‹ Théorie des formes lyriques de la tragédie grecque [microform]Chapitre 144 sur 250 · Deuxième partie : épirrhématique simple · texte numérisé non relu

Deuxième partie : épirrhématique simple

Chœur. p — Y

Héraut. B': Chœur. P': Héraut.

L'émotion, qui atteint du premier coup à un degré d'intensité extraordinaire, ne peut se prolonger longtemps avec la même violence : les sentiments excessifs durent peu. L'agitation va donc en diminuant, et les iambes reparaissent.

Quand les Danaïdes, réfugiées à Argos pour ne pas épouser les fils d'Aegyptos, leurs cousins, aperçoivent tout à coup le héraut lybien, c'est un débordement de cris d'effroi du côté du chœur, de menaces du côté de la scène. A ce moment, les deux partis opposés chantent l'un et l'autre : les vers lyriques seuls sont de mise dans de pareilles

I. Les vers 826 sqq. sont dans un état pitoyable. Oberdick, {Schutzflehenden, Berlin, 1869, p. 170), a cru un moment y trouver de l'égyptien (!). — D'après les scholies, ces vers étaient prononcés par le chœur, au moment où il apercevait le barbare, qui arrive à l'improviste. - Pour la scansion de ce thrène, on peut se reporter à l'édition latine de Weil, 1866, et au livre de Schmidt, Die Eurhythmie in den Chorgesàngen der Griechen, p. 3o6 sqq. - Après la seconde couple de strophes, le héraut ne doit plus prononcer que des trimètres iambiques. Il est surprenant que les deux: épirrhèmes p^': 872-5 = 882-4 soient de trois vers, tandis que les quatre autres yy', ôô', sont des distiques. Dans cette disposition, Eschyle a toujours donné à ses épirrhèmes un nombre égal de trimètres. Voir supra, p. i3i sqq.

circonstances. Ce qui suit n'est plus qu'un mélange de chant et de récitation. Les strophes sont attribuées aux Danaïdes, dont la frayeur est toujours extrême bien qu'un peu moins vive. Le messager qui les poursuit se contente de réitérer froideihent, après chaque couplet du chœur, ses injonctions et ses menaces. L'alternance des vers lyriques et des trimètres convient à cette situation, où Taflolement plein de répulsion des jeunes vierges forme un contraste vigoureux avec l'insistance têtue du barbare.

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