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Pauvre et mal vêtu, il constate bien que la femme qu'il a devant lui prétendait avec raison être la sienne, mais la joie qu'il ressent, après avoir retrouvé celle qui l’a mis dans un tel dénûüment, est assez modérée pour que les vers du dialogue suffisent à l'exprimer*. Hélène, qui a déjà souffert des doutes inquiétants de Ménélas sur son identité, conserve quelques instants son sang-froid. Le peu d’émotion que manifeste son mari n’est pas fait pour le lui enlever. Pourtant, d’un sexe plus passionné et d’un naturel plus ardent, après avoir dit deux trimètres ?, elle ne peut dans sa joie retenir cinq dochmiaques 3. Elle se jette au cou de Ménélas et l'entoure de ses bras. Ce dernier est encore trop déconcerté par le merveilleux de l'aventure, et surtout elle lui a causé trop de souffrances et de mauvais jours, pour qu'il puisse partager le ravissement éperdu de sa femme. Il répond donc à ses embrassements avec une froideur mal déguiséeh, prétextant avec adresse qu’à cause de la multitude des choses qu'il aurait à dire, il ne sait par où commencer. Cet embarras peu flatteur arrête l'élan d'Hélène : elle répond par deux trimètres catalectiques5, qui ne l’empêchent pourtant pas de finir par des dochmiaques 6. Une émotion pleine de trouble la domine malgré tout, et la fait frissonner jusqu’à la racine : des cheveux; la joie lui arrache des larmes, et n’étant pas maîtresse d'elle-même, elle ne sait qu’entourer de ses bras le-cher époux qui lui est rendu. Ces transports et ces caresses entraînent peu à peu Ménélas : il répond par deux vers pareils à céux qui commençaient le couplet précédent7, et passe enfin aux rythmes vraiment passionnés, mais son bonheur est toujours mélangé de souvenirs amers. S'il rappelle en effet le jour heureux de ses noces, c’est pour bien marquer que ce temps est passé8; et quand il se souvient du rapt odieux de celle qu'il aimait, il retombe malgré lui dans sa lourde tristesse9. Pourtant il espère qu'Hélène lui est rendue pour un avenir