‹ Théorie des peines et des récompensesChapitre 16 sur 78 · Économie · texte numérisé non relu

Économie

La peine doit être économique , c'est-à-dire n'avoir que le i\e%Té de sévérité nécessaire pour atteindre à son but. Tout ce qui excède le besoin n'est pas seulement autant de mal superflu , mais produit une multitude d'inconvénients qui tendent tous à affaiblir le système pénal. C'est la seule cause bien fondée de l'impopularité des peines.

Les peines pécuniaires possèdent cette qualité dans un degré éminent : tout le mal senti par celui qui paye, se convertit en avantage pour celui qui reçoit.

Sous le rapport des frais publics, il y a des peines qui violent particulièrement le principe de l'économie : par exemple , les mutilations appliquées à des délits fréquents, tels que la contrebande. Quand on a rendu des hommes incapables de travail , il faut les nourrir aux frais de l'État, ou les livrer à la charité publique; taxe qui porte exclusivement sur la classe la plus vertueuse.

A en croire Filangieri, il y avait habituellement dans les prisons des États de Naples plus de quarante mille prisonniers oisife. Quelle perte immense de

travail! La ville la plus manufacturière d'Angleterre occupe à peine autant d'hommes.

Les déserteurs par les lois militaires de plusieurs pays sont encore condamnés à mort. Un homme tue ne coûte rien : mais on perd ce qu'il aurait pu gagner; on perd le travail productif de celui qui le remplace.

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