourtant pas que les Stasima eussent tous ce caractère, et qu'ils se tinssent sans exception dans ces notes moyennes. La tragédie en connaissait d'autres. C'étaient des hymnes pleins de flamme, des chants qu'accompagnait une danse agitée. Quel que fût cepen-
TYJ Twv oiwxovTwv yepovTwv dTiouS^. TaOxa ôè Tcoieîv eîwOaaiv ot Ttov SpajxaTwv 7toir,Ta\ xâ)|xixo\ xai Tpayixo'i, èirsiÔàv ôpopiaîu); eiffâywdt toù; xopo^*> ^^* ^ ^^yo; (TuvTpé/yi tw 6pa(xatt.
1. Prolegoinena, p. 65. Voir aussi Bcrgk, Griech. Lit., III, p. i36, n. /i5o.
2. Voir V Argument des Perses^ et le scholiaste du Prométhée, v. 4i3 de l'édilion Wecklein-Vitelii. — Comparer celui des Phéniciennes, v. 302 ; des Grenouilles, laSi ; des Guêpes, 370. — Voir aussi Suidas, au mol i^xàatjxov, et Tzetzès, De trag. poesi, V. 5i sqq.
3. Epitome doctrinae metricae, S 666 • Nequc Stasimum ab eo, quod immotus slet chorus, dictum est, sed quod a choro non accedenle primum, et ordines explicante, sed jam tenente stationes suas canatur.