‹ Théorie des formes lyriques de la tragédie grecqueChapitre 129 sur 230 · Pour la scansion de ce thrène, voir au chap. II, p · texte numérisé non relu

Pour la scansion de ce thrène, voir au chap. II, p

3. AA! : 1168-83 — 1184-99 : Commos dehmiaque ; ilnous est parvenu en assez maüvais état. — 1168, Wecklein : ri p'épobüvers ©, d'après G. Hermann. — 1170 — 1186 paraît être un élément iambique de douze brèves. — Dans les édilions de Kirchhof®f et dé Nauck, 1172 n’est pas l'équivalent de 1188. Le vers de l’antistrophe ne peut pas être un trimètre iambique. Wecklein écrit : mpéret y'oote 0np éypavdos p06n : dimètre dochmiaque. — 1173 — 1189: télrapodie iambique. — 1178 est mulilé, il doit être identique à 1190, qui est logaédique; Wecklein : Aéovros oùptédra véov Iviv, — 11790 — 1191, tripodié trochaïque calalectique. — 1177,9, 1180— 1193,5,6 t éléments logaédiques, — 1181 — 1197 : tétramètres bacchiaques. |

LES COMMOI. 179

Chaque strophe est divisée en dix-sept parcelles. Bien que le nombre soit impair, Agavé dans l’antistrophe ne répond pas au chœur, ni le chœur à Agavé, parce que cette dernière chante deux couplets de suite, l’un qui finit la strophe, l’autre qui commence l’antistrophe. Euripide n’aime pas que ses personnages se substituent les uns aux autres, ni que le chœur joue dans les antistrophes le rôle des acteurs. Cet artifice se rencontre presque exclusivement dans Sophocle. Ici d’ailleurs le morcellement extrême des vers et la multitude des reprises auraient rendu un pareil échange particulièrement difficile.

Ce thrène sï divisé est placé dans un des endroits les plus dramatiques de la tragédie. Agavé arrive du Cithéron; la fureur de Dionysos la possède encore tout entière. Elle porte au bout de son thyrse la tête de son fils, que dans son délire elle prend pour celle d’un jeune lion. Elle est fière de sa capture et s’avance radieuse. Le chœur essaie de la ramener au bon sens par une voix détournée : il lui parle de Penthée, mais la malheureuse mère est tellement sous l'empire du dieu, que loin de soupçonner l'horreur de son action, elle prétend que son fils va l’en féliciter. Cette scène atroce’, qui devait produire un grand effet au théâtre, est préparée avec soin dans les derniers vers du messager 2.

Tels sont les thrènes entièrement chantés qui appartiennent au genre antistrophique. Ils ont été usités à toutes les époques, et par chacun des trois poètes. Le premier en date est de 472, et le dernier a été chanté après 406. L'égalité générale se dissimulait dans le nombre de leurs parcelles: Euripide avait dû le remarquer, pour les employer comme il l’a fait.

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