‹ Théorie des peines et des récompensesChapitre 14 sur 78 · Commensurabilité · texte numérisé non relu

Commensurabilité

Les peines doivent être conmiensurables entre elles. Supposez un homme placé dans une circonstance où il a le choix de plusieurs délits ; il peut

s'emparer d'une somme d'argent par un simple vol — par un assassinat — par un incendie : la loi doit lui donner un motif pour s'abstenir du plus grand crime : il aura ce motif, s'il peut voir que le plus grand délit lui attirera la plus grande peine. Il faut donc qu'il puisse comparer les peines entre elles , en mesurer les divers degrés.

Si la même peine de mort était prononcée pour ces trois délits, la peine ne serait point commensurable; elle laisserait au délinquant le choix du crime qui lui paraîtrait le plus facile et le moins dangereux dans l'exécution.

11 y a deux manières de remplir cet objet ; 1° en ajoutant à une certaine peine une autre quantité de la même espèce : par exemple , à cinq ans de prison pour tel délit, deux années de plus pour telle aggravation. 2° En ajoutant une peine d'un genre différent : par exemple , à cinq ans de prison pour tel délit, une ignominie publique pour telle aggravation.

* 4. Analogie.

La peine doit être analogue au délit. Elle se gravera plus aisément dans la mémoire , elle se présentera plus vivement à l'imagination , si elle a une ressemblance caractéristique avec le délit. Le talion est admirable sous ce rapport : œil pour œil, dent pour dent, etc. L'intelligence la plus imparfaite est capable de lier ces idées : mais le

talion , rarement praticable , est d'ailleurs une peine trop dispendieuse : il faut avoir recours à d'autres moyens d'analogie. Nous donnerons à ce sujet important un chapitre à part.

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