‹ Théorie des peines et des récompenses; (volume 2)Chapitre 77 sur 110 · I. Que l'industrie est limitée par le capital · texte numérisé non relu

I. Que l'industrie est limitée par le capital

Il n'y a point de travail industriel de quelque importance sans capital , — et il s'ensuit que la quantité de travail applicable à un objet, quel qu'il soit, est limitée par la quantité de capital qu'on peut y employer.

Si j'ai un capital de dix mille livres sterling , et qu'on me propose deux commerces qui me rapporteront vingt pour cent, il est clair que je puis faire l'un ou l'autre avec ce profit aussi longtemps que je me borne à un seul, mais qu'en faisant l'un, il n'est pas en mon pouvoir de faire l'autre , et que si je le partage entre les deux je ne ferai pas plus de vingt pour cent, mais je ris(juc de faire moins , et même de changer le gain en perte. Or, si cette proposition est vraie pour un individu, elle est vraie pour tous les individus de toute la nation. L'industrie est donc limitée par le capital.

Cette proposition porte avec elle un caractère de clarté et pour ainsi dire d'évidence qui sem-

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l»le dispenser de toute preuve : cependant il n'est rien de si commun que de raisonner en matière de commerce et d'industrie comme si le contraire de cette proposition était vrai, comme si les entreprises n'avaient rien à démêler avec les capitaux: ceci s'applique aux gouvernements plutôt (ju'aux individus. On ne cesse de recommander de nouveaux établissements , de nouvelles entreprises : on dirait (jue Ton peut s'étendre sans limites. On recommande d'encourager telle ou telle branche de commerce , non comme plus lucrative que telle autre , mais parcequ'on ne saurait trop en avoir. En un mot, c'est le commerce en général qu'il faut favoriser, — comme si tout commerce ne portait pas sa propre récompense , comme si un commerce improfitable valait la peine d'être encouragé , comme si un commerce profitable avait besoin de l'être , — comme si , enfin , par ces opérations capricieuses, on faisait autre chose que transférer les capitaux d'une branche de commerce dans une autre branche.

II. Que les individus intéressés sont les meilleurs juges de l'emploi le plus avantageux des capitaux.

La (juantité de capital étant donnée , l'accroissement de la richesse , dans un certain

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