I. ConcJilion matrimoniale
Les maux résultant pour le mari de la déchéance de condition matrimoniale consistent dans la perte des plaisirs de cette condition.
1. Le plaisir, qui est le principal objet de l'institution du mariage et la base de tous ceux qui lui appartiennent. Il peut se diviser ; i" plaisir des sens; 2" plaisir provenant de la perception d'une beauté particulière , qui dépend en partie des sens, en partie de l'imagination.
2. Les innombrables petits plaisirs de toute espèce résultant des services exigibles <|ui tiennent à l'autorité légale du mari. Tout variés qu'ils
sont , on peut les ranger sous le chef de plaisirs de possession.
3, Les plaisirs résultant de Pusage actuel des propriétés de la femme, appartenant au même chef.
4- I^e plaisir dérivé de l'espérance d'hériter le tout ou une partie de ses biens : plaisir d'attente fondé sur le plaisir de la richesse.
5. Le plaisir résultant de la perception d'être aimé. Cette affection est la source d'une multitude innombrable de services inexigibles qui ont tout le charme de la liberté , comme ceux d'un ami envers son ami. Cfes plaisirs peuvent se rapporter à la sanction morale.
6. Le plaisir résultant de cette bonne réputation de la femme qui se réfléchit sur le mari , et qui a une tendance naturelle, comme l'honneur dérivé de toute autre source , à lui concilier la bienveillance et l'estime sociale. La sanction morale en est de même le principe.
7. Le plaisir d'être témoin de son bonheur , et surtout de cette portion de son bonheur qui est le fruit de ses soins. C'est un plaisir des affections bienveillantes.
8. Le i)laisir résultant de tous ces services inexigibles que sont disposés à lui rendre les parents et les amis de la famille dans laquelle il est entré. Ceci se rapporte à la sanction morale.
t). Le plaisir du pouvoir , considéré en luimême , indépendamment de tout usage spécifique, constitué dans le mari, par le droit légal de punir ou de récompenser, en vertu de son droit supérieur à disposer de la propriété commune. Ce sentiment de pouvoir est un plaisir de l'imagination.
lo. Le plaisir résultant de la paternité. Nous aurons occasion de l'analyser en considérant les maux qui résultent de la déchéance de l'état de père.
Le même catalogue , avec peu de variations qui se présentent d'elles-mêmes, est applicable à la condition de la femme.
C'est une tache assez ennuyeuse que d'avoir à analyser froidement et à classer sous une nomenclature aride un sujet si propre à recevoir tout le charme du sentiment et les couleurs les plus brillantes de l'imagination : c'est l'herbier du naturaliste , et non la palette du peintre.
IL Condition paternelle.
Les maux résultant de la déchéance de la condition de père consistent principalement dans la perte des plaisirs suivants :
1. Le plaisir d'imaginer sa propre existence comme prolongée dans celle de son enfant, qu'il
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considère , en quelque façon , comme faisant partie de la sienne. Ceci est nn plaisir de l'imagination.
2. Le plaisir dérivé de lusage de ses services exigibles , durant sa minorité. (7est un plaisir de possession.
3. Le plaisir d'user , sans la diminuer , de la propriété de l'enfant, s'il en a une: plaisir double , celui de possession en tant que père , et celui qui appartient à la condition de tuteur ( dont il sera parlé sous ce chef ).
4. Le plaisir résultant de l'affection que l'enfant lui porte: plaisir de la sanction morale.
5. Le plaisir dérivé de l'honneur qui réfléchit sur lui de la réputation de son fds: plaisir de la sanction morale.
6. Le plaisir de contribuer à son bonheur : plaisir de bienveillance.
7. Le plaisir à mesure que le fds avance en âge, dérivé de ses liaisons et de son intérêt dans le monde : plaisir de la sanction morale.
8. Le plaisir résultant du sentiment de la puissance maternelle : plaisir de l'imagination.
9. Dans quelques cas, le plaisir dérivé de l'espérance d'hériter le tout ou une partie de ses biens, ou, si l'enfant est mort, la possession même.
AFFECTANT LA CONDITIOTS. .i.)l