‹ Théorie des peines et des récompensesChapitre 61 sur 78 · PREMIER BUT · texte numérisé non relu

PREMIER BUT

L'exemple.

La scène pénale sera placée dans le voisinage d'une métropole, le lieu qui contient le plus grand nombre d'hommes réunis, et de ceux qui ont besoin qu'on mette sous leurs yeux le châtiment du crime. L'aspect de l'édifice, la singularité de sa forme, les murs et les fossés qui l'entourent , la garde qui veille à ses portes , tout retrace l'idée de malfaiteurs enfermés et puuis : la facilité de l'admission ne saurait manquer d'attirer un grand nombre de visiteurs. Que verra-t-on? Des hommes privés de la liberté dont ils ont abusé , soumis au travail qui était l'objet de leur aversion , punis de leur intempérance par un régime austère ; les plus criminels couverts d'un signalement particulier qui rend sensible l'infamie du crime. Quel drame plus frappant pour la classe la plus nombreuse des spectateurs ! Quelle source de conversations, d'allusions, de leçons domestiques, de récits utiles! Quelle comparaison se fait plus naturellement à cet aspect que celle d'un travail libre et des jouissances de Thomme innocent , avec les rigueurs d'une captivité forcée !

204 M.USON DE PÉMTENCE. PANOPTIQUE.

Et cependant la peine réelle est moins grande que la peine apparente : les spectateurs qui n'ont qu'un moment à donner à ce coup d'œii mélancolique ne peuvent pas sentir tout ce qui tempère effectivement cette situation. Les peines sont visibles, et l'imaginalion les exagère ; les adoucissements sont cachés, et il n'y a point de mal en pure perte. La plupart même de ces prisonniers , tirés des classes souffrantes et malheureuses, sont comparativement dans un état de bien-être. Le travail les garantit du fléau rongeur des prisons , ~ l'ennui.

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