Jahrbücher f. Phil., 75° vol., 1857, p. 329 sqq
2. Th. Kock, Ueber die Parodos der griechischen Tragüdie im Allgemeinen und die des OŒEdipus in Kolonos im Besonderen. Progr. des Kônig. Fried. Wilhelms-Gymnas. zu Posen, 1850.— L. Schmidt, De parodi in tragoedia graeca notione, 1855. — F. Ascherson, De parodo et epiparodo tragoediarum graecarum, Diss. inaug., Berolini, 1856, — J. Aschauer, Ueber die Parodos und Epiparodos in der griechischen Tragôüdie. Progr. Oberhollabrunn, 1887.
3. Die Marschlieder des griechischen Drama, München, p. 139. L
4. Cf. Eschyle, Suppliantes, 625, où le verbe Aé£wyev est employé par le coryphée, pour inviter le chœur à chanter le second Stasimon.— Il est pourtant remarquable
que dans la tragédie qu’Aristote semble avoir en vue, la Parodos à récitatif anapestique n'existe déjà plus.
l'Hippolyte: soit précédée d’un chant choral. Il appartenait à un chœur secondaire. Or, ces tapayopmyhuara2 sont très rares dans la tragédie : ils coûtaient trop cher au chorège.
Quant au reste de la définition, il ne saurait guère se défendre, parce qu'il ne peut s’accorder avec ce qui précède. Si Aristote, en effet, a compris dans un même mot les anapestes et les vers lyriques, il ne peut pas ajouter que la Parodos était chantée par le chœur à l'unisson, puisqu'il est constant que les anapestes, au contraire, étaient récités par le seul coryphée.
R. Westphal a voulu changer le texte. D’après lui, la Parodos serait la première partie entière, que réciterait et chanterait le chœur. Sa correction a été souvent approuvée. Je ferai remarquer que cette définition serait encore très incomplète, puisqu'elle laisserait de côté les Parodoi, où interviennent les acteurs. Ces dernières sont cependant plus nombreuses que les autres, du moins dans les tragédies subsistantes.
Peut-être vaut-il mieux laisser les choses en l’état où elles sont, et chercher d’autres témoignages qui puissent aplanir ces difficultés.
Ils sont assez nombreux. Un scholiaste d'Euripideé remarque que la Parodos est le chant qu’exécute le chœur à son entrée, et il cite comme exemple celle de l'Oreste5. Pollux6 la définit simplement l’entrée du chœur.
En réalité, le défilé des choreutes dans l'orchestre s’appelait Parodos, comme le chant qu'ils faisaient assez souvent entendre pendant ce
2. Sur le mot rapayopiynua, voir le scholiaste d’Aristophane, Grenouilles, 209; Paix, 114. Pollux, IV, ro9 sq., établit une différence entre le tapayopñymua et le mapasxhvrov. On n’est pas d’accord sur la justesse de sa distinction. Cf. R. Schultze, De chori graecorum tragici habitu externo, Diss. inaug., Berolini, 1857, p. 23-29. — A. Müller, Lehrbuch der griechischen Bühnenalterthümer, Freiburg, I. B., 1886,p. 177-80. — G. OEhmichen, Das Bühnenwesen der Griechen und Rômer (Encyclopédie d’Iwan Müller), München, 1890, p. 286.
3. Prolegomena zu Aeschylus Tragüdien, Leipzig, 1869, p. 59 sqq. Ce changement a été admis dans le texte de plusieurs éditions, et approuvé par Ch. Muff, Die chorische Technik des Sophokles, Halle, 1877, p. 29; par Rich. Arnoldt, Die chorische Technik des Euripides, Halle, 1878, p. 117. Cf. Christ, Griechische Litteraturgeschichte, p. 150.
4. Au vers 202 des Phéniciennes. Cf. E. Schwartz, Scholia in Euripidem, à vol., Berolini, 1887-91.
6. Onomasticon, IV, 108. Comparer le scholiaste d'Héphestion, aux mots êv rate mapodois, p. 223 des Scriptores metrici de Westphal.
PARTIES LYRIQUES DE LA TRAGÉDIE GRECQUE, y
défilé. Le second sens est né du premier. Le mouvement a donné son nom au chant pendant lequel il s’accomplissait. Ainsi s'expliquent du reste presque tous les noms des parties constitutives des poèmes dramatiques.
Les anciens ne se sont pas bornés à nous définir la Parodos. lis ont encore indiqué ce que les poètes devaient y mettre. Il faut, d’après l'Argument des Perses, que le chœur motive son arrivée dans le théâtre, et la Parodos des Phéniciennes est citée comme modèle. C’est une des choses que doit dire le chœur, pour sauvegarder la vraisemblance. Chez Euripide, ce prétexte fort sage est assez souvent violé.
Ces mêmes anciens ont enfin, à tort ou à raison, énuméré quelques exemples de Parodoi. Leur opinion concorde avec la nôtre pour les deux Electre2, l'Oreste et les Phéniciennes, mais Plutarque, dans un passage connu, appelle Parodos le fameux Stasimon de l’'Œdipe à Colone, où Sophocle fait l'éloge du pays où il naquit. G. Hermann, Reisig, Boeckh, O. Müller“ n'ont pas osé aller contre son sentiment. Ce dernier pourtant voyait bien que cette partie lyrique n'avait pas le caractère habituel aux chants du défilé choral. Aussi prétendait-il, en essayant de concilier sa déférence avec ses scrupules, que ce drame contenait deux Parodoi : l’une, où les choreutes défilaient un à un; l’autre, qui ressemblait à un Stasimon. Ce subterfuge ne satisfait personne.
Th. Bergk5 a bien vu que la scène étant faite pour les acteurs, et l'orchestre pour.les choreutes, quelques-uns, et Plutarque est de ce nombre, croyaient que le second chant du chœur dans l'orchestre était la véritable Parodos, quand le défilé, comme celui de l’'OŒEdipe à Colone, avait lieu sur la scène.
Cette opinion était isolée. Le scholiaste d’Aristophane appelle Stasimon le second morceau lyrique du Prométhée6. S'il avait eu les mêmes idées que Plutarque, il aurait dû y voir une Parodos, puisque
1. Voir l'édition Wecklein-Vitelli. Ce passage, il est vrai, paraît inséré à tort dans l'éxélecic, et Blomfield a eu raison de l’en retirer, mais le renseignement garde toujours sa valeur. — Comparer la scholie de l’Antigone, v. 100.
2. Schol. Sop. Electre, v. 121. — Plutarque, Lysandre, XV, édit. Sintenis, vol. IT, p.398.
3. An seni respublica gerenda sit, 985, 7 sqq., édit. Bernadakis, Teubner, 1898.
4. Gr. Litt., IL, p. 71, et p. 397 de la traduction française.