‹ Théorie des peines et des récompenses; (volume 2)Chapitre 56 sur 110 · SIXIÈME EÈGLE TOI R LES SALAIRES · texte numérisé non relu

SIXIÈME EÈGLE TOI R LES SALAIRES

Assurer des pensions de retraite, surtout pour les emplois qui ne sont payés qu'au courant des besoins absolus '.

Les pensions de retraite sont, de la part du législateur, des actes d'humanité, de justice, et même de bonne économie. C'est de plus un moyen d'assurer la bonté du service et la responsabilité des employés.

1° Il y a bien des cas où il n'est point à désirer qu'un fonctionnaire public prolonge ses services au-delà du terme où son activité et sa capacité diminuent. Mais si les infirmités de l'âge augmentent ses besoins, ce n'est pas le moment où il peut retrancher de ses facultés pécuniaires, et il sera porté, par cette considération, à se traîner avec douleur, et peut-être même avec disgrâce, dans

' Jt dois avcrtii- que, r.'a^^anf trouvé dans les manuscrits pour ce chapitre qu'un seul mot eu iiHtiioranduin ,- — Pensions of reUeaL , je me borne à la pbi^ simple exposition d'un sujet qui mènerait trop loin pour les détails.

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une carrit'rc (jiic , dans sa malurilé, il avait remplie avec plaisir et avec honneur. Attendre qu'il la quittât de lui-même, c'est compter sur une espèce de suicide ; la lui ôter sans équivalent, c'est, selon Tétat de ses facultés, une espèce d'homicide. La pension de retraite concilie tout; elle acquitte envers un serviteur public la dette de l'humanité.

2° Au moyen de ces pensions , la classe la plus nombreuse des salaires peut restera un taux plus modéré , sans aucun inconvénient pour la bonté du service. C'est un supplément que l'individu fait entrer dans son calcul; et cependant le gouvernement obtient de tous, à un prix plus bas, des services dont le dédommagement ultérieur, par les casualités de la vie humaine, n'échoit qu'à un certain nombre. C'est une loterie où tout l'avantage est pour lui.

3° Dans tous les emplois amovibles ;\ volonté, la pension de retraite, à raison de la proximité de l'époque oh elle sera due, ajoute une valeur croissante à celle du salaire, et augmente la responsabilité de l'employé. S'il avait la tentation de malverser, il faut que le prix de cette malversation compense avec sûreté, non seulement la perte du salaire annuel, mais encore la perte de la pension AÙagère ; elle assure ainsi sa fidélité jusqu'au dernier moment de son service.

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4° N'oublions pas le bonheur des employés, la sécurité qu'on leur donne contre l'époque de la vie la plus menacée de faiblesse et d'abandon. De là une disposition habituelle à remplir leurs devoirs avec plus de plaisir , à se considérer comme dans un élatfixe , où ils doivent appliquer toutes leurs facultés à un seul objet, sans en être détournés par ces inquiétudes vagues de l'avenir, et par ce désir d'améliorer son sort qui porte les individus à essayer successivement de divers états. Autre gain pour le gouvernement, qui, au lieu d'être mal servi jiar des novices, possède un corps d'emj)loyés plus experts et plus dignes de confiance.

Il faut des règles fixes pour ces pensions, autrement elles deviendraient une source d'abus ; on donnerait fréquemment l'emploi pour la retraite, au lieu de donner la retraite pour l'emploi. Il faut aussi qu'elles varient selon la durée du service, en laissant toujours un motif en faveur du travail, sans quoi l'on perdrait par la vétérance les hommes qu'on a le plus d'intérêt à garder.

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