EURIPIDE
Dates certaines.
Antigone 44 1 OU 44o a
Phii.octète 409 ^
Œdipe a Colone 4oi '^
Dates incertaines.
Ajax avant 44o »
Electre après 44o 3
OËDiPE-Roi vers 43o ^
TRACHiNiENPiEs. . entre 425 et 4o5 5
I. VAjax est généralement regardé comme le plus ancien drame de Sophocle qui nous ait été conservé. Voici les deux principales raisons qui le font croire : c'est une pièce où deux scènes seules nécessitent l'emploi du troisième acteur, et les parties lyriques y sont encore fort étendues. Cf. MulT, Die Chorische Technik des Sophokles, Halle, 1877, p. 5a.
a. D'après Aristophane de Byzance, ce fut après le succès d'Àntigone que Sophocle fut nommé stratège dans l'expédition contre Samos en /i^o-iJSg. (Cf. Curtius, Histoire grecque, trad. Bouché -Leclercq, II, p. 5ao sqq.) Je ne crois pas qu'il existe de bien sérieuses raisons pour révoquer en doute ce premier lémoignagre du grammairien. Il ajoute que VAntigone était le trente-deuxième drame de Sophocle. Comme ce poète était mort avant le moisde janvier AoS, pendant lequel furent représentées les Grenouilles, et que le nombre de ses tragédies dépassa la centaine, le chiffre d'Aristophane est peut-être un peu faible. Voir la préface de l'édition Schncidcwin-Nauck, p. ag sq., Berlin, Weidmann, 1886.
3. On s'accorde à placer VElectre après VAntigone. Les chants lyriques y sont assez développés ; le sujet est encore une fois emprunté à Eschyle, et les caractères d'Elcclrc et de Chrysothémis rappellent par leur opposition adroite ceux d'Anligonc et d'ismène.
II. VŒdipe-Roi, ce chef-d'œuvre de Sophocle au jugement des modernes, n'est pas daté. On a essayé de suppléer par des conjectures à ce manque d'informations. C'est ainsi que l'on a voulu trouver dans la description de la peste de Thèbes, au commencement du drame, une allusion à la peste d'Athènes. On a aussi remarqué qu'Athénée, VII, 376, A, citait cette tragédie à côté de la Médée d'Euripide. A défaut d'indices plus certains, on en a conclu que V Œdipe-Roi avait été écrit vers 43o. En soi, ce chiffre parait assez raisonnable. Les chants orchestiques de ce drame sont moins considérables que dans les pièces qui précèdent, et les acteurs n'y chantent pas aussi souvent que dans les tragédies qui suivent. Sur cette question, consulter Th. Bergk, Griech. Literaturgesehichte, III, p. A 3 a sq.
5. Dans les Trachiniennes, l'influence d'Euripide est visible, surtout dans le Prologue. Or, cette influence ne s'est fait sentir que dans les œuvres de la fin de la vie de Sophocle, telles que le Philoetète et VOEdipe à Colone, pièces datées. C'est ce qui empêche d'admettre avec Th. Bergk que cette tragédie, dont le mérite littéraire est inférieur, soit une œuvre de jeunesse. Elle doit bien plutôt être placée, selon l'opinion générale, dans les vingt dernières années de la vie du poète.