Cf. Decharme, op. cit., p
3. Anapestes ordinaires: 1-22: quatre systèmes; dialogue entre le coryphée et Hector. - AA' : 23-33 == 4i.5i : strophes logaédiques. Quelques éléments, 26 = 4A, ne sont formés que de dactyles; cf. J. H. H. Schmidt, Monodien und Wechselgesànge, CDXXXVIII sq. — L'épirrhème H4o forme un système.
4. L'un des Arguments de cette pièce fait mention de deux Prologrues en trimètres. Le second, composé de onze vers, aurait été prononcé par Héra. Il est probable qu'il a été fait par les acteurs du temps. Sur cette question, consulter Nauck, Eunpid^ische Studien; zweiter Theil, p. i65 sq. Ce travail si remarquable a été publié dans les Mémoires de l'Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg (1859-62).
telle vivacité, que parfois l'un d'entre eux n'a pas le temps de prononcer un dimclre ni même un monomèlre.
EK. Tiç oS' ; ^ çiXioç çOin^îî ''•? àvf.p;
t{vsç èx v'jy.TÛv Tàç Y;|j.£T£;a;
xsÎTaç -^rXaôoua'; èvéretv ypy;.
XO. (p6Xay.£; aipaTiaç. EK. ti çéps'. ôcpj^u); XO. Ôapaet. EK. 6ap5c5. ^wv t'.ç ze oz6v.
X5)joç â/, vuxTîiv ;
Ces interrogations pressées, ces réponses hâtives, ces coupes rapides et multipliées, destinées à peindre le premier moment de stupeur d'un guerrier qu'un inconnu vient de réveiller en sursaut, témoignent d'un art raffiné, qui dédaigne la beauté plastique du vers, pour saisir à un moment précis la rapidité des gestes et l'incohérence des attitudes. Il est certain qu'un pareil dialogue n'a pu être écrit avant la fin du V* siècle, au plus tôt. Le dimètre anapestique forme un tout qui se laisse peu aisément diviser en parcelles aussi ténues. D'ailleurs, quand le coryphée converse avec l'acteur, il emploie le plus souvent le trimélre. Ici, pour que le chœur puisse défiler, on s'est servi des anapestes, mais en leur donnant la même allure, que finissent par atteindre quelquefois les Ïambes des acteurs, aux endroits les plus pathétiques.
Nous avons donc dans cette partie du Rhésos un mélange d'archaïsme et de nouveauté. D'un côté, les systèmes préludent à la pièce; de l'autre, ils sont traités avec une liberté que ne connut pas Eschyle. Sophocle, à la fin de sa vie, paraît l'avoir entrevue i . Euripide, dans sa dernière pièce, a seul osé couper ainsi et morceler ses dimèlres, s'il est vrai qu'il ait écrit le dialogue qui commence aujourd'hui VIphigcnieà Anlis^.
I. Les systèmes de la Parodos de VŒdipe à Colone, 170-8, 188-198, forment aussi un dialog-uc très rapide: encore Sophocle s'esl-il arrêté au monomèlre; cf. 178: 01. 'jipo'TÔiyé vOv (lou. AN. ^'oc'jw xai ôiq.
3. Dans les systèmes anapestiques, chaque mesure ((xlTpov) ou monomètre contient deux temps marqués (cf. Havet-Duvau, Métrique, troisième édition, S i54). Dans un passage comme celui-ci :
AFA. ~0 itpéar6u, ôôpiwv twvôe TcapoiOsv
ffTÊixs* nP. (TTet'xw. Tt ôè xaivo'jpysî;,
*Ayâ|Ji£jivov à'vaÇ; AFA. <T7ré'j(T*i; ; IIP. (nr£y3w. (Iphig. à AuL, i-3). le premier temps marqué de la mesure appartient à un acteur, et le second à un autre. Voir aussi l'irrégularité du vers 149. L'angoisse et l'impatience du roi sont si vives.
LES PARODOI.
/il
f) GENRE LIBRE ».
Jusqu'ici, le défilé choral imité des plus vieilles tragédies d'Eschyle, a empêché les poètes de rompre le lien qui accouplait leurs strophes lyriques. Dans une pièce delà fin de sa vie, Euripide a pourtant écrit une véritable Parodos en vers libres ; il fait encore entrer ses choreutes à la manière ancienne, mais les chants qu'il leur attribue sont écrits d'après un système nouveau, et toute symétrie en est exclue.
Iphigéme en Taliude : i23 — 235 3.
A : Cliœur. B : Iphigénie. F : Chœur. A : Iphigénie.
Ipliigénie a vainement attendu l'arrivée du chœur, après le Prologue. Ne le voyant pas venir, elle s'est retirée pour permettre à Oreste et à Pylade de se présenter au public 3, et de l'instruire de ce qu'ils veulent faire en Tauride. Dès qu'ils lui ont dit ce qu'il est nécessaire qu'il sache, ils s'en vont à leur tour, et le chœur, la scène étant vide, apparaît dans l'orchestre, en chantant des anapestes lyriques.
Il se hâte de mentionner le pays où il est né. avant que la jeune prétresse revienne. Aussitôt qu'il l'aperçoit, il lui adresse la parole, et celle-ci entre en scène, en suivant la mesure générale :
"E;x5>.5V Ti vécv, Tiva çpsvTio' &•/£'.;;
Iphigénie a eu un songe dans la nuit; elle croit que son frère Oreste
que tout le dialogue se précipite avec une rapidité saccadée et haletante, dont je ne connais pas un second exemple dans Euripide. L'auteur du Rhésos, par souci d'exactitude, a coupé ses anapestes de la môme manière.
I. Pour éviter une périphrase, j'appellerai quelquefois chants astrophiques les ;7roXeXu!i.lva [lUt, des métriciens grecs. L'adjectif àdtpoço; a d'ailleurs été employé par Héphestion. Voir les Scriptores metrici de Westphal, Lipsiae, 1866, p. 70.
3. Toute cette Parodos est généralement écrite en anapestes lyriques; cf. R. et W., p. 167. Quelques éléments trochaïques, dont les temps marqués sont dissous, donnent une suite de douze brèves; cf. 197,320,282. Le procédé est très fréquent chez Euripide. — Le texte, en plusieurs endroits, n'est pas très sûr.
3. Les personnages de la tragédie grecque ont coutume de se nommer eux-mêmes, en entrant en scène. S'ils sont deux, comme ici, ils s'appellent mutuellement par leur nom. Cf. 70 et 71. Lire à ce sujet E. Hiller, Ueber einige Personenbezeichnungen griechischer Dramen, Hermès, VIII, p. 442-56, et comparer les Analecla Euripidea de Wilamowitz, p. 199 sqq.