‹ Théorie des formes lyriques de la tragédie grecqueChapitre 159 sur 230 · III. Genre asymétrique · texte numérisé non relu

III. Genre asymétrique

1° Duos épirrhématiques.

29 Duos semi-épirrhématiques.

3° Duos entièrement lyriques.

Résumé.

Aristote a dit quelques mots assez vagues des Chants de la scène, ra 4rù fs cxnvñs. Il ne distingue pas les Duos des Monodies. Cette distinction a été faite après lui. Je me garderai bien de la négliger. Si les poètes tragiques n’ont pas toujours construit les Solos, comme les Chants alternés d’acteurs, l’art avec lequel ils les ont composés les uns et les autres, présente souvent de notables différences. Les Monodies sont fréquemment défigurées par certains défauts qui ne se rencontrent guère dans les Duos. Les premières abondent en détails chatoyants et superflus, en répétitions de mots inutiles; l'allure générale des seconds est plus ferme, et le style en est plus travaillé. : -

Ceux-ci sont encore fort rares dans la première moitié du v° siècle. On n’en trouve qu’un seul exemple dans Eschyle, et il n’est pas certain qu’il soit authentique’. Sophocle en a fait deux fois usage,

1. Sept contre Thèbes, Duo d’Antigone et d’Ismène : 961-1004.

dans des pièces que l’on s'accorde à placer après l'A jax et l'Antigoner. Cette nouvelle partie lyrique ne devint fréquente qu'avec Euripide. De toutes les tragédies qui nous restent de ce poète, huit seulement ne contiennent pas de Duos scéniques 2. En revanche, il y en a deux dans l'Andromaque et dans les Troyennes, et l'on en compte jusqu’à trois dans les Phéniciennes, drame à grand spectacle, où l'élément lyrique prend un développement insolite, surtout dans les derniers Épisodes.

Ces Chants, inconnus à la tragédie primitive, naquirent directement du Commos. Il est facile de s’en rendre compte. Chez Eschyle, en effet, c'est presque toujours le chœur qui chante, et l'acteur qui récite. Plus tard, Euripide, en particulier, intervertit souvent les rôles: à l'orchestre étaient attribués les iambes, à la scène les vers lyriques. Il vint un moment où le débit mélodramatique lui-même fut retiré au coryphée; un second acteur le remplaça, et donna la réplique aux strophes de son camarade. Le chef du chœur dut donc rester silencieux, au milieu de sa troupe, le visage tourné vers ceux qui l'avaient supplanté. Quand ceux-ci se taisaient, il lui fut quelquefois permis de résumer l'impression générale dans quelques trimètres assez incolores. Par conséquent son rôle était nul, et il aurait pu souvent, pendant cette partie du spectacle, sortir de l'orchestre sans que son absence fût remarquée.

J'ai appelé alternés ces duotfaîa. La dénomination est assez fautive, parce qu’elle tend à faire croire que les acteurs chantaient toujours l'un après l’autre. Il suffira de remarquer que fréquemment des vers lyriques sont attribués à un acteur, qui seul a le droit de chanter, tandis. qu'après chaque strophe, son partenaire récite des trimètres iambiques ou des dimètres anapestiques qu’accompagnait le . joueur de flûte. On a donc une suite régulière de chant et de récitation. Les véritables Duos alternés ne sont composés que de vers lyriques, et ils sont assez rares. Nous n'avons pas à le regretter : ce sont les plus imparfaits, et ceux qui perdent le plus à la lecture.

1. Électre, Duo d'Électre et d'Oreste : 1232-1287. Trachiniennes, Trio d'Héraclès, du Vieillard et d'Hyllos: 1005-1043.

2. En voici la liste: Médée, Hippolyte, Héraclides, Suppliantes, Électre, Oreste, Iphi génie à Aulis, Bacchantes,

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